Rémy : XXL-Race 2017

Lors de la planification de ma saison, cette Maxirace version XXL n’était pas forcément prévue. En effet, à 3 semaines de l’Ultra Tour du Haut Giffre de Samoëns, j’avais plutôt opté pour un bon gros weekend avec 3 jours de volume.

Mais comme l’idée d’une nouvelle participation à l’UTMB en 2018 ou 2019 pointe le bout de son nez, j’ai commencé à regarder si j’étais bon au niveau des points ITRA. Et je me suis rendu compte que le quota n’y était pas et qu’il me fallait donc trouver une course à 5 points. Et ne souhaitant pas m’ajouter encore un weekend parmi mon planning déjà chargé, j’ai préféré modifier mon bloc de 3 jours en une course sur 2 jours. Ainsi, cette XXL-RACE tombait à la bonne date.

 

Bon, l’inconvénient sur cette course, c’est la logistique. Avec un départ d’Annecy à 1h30 du matin et une fin d’étape sur Doussard à l’autre bout du lac, pas forcément simple à organiser. Mais après réflexion, voici comment j’ai procédé :

Installation d’une tente sur un camping de Doussard (le plus proche du site d’arrivée), puis direction Annecy pour passer une petite sieste dans la voiture sur le parking à proximité du départ. Ainsi, à la fin du jour 1 sur Doussard, je peux rejoindre le camping pour passer la nuit et le 2e jour, je retrouve la voiture à mon arrivée sur Annecy et je retourne replier la tente. Voilà donc le programme.

 

Une fois la logistique organisée, il faut penser à la course. Et donc comme prévu, après une courte sieste dans la voiture sur le parking d’Annecy, réveil à 0h30, petits préparatifs et me voici vers 1h sur le village Maxirace. Bon, j’ai la chance d’être parmi les 2 dossards « élite » de la XXL race, au milieu de ceux de l’Ultra Race. Me voici donc dans le sas avec les D’Haene, Maxi King, Chaverot, et bon nombre d’anglophones. L’ambiance dans le sas est vraiment très détendue et ça fait très plaisir malgré l’heure plus que matinale.

Le départ est donné et je reste sur une allure confortable le log du lac d’Annecy. Je ne me fie pas aux autres et après 2km je regarde un peu visuellement où j’en suis et je suis surpris que la tête de course soit si proche (environ 15 secondes). Bon, je me doute bien que ça va vite changer dès les premières pentes. Et justement, voici que l’ascension au Semnoz débute.

Rémy : XXL-Race 2017

J’aperçois Andrea Huser à mes côtés. Cela me rappelle le début MIUT. Bon cette fois-ci, je pars pour moins de distance qu’elle. J’ai donc espoir de l’accrocher un peu plus que les 10 premiers km. Je me cale donc à ses côtés et j’entame cette ascension sur une allure plutôt raisonnable. J’ai l’impression de moins forcer que l’an passé où j’avais fait cette ascension relativement soutenue. Ce coup-ci, je prends mon temps, et je n’hésite pas à marcher régulièrement.

Je reste un bon moment avec Andrea, tantôt devant, tantôt juste derrière. Je me sens bien et je suis vraiment très content de mon équipement. En effet, je profite de cette course/entrainement pour faire quelques tests de matos et que ce soit le sac (Salmon Sense 5L + porte-bâtons) ou les chaussures (Salomon Sense Ultra), c’est vraiment très très confortable. Je me rappelle d’ailleurs que l’an passé je me bataillais avec une semelle qui ne voulais pas rester dans la chaussure… Cette année, c’est que du bonheur.

Sur la seconde partie d’ascension, j’ai l’impression d’augmenter un peu mon intensité et je gagne quelques places. Au sommet, on m’annonce 34e (l’Ultra Race et la XXL Race confondu). Cela ne m’apporte pas grand-chose, mais je regarde mon temps au pointage du ravito du Semnoz : 2h16. Soit 7 minutes de plus que l’an dernier. C’est beaucoup, mais en revanche, je me sens vraiment mieux et je pense qu’au final, ce sera bénéfique car la route est encore longue.

Je prends mon temps pour recharger les flasques avec ma poudre « Ergysport pêche » et Andrea arrive et repars aussitôt. Mince ! Pas sûr que je la revois…. Je repars une trentaine de secondes derrière, mais assez calmement, tout en continuant de manger un peu de banane. Je retrouve Mat ‘, bénévole comme l’an dernier à la sortie du ravito. Et j’attaque la descente avec de la prudence. Je me laisse bien porter par la pente.

Dans l’ascension suivante menant au col de la cochette, je fais un peu l’effort et reprends quelques coureurs de l’ultra-race, même si pour le moment, je gère ma course un peu comme si j’étais sur l’ultra.

Passage au sommet de la Cochette en 4h04 (13’ de plus que l’an dernier), et je fais la descente sur un bon tempo, même si je perds un peu de temps et de confiance en faisant une bonne chute heureusement sans gravité (juste le coude un peu amoché).

Arrivé au lieu-dit Les maisons, je retrouve quelques coureurs du team Salomon International et l’on discute rapidement sur le point d’eau. Ils repartent avant moi, mais je les reprends un peu plus loin sur cette montée plutôt roulante.

Les jambes sont toujours très bonnes et je sens que sur ce tempo là, je peux tenir longtemps. En revanche, je ne suis pas certain de pouvoir accélérer…

Sur ce nouveau tronçon au travers des Bauges, je profite du paysage et de mes sensations correctes. Je reviens à présent sur la 3e féminine Courtney Dauwalteret pour une fois, même sur les portions en pentes douces, j’arrive à reprendre du monde.

Un peu plus loin je reprends à nouveau un coureur mais comme à chaque fois, il s’agit d’un coureur de l’ultra race. En effet, sur ma course de la XXL-Race, je n’ai aucune idée de ma position et surtout n’ayant pas vu de dossard de ma course au départ, je me demande même s’il y a d’autre coureurs de ma course devant moi.

Rémy : XXL-Race 2017

Je poursuis et reprends ensuite de nouveau 3 ou 4 coureurs après le pointage du Crêt du Char. Je retrouve d’ailleurs Jules-Henri Gabioud avec qui j’avais déjà parcouru un bout d’UTMB en 2011. Il ne semble pas au mieux et souffre de la cheville (il abandonnera un peu plus loin malheureusement).

A proximité du sommet du Charbon (51e km), j’aperçois 3 coureurs et je tente de faire l’effort pour les reprendre dans cette courte ascension assez raide. Mais il fallait s’y attendre, les bonnes sensations ne durent pas infiniment et je sens que je faiblis au fil de l’ascension. Le passage au sommet est difficile et je prends le temps pour basculer dans la descente afin de me refaire un peu une santé, d’autant que la chaleur commence à être bien présente. Je profite de la neige un peu présente au sol pour me rafraîchir le visage et le cou. Puis je me laisse glisser doucement dans la descente.

Et petit à petit, je me sens un peu mieux. Je profite de cette descente pour bien boire et manger afin d’avoir un peu de jus pour la dernière ascension de ma journée. En bas de la descente, à proximité du ravitaillement de Combe d’Ire (58e km) on m’annonce pour la première fois le classement de ma course : 2e. Cela ne m’étonne pas car vu la liste des partants, je suis à ma place logique. (J’apprendrai plus tard qu’en réalité j’étais 3e à ce point et non 2e).

Je prends le temps de boire et de faire le plein à ce ravito tandis que 2 coureurs repartent dès mon arrivée. Je sors du ravito, bien décidé à faire une bonne ascension car pour moi, c’est la dernière du jour. A ce moment-là, mon allure diffère véritablement de celle que j’aurais adopté si j’avais fait l’ultra-race. Auparavant, la nuance était assez faible.

Je pousse fort sur les bâtons et je reviens sur 1 coureur, puis un autre… A chaque fois, je regarde les dossard et à ma grande surprise, je m’aperçois que l’un d’eux est un coureur de la XXL-Race (mais pas le 2001 que je pensais, il s’agissait du 2080).

On discute un peu sur le parcours qu’il nous reste à parcourir et il est surpris des chiffres annoncés par sa montre car nous sommes autour du 60e km et sa montre lui indique déjà 67km. Je le préviens qu’il reste encore un peu d’ascension à faire et surtout une bonne dizaine de kilomètres avant de rallier Doussard. Je le passe et continue sur ma lancée de faire une bonne ascension.

Forcément dans ma tête, je crois être en tête de la course (alors que je suis en réalité 2e). Je décide de faire l’effort un maximum dans la descente qui suit pour creuser un écart le plus grand possible en vue du lendemain.

Je descends sur un bon rythme en me laissant porter par la pente forte et je continue encore à reprendre des coureurs… ayant décidé d’abandonner. Je passe ainsi Julien Navarro (au téléphone) et Pascal Giguet (assis à l’ombre).

Passage à Bourgeal, il y fait très chaud. Je passe (sans le savoir) avec 14 minutes d’avance sur le 3e Yannick Mugnier. La fin est très longue et très chaude. J’essaye de courir au maximum pour ne pas perdre de temps, mais j’avoue que j’en ai un peu marre. Il reste une légère bosse et j’essaie de la faire au mieux, même si je sais que j’aurai dû tenter de courir davantage.

Dernière descente et voici enfin le plat qui mène à Doussard. Mais à ma grande surprise, je ne reconnais pas le chemin. Et effectivement, c’est un tracé différent du parcours de la Maxirace 83km puisque l’on arrive le ravito de Doussart en sens inverse. Juste avant le ravitaillement, je reviens sur un coureur, ou plutôt une coureuse, puisque je reconnais Andrea Huser. Je poursuis mon effort et en termine avec cette première étape en 9h28.

Certains m’annoncent 1er, mais en regardant les classements par la suite, je suis en réalité 2e avec 22 minutes de retard sur Yannick Heusey (dossard 2001). Résultat logique qui ne me surprend pas. Derrière, le 3e (Yannick Mugnier) est à 13’30 et le 4e à plus d’1h30. Je me dis donc que le podium est quasiment assuré mais qu’il faudra assurer si je souhaite conserver ma 2e place car sur le début de course, Yannick Mugnier a montrer qu’il était plus rapide que moi et demain, l’étape ne fait que 41km…

 

Retour au camping où je mange en compagnie de ma femme et mes filles, puis fais une petite sieste réparatrice à l’ombre des arbres en buvant régulièrement de la boisson de récup Ergysport.

Un petit tour dans la piscine du camping et il est temps de préparer ses affaires pour le lendemain.

 

Dimanche matin, réveil vers 4h45. Les jambes sont un peu fatiguées, mais pas douloureuses. Je suis donc confiant pour la journée. Vers 5h45, je me dirige vers le départ (15min de marche) et retrouve quelques connaissances puisque notre course de la XXL Race partira en même temps que la XL Race avec en particulier Vincent et Jérémie que je coache et qui sont ici pour se tester avant un prochain objectif (Samoëns pour Vincent et Ultra Restonica pour Jérémie). Bien content de voir que leur premier jour s’est plutôt bien passé (17e pour Vincent et 7e pour Jérémie) et qu’ils sont d’attaque pour cette 2e journée.

Le départ est effectué et je m’efforce de prendre un rythme correcte… mais les jambes sont un peu lourdes. J’ai hâte que le plat se termine et de pouvoir commencer à marcher avec les bâtons…

Mais finalement, la pente n’est pas aussi raide que ce que je pensais et elle se fait pour le début en courant… (sur la Maxirace en solo, elle paraît plus raide 😉 ).

L’ascension sur le col de la Forclaz est régulière. Sur le début d’ascension, je tente d’imprimer un bon rythme afin de revenir et coller un groupe qui me semble intéressant devant, mais après quelques minutes, je me rends à l’évidence que je ne pourrai pas revenir sur eux et surtout tenir leur rythme. Du coup, je m’écoute un peu et reste sur une allure qui me va mieux.

Vincent me dépasse facilement et je suis certain qu’il fera une belle course (et effectivement il fera un joli chrono aujourd’hui encore en finissant 10e des 2 jours !!!).

Après le col de la Forclaz, direction le Chalet de l’Aulps. Je passe dans mes temps prévus ce qui me rassure. En revanche, aucune idée d’où sont Yannick Heusey (1e hier) et surtout Yannick Mugnier (3e). je pense qu’ils sont devant, mais à combien de temps ???

Rémy : XXL-Race 2017

L’ascension un peu raide vers le Pas de l’Aulps s’effectue très bien et je reprends quelques coureurs. Voici à présent la longue et terrible descente vers Villard-Dessus. Et finalement, les jambes ne sont pas si fracassées que ça. J’arrive ainsi à pas trop mal descendre et à reprendre d’autres coureurs.

Passage à Villard Dessus, et comme prévu, apparition de la chaleur. Je me rafraîchi un peu et repars en me levant sensiblement mon allure afin de ne pas arriver trop mal à Menthon.

Une fois à Menthon, il ne reste « que » 15km et une petite montagne à passer : le Mont Baron.

Je refais le plein et je repars en compagnie d’un coureur de la XL, très sympa. Nous discutons pas mal et autour du tiers de l’ascension, je me détache petit à petit. Et je reprends encore quelques coureurs, ce qui me rassure sur mon allure, car je me dis que je ne dois pas perdre énormément de temps sur mon poursuivant au général.

Les premiers de la Marathon race nous reprennent également. Passage au col des Contrebandiers et je fais un dernier effort sur cette ultime portion de montée de ce parcours. Passage au sommet puis passage de crêtes avec une vue superbe sur le Lac et Annecy.

Rémy : XXL-Race 2017
Rémy : XXL-Race 2017

Voici enfin la dernière descente. N’ayant aucune idée de ma position du jour et de mes éventuels retard ou avance, je décide de descendre assez fort pour ne pas regretter d’avoir perdu quelques secondes si le classement est serré à l’arrivée. En plus, j’aime bien cette descente légèrement technique mais qui se décale plutôt bien si l’on reste concentré. Cependant, il faut rester vigilent car il y a pas mal de coureurs du 15km à dépasser, mais dans l’ensemble tout se passe très bien et l’on s’encourage mutuellement.

Une fois en bas, il reste 1.5km environ. J’essaie d’hausser un peu le tempo mais c’est assez poussif et je termine entre 13 et 14km/h sur les bords du lac.

Rémy : XXL-Race 2017

Vincent (finalement 10e de la XL Race) et Pascale sont présents sur la dernière ligne droite et je franchis la ligne.

Au micro, on m’annonce bien 2e de cette XXL Race. J’apprendrai un peu après que j’ai terminé 3e de cette journée avec un retard de 1’ sur Yannick Mugnier, ce qui me permet de conserver ma seconde place pour seulement 3 minutes.

Un grand BRAVO à Yannick d’avoir tenté de tout donné aujourd’hui. Ça n’a pas suffit mais ça s’est joué à très peu.

Rémy : XXL-Race 2017
Rémy : XXL-Race 2017
Rémy : XXL-Race 2017

Une fois la ligne franchie, je retrouve Jérémie qui aura terminé 5e de ce jour et 6e au final de la XL Race. Chapeau ! Puis, il est temps de rentrer au camping pour manger vite fait et ranger la tente et le campement, avant de revenir pour la remise des prix. Bref, c’est la course aussi après la course….

 

Au final, très satisfait de ce weekend qui devait n’être qu’un entraînement à la base. J’ai pu retrouver un peu de confiance et surtout valider mon matériel (sac, porte bâtons et chaussures :  de la balle ! ) et également ma stratégie diététique qui a bien fonctionné malgré les fortes chaleurs (merci Ergysport). Rendez-vous 3 semaines plus tard à Samoëns pour un autre beau morceau. Mais ce coup-ci, avec un départ à 4h du matin, on pourra dire que ce sera la grasse mat’ car entre le MIUT (minuit) et la XXL Race (1h30), les départs nocturnes n’ont plus de secret pour moi.

Rémy : XXL-Race 2017
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