Rencontre avec... Hervé Giraud Sauveur
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Rencontre cette semaine avec une figure incontournable du trail ces dernières années. Hervé GIRAUD SAUVEUR marque les esprits autant par ses performances que par sa sympathie envers le peloton des traileurs de tous niveaux. Une 9ème place à L'UTMB 2009 font de lui un coureur redoutable sur les ultras. D'ailleurs, à la réunion, il partagera avec Kilian Jornet un bon moment de course. 3Dtrail est donc allé à la rencontre d'un traileur authentique. Merci Hervé et à bientôt sur les singles :)
Bonjour Hervé. Merci de répondre aux 3Dtrail. D'abord et en quelques mots, peux-tu te présenter et nous expliquer comment tu es tombé dans la « planète trail » ?
J’ai 44 ans et vis sur Gap et Orciéres dans les Hautes Alpes Je suis gérant de gîtes ruraux aux pieds du parc National de Ecrins. http://gite.orcieres.free.fr
C’est tout d’abord très jeune et la marche en montagne en famille qui m’a donné cet amour
pour les sentiers. La course sur route et le marathon m’ont accompagné quelques années pour ensuite basculer dans le monde du trail en 2002. Je suis un passionné de sport d’endurance et notamment de
course à pieds en montagne, sur sentiers et sur neige. Ce sport fait parti intégrante de mon équilibre de vie, c’est une véritable harmonie entre la nature, mon corps et mon âme !. Il est
pour moi synonyme de liberté.
En 2009, tu décroches une magnifique 9ème place au scracth sur l’UTMB, quel souvenir gardes-tu de cette
performance ?
Souvenirs très forts et intenses encore aujourd’hui ! Cette place a marqué ma vie de
sportif, elle m’a aussi donné par la suite encore plus de persévérance pour progresser car l’ultra est un travail de longue haleine !
En 2010, après un début de saison plus difficile sur le Ventoux, tu retrouves vite des sensations par la
suite avec des podiums. Quel est ton meilleur souvenir de 2010 ?)J( ne parle pas de la réunion, je vais t’en parler ensuite
Ma plus belle récompense de l’année 2010 a été de pouvoir m’exprimer sans aucune blessure. Je réalise très souvent la chance et le bonheur de pouvoir courir pour le moment sans se soucier et sans avoir l’appréhension d’une douleur. J’ai une pensée pour ceux qui sont dans l’attente d’une guérison afin de rechausser et de gambader.
J’ai pu faire l’ensemble des trails que je souhaitais avec des distances plus ou moins longues qui permettent d’être polyvalents et qui évitent de s’enfermer seulement dans le format de l’Ultra. Ça permet aussi de s’améliorer sur tout type de rythme et de profil !
J’ai la chance d’habiter dans les Alpes, ce qui me permet d’apprivoiser en toutes saisons les montagnes qui m’entourent et qui m’offrent toutes les beautés qu’elles génèrent !! Je crois que c’est cette passion des cimes et des sentiers qui transpire, qui cultive cette motivation et qui s’ouvre sur celle du trail. C’est parfois un levé du soleil qui m’incite à partir…Et puis ma région m’a permis aussi de diversifier mes entraînements avec par exemple du skating ou ski de rando l’hiver !
Je remercie mon Team Lafuma dans lequel j’évolue et qui a été très présent tout au long de l’année 2010. On forme un groupe solide et solidaire….Merci aussi à la dynamique Gap Trail Nature pour laquelle je suis ambassadeur.
Coté courses, j’ai pris ce réel plaisir à évoluer sur différents profils. Je suis un compétiteur dans l’âme et toutes ces courses, 18 au total en 2010 libèrent en moi motivation, épanouissement .Elles ont été un bon baromètre de niveau et de forme physique. Et puis c’est toujours avec autant de plaisir de profiter de l’organisation d’un trail et des trailers qui y participent. La rencontre avec d’autres passionnés est aussi une envie qui m’anime.
L’année 2010 m’a donné des moments très intenses de joie mais aussi de souffrances, c’est finalement cette mixture de ces deux éléments qui est existante et qui m’incite à continuer.
Coté performances je suis très satisfait. J’ai fait quasi que des trails qui drainent du plateau et c’est ce qui me plait. Je préfère avoir une place d’honneur sur une course dans laquelle j’ai pu m’arracher et donner le maximum plutôt que remporter sans avoir eu cette satisfaction personnelle ! Le niveau est de plus en plus relevé et je savoure chaque fois avec intensité la chance de pouvoir évoluer régulièrement avec les têtes de course. C’est aussi pour moi un des meilleurs moyens de progresser car une course m'indique mes faiblesses, ce qui me permet par la suite de peaufiner mes entraînements !!
Sur 3 dtrail, on a fait le suivi live du Grand raid de la Réunion à l’automne. On t’avoue avoir été
impressionné par ton début de course avec Kilian Jornet. Lorsque l’on est devant sur une course comme le grand Raid accompagné du meilleur traileur du moment…on pense à quoi
?
J’ai pu entendre ici où là tout type de propos plus ou moins sympas concernant cette situation de course !! Situation que je n’ai en aucun cas voulu, j’en été même surpris !
Le fait est que je fais en entraînements avec énormément de dénivelé et que ce début de course jusqu’au volcan se passe essentiellement en côte !!Ceci explique cela !!Mon départ a été prudent (15ème au premier ravito) puis au fil des kilomètres je suis venu tout naturellement sur la tête de course avec Kylian qui avait pour but de rester en compagnie des premiers jusqu’à Cilaos .Physiquement je me sentais très bien mais en même temps lucide de la suite des événements dés qu’on allait basculer en descente après le volcan. Pour répondre à votre question j’ai pu vivre avec beaucoup d’émotions quelques kilomètres de silence au milieu de la nuit à travers ces sentiers tortueux avec juste pour bruit la foulée de Kilian et le grondement du Volcan au loin, on s’est même payé le luxe de s’arrêter une trentaine de secondes pour se retourner et vivre ce spectacle de feu au loin !
Le brouillard, le froid, ma frontale sont peu être les premiers éléments qui sont venus parasiter la suite de l’aventure…
Cela reste un grand souvenir ?
Le départ, la nuit, la beauté du volcan, le potentiel de Kilian ,
la souffrance, la bonté des bénévoles , les encouragements, le profil du parcours, les paysages sont autant d’éléments qui ont marqué ma course
…
Venons-en à 2011, quelles vont être les grandes lignes de ton planning ?
On t’a vu sur le trail blanc de Serre Che début janvier, vas-tu faire d’autres trails blancs ?
Les trails blancs me tiennent à cœur pour un travail musculaire différent. J’ai pu faire aussi le snow trail Ubaye Salomon qui a demandé cette année de la vitesse !
En 2011 je participe au challenge des trails varois avec en prochaine course le trail de Puget ville peu être le TSMB(Signes) et le trail des Maures.
En objectif Ultra pour 2011 ce sera l’Occitanne 6666 le 22 avril, l’UTMB, puis le Grand Raid.
Et entre autres la Restonica en corse, le
Volcano trail en Guadeloupe ..
En quelques lignes, quelles sont les bases de ton entraînement. En résumé, c’est quoi une semaine
d’entraînement pour Hervé Giraud Sauveur?
La saison et l’objectif de course vont déterminer mes entraînements. Mais je
tends à travailler les trois premiers de l’année la vitesse sur des courses de formats assez courts de 20 à 25 kms (indispensables aujourd’hui pour le long).Je fais beaucoup de dénivelle et cet
hiver j’ai pu alterner raquettes, ski de rando et course à pieds. Mon activité professionnelle me donne une certaine liberté de planning ce qui me permet d’enchaîner régulièrement de longues
sorties. En moyenne c’est 4 à 5 entraînements par semaine.
Le trail connaît un essor et une médiatisation sans précédent. Comment vois-tu l’avenir de cette
discipline ?
Une situation qui me convient bien, le trail a besoin d’être reconnu comme un sport à part
entière .Il restera toujours lié à la nature et la montagne ce qui a pour conséquence à mon sens de le protéger à tout jamais de tout parasite malvenu ! Il s’agit d’un sport difficile aussi
bien physiquement que mentalement donc assez sélectif dans le bon sens du terme ! Le niveau est de
plus en plus relevé ce qui prouve bien l’attrait de ce sport .Cela dit il faut que qu’il reste dans l’amateurisme pour éviter tout les déboires
que l’on peut imaginer !
Quels conseils donnerais-tu à un coureur voulant se lancer dans les trails ?
Ce donner dans un premier temps la priorité de la recherche du plaisir sans se soucier ni de la distance, du dénivelle, du chrono et du profil du parcours.
Prendre conscience par la suite qu’en plus des capacités physiques c’est le courage, la volonté et la persévérance qui permettront de progresser…

