Récit du trail de l'Ours
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Début septembre, après un UTMB grandiose, je prends quelques jours de vacances et pense finir cette année chargée sans effectuer d’autre course. Rémy nous parle alors d’un tout nouveau trail, le trail de l’Ours qui se déroule en Chartreuse nord. Idéal pour sa préparation du marathon des Causses, Thierry me pousse à participer avec lui. C’est décidé, je clôturerai ma saison en découvrant ce coin et en lui montrant qui est le patron.
Ce trail s’annonce physique, avec 1300m de dénivelé positif pour seulement 21kms. De plus, de la neige est tombée sur le parcours 2 jours avant la course, autant dire qu’il sera aussi assez technique. Depuis l’UTMB, je me suis peu entraîné. Mais je reste confiant, c’est un trail assez court pour moi et ça devrait passer.

Grosse surprise le samedi : Thierry est malade et est contraint de déclarer forfait ! Il prétexte un virus intestinal… Moi je dirais plutôt qu'il avait la peur au ventre de m'affronter... Heureusement, Cyrille m’accompagnera sur le parcours pour son tout premier trail. Fini le portage des sacs, c’est le saut dans le grand bain (de boue) du trail pour lui.
Nous arrivons tranquillement (j’ai une vieille voiture, un tacot presque, et ca grimpe fort pour monter sur le plateau) sur le site le dimanche matin, le départ étant donné à 10H30. Ca change des départs à 5 ou 6H !!! Entremont le Vieux est un très beau village niché au cœur de la Chartreuse, tout près du Granier.
Nous nous préparons et effectuons un léger échauffement.
Nous nous plaçons ensuite au départ avec une petite centaine d’autres concurrents. J’encourage Cyrille et je lui dis de se faire surtout plaisir en observant les paysages. Je profiterai
de cette course pour tester pour la première fois un porte-bidon, prêté par Rémy. Ca y est : le départ est lancé et c’est tout de suite droit dans la pente !!!
Le rythme est pour l’instant assez tranquille, le chemin suffisamment large pour éviter toute bousculade (ça change de Chamonix, 5 semaines plus tôt…). Quelques minutes plus tard, nous nous
engageons déjà sur un chemin bien enneigé. Les jambes sont bonnes mais le rythme cardiaque et le souffle ont du mal à se stabiliser. Pas le temps de faire une bataille de boules de neige :
irrémédiablement, des coureurs me dépassent. Le mont Outheran nous domine sur la gauche. A deux croisements, le
balisage est difficile à voir et de nombreux coureurs se font avoir (il faut éviter d’avoir la tête dans le guidon et lever les yeux vers les montagnes). Ils sont vite rappelés à l’ordre par le
peloton où je me trouve. Petit à petit, je continue de perdre du terrain, les pulsations sont toujours aussi mouvementées. Nous nous engageons alors
dans un sous-bois et surprise : Gabrielle et Béatrice sont là pour nous encourager. Officiellement, elles cherchaient des champignons mais avec cette neige…
Le premier ravitaillement arrive plus rapidement que prévu. Je dilue un peu mes bidons car j’ai un peu trop dosé mes boissons avec la poudre magique. On enchaine de suite par une légère descente
où j’arrive à bien dérouler malgré l’humidité ambiante. Place maintenant à une bonne côte, direction le Mont de la Lentille !
Au sommet, un bénévole nous annonce de faire attention au passage dangereux sur les crêtes de la Drière. Le chemin est étroit et sur la gauche, c’est le vide !!! Mais la vue sur Chambéry et Aix les bains avec son lac est magnifique. On en prend plein les yeux mais attention, le chemin reste assez
technique et vallonné.
C’est l’heure maintenant du bain de boue ! Incroyable, la descente qui suit est boueuse à souhait, quelques cordes nous aident sur certains passages. La descente s’effectue tout en glissades
et en chutes… On va faire le bonheur des marchands de lessive… On enchaine alors quelques côtes au ras des crêtes pour rejoindre le mont Joigny, et quelques descentes toutes aussi
glissantes.

On bascule enfin dans une grosse portion de descente où là aussi je suis pour une fois très à l’aise, je dirais même rapide ! Le deuxième ravitaillement est là : les 2 bénévoles nous remercient de nous arrêter contrairement aux premiers. Y’a pas de soucis, je ne pense pas gagner la course et puis, mes bidons sont presque vides. Je repars rapidement et là grand étonnement : 2kms de plat, les 2 seuls de la course en fait !!!

Les sensations sont maintenant bien meilleures et j’arrive à augmenter sensiblement le rythme. Je rattrape quelques concurrents. On enchaine légères cotes et grandes descentes, petit chemin étroit et champ bien large. Les paysages sont magnifiques, les sommets enneigés, il fait beau et chaud, je suis bien. Je suis régulièrement entre 15 et 16 km/h.

D’après ma montre, il reste maintenant 3kms et je force encore l’allure. Les premières maisons sont là, on descend au bord du torrent
et là nouvelle surprise, un bénévole nous déclare que les 500 derniers mètres se font dans le lit du torrent. Je n’hésite pas et c’est quand même froid, voire glacé… attention à ne pas glisser,
ca serait bête si près du but… Dernière ligne droite et je franchis la ligne d’arrivée, pas tellement fatigué finalement. Il
faut avouer que d’habitude, il reste 30 ou 40kms…
Je réalise 2H36, c’est correct sans plus. Les jambes étaient bonnes mais le rythme n’y était pas (l’UTMB laisse encore des traces). Pour la dernière course de l’année 2008, je n’ai pas été déçu : un vrai trail avec de la neige, de la boue, de l’eau, des single-tracks
techniques, et surtout des paysages à couper le souffle.
(En haut, les pulsations cardiaques, en bas, le profil de la course)
La douche est chaude et agréable. Nous attendons Cyrille qui arrive finalement dans un très bon temps de 3H30. Pour une première course, c’est pas mal !!! Le buffet campagnard est fait de
produits locaux : pain, charcuterie, fromage, tarte au sucre et jus de fruits sont tous issus de producteurs locaux et sont vraiment excellents. Et pour finir cette belle journée, nous allons
effectuer une petite balade dans le cirque de Saint-Même.

