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Rémy : Trail du Pic de Bure 2012

Contexte :  Le choix de cette course s’inscrit dans ma logique pour cet été : avec la naissance de ma seconde fille début juin, pas de gros objectifs cet été ! Ainsi, je me « contente » de trails ne nécessitant pas un gros volume d’entraînement…

Le choix de celui-ci s’est principalement fait en raison de la date (je cherchais une épreuve de weekend-là, afin de débuter mes vacances par un peu de repos), mais aussi pour le parcours. J’avais découvert le Pic de Bure en 2009, mais le parcours a désormais évolué et propose une vraie découverte du magnifique massif du Dévoluy.

 

Objectif : Niveau 3 : objectif restreint. Je me doute que vu le calendrier estival des trails, le plateau ne devrait pas être très relevé. Toutefois, je devrais trouver quelques bons coureurs locaux. L’objectif premier est surtout de faire un bel effort afin de m’octroyer 2 semaines de relâche. Au niveau classement, cela dépendra bien sûr des coureurs présents, mais un top5 me semble logiquement envisageable.


Déroulement :  Comme c’était prévisible, pas gand monde au départ de cette course… Je m’attendais tout de même à environ 150 coureurs sur ce tracé mais nous ne devons être qu’une cinquantaine de coureurs sous l’arche de départ… Parmi eux, il y a notament mon partenaire de club David Gatti (Team Polartec), en prépa pour l’UTMB. Au niveu des favoris, je ne reconnais personnes… 2 ou 3 coureurs me semblent plutôt affutés, mais difficile de juger sur l’apparence… surtout en trail.

départ1

Laëtitia Roux, la marraine de l’épreuve nous encourage et le départ de ce 51km est donné.

départ

Le départ est assez cool et je me retrouve vite en 5e position. Devant, un coureur en tenue Salomon mène l’allure et accélère sensiblement. Un seul coureur l’accroche et une cassure se fait alors que je suis en 3e position.

départ 3

Petit à petit, je lâche le peloton et recolle aux 2 coureurs de tête. Pour le moment le chemin est assez roulant. Je me place aux avant-postes et l’on commence à discuter avec le coureur qui a imposé l’allure de départ, le deuxième coureur semble moins bavard en raison d’un probable départ en sur-régime.

En papotant, j’apprends que le coureur en Salomon s’appelle Jérôme Vallon et qu’il a récemment participé à l’Ultra Champsaur.

Rapidement, le coureur qui nous accompagne décroche et l’on se retrouve à 2 en tête de course. Globalement, je le sens plus à l’aise que moi dans les passages roulants puisque je force un peu pour rester au contact. Dans les petites montées, je suis pour le moment plus à l’aise puisqu’il marche dans des passages que j’aurai à mon avis couru en étant seul (là, je préfère suivre son tempo). En descente, il me distance un peu, mais c’est principalement car je préfère réserver mes jambes pour la suite du parcours et que je suis vraiment prudent dans les premières descentes.

Même si je suis un peu tenté par l’idée de partir seul devant, je reste sagement derrière lui car je sais que je serai très probablement moins à l’aise par la suite… En plus, Jérôme semble connaître parfaitement le tracé puisqu’il n’hésite jamais, même lorsque le balisage est un peu juste à mon goût (j’apprenderai plus tard que c’est lui qui a tracé ce parcours). Je jette régulièrement un coup d’œil derrière, et il semble que l’écart se creuse petit à petit…

On arrive à la Joue du Loup, aux alentours du 6-7e km. Il s’agit du premier ravito, et nous passons tous deux sans nous arrêter. Jérôme me prévient que la montée est relativement longue et bien raide au début. Je regarde derrière et estime notre avance à 1 minute environ.

 

Tout va plutôt bien, mais à ma grande surprise, un coureur revient sur notre duo. Il semble connâitre Jérôme et nous faisons rapidement connaissance (il me dit s’appeler Vincent et vivre sur Gap). En tout cas, il a l’air vraiment à l’aise…

Bien vite, je comprends que je vais devoir laisser filer Jérôme et Vincent qui accélèrent sensiblement… Je poursuis donc seul en 3e position, en voyant le nouveau duo de tête me distancer. Je surveille toujours derrière et mesure mon avance à 1’30.

2 

Après une bonne douzaine de milomètres, la parcours repasse par la station de SuperDévoluy. Je compte environ 2 minutes de retard et possède toujours 1’30 d’avance. Je suis plutôt confiant pour la suite puisque je sens que j’ai bien géré cette première portion et qu’il me reste une bonne fraicheur pour attaquer le gros morceau qui arrive, l’ascension au Pic de Bure.

Je traverse la station sans m’arrêter puisque mes bidons sont encore bien remplis, et débute l’ascension. Sachant qu’elle sera longue, je limite les passages de course afin de m’économiser un maximum. J’ai toujours le duo de tête en visu, et leur avance ne semble pas s’accroître. Mais je préfère ne pas trop me fixer sur leur progression afin de trouver ma bonne allure.

A un croisement, je suis un peu hésitant car je ne vois pas de balisage évident… Je décide de prendre le chemin le plus logique en restant bien vigilant et je suis rassuré en voyant un bout de rubalise un peu plus loin. Au croisement suivant, rebelote, pas vraiment d’indication. En prenant la piste principale, je retrouve là encore un balisage. Je poursuis et retrouve bientôt un croisement avec un signaleur. C’est un croisement où je suis déjà passé tout à l’heure lors du retour sur SuperDévoluy… Je suis donc un peu étonné, mais pas autant que le signaleur qui ne comprend pas d’où je viens… Il me dit que je dois descendre sur la station puis monter au Pic de Bure, mais je n’ai pas spécialement envie de me retaper le chemin déjà parcouru. Je fais donc demi-tour en espérant retouver vite le bon chemin.

Je rejoinds un coureur qui a suivi mon tracé et qui est donc lui aussi en dehors du parcours. On cherche ensemble où a pu se situer notre erreur et en redescendant, on voit une rubalise fixée derrière un panneau de ski, indiquant qu’il nous fallait prendre à gauche en montant (et comme il n’y avait pas de vent quand j’ai regarder en montant, la rubalise était masquée par le panneau.

On repars donc sur le bon chemin après avoir perdu pas mal de temps. J’ai l’impression d’avoir perdu 10-15 minutes, mais je me dis que l’on sur-estime toujours sa perte de temps et qu’elle ne doit être que de 5 minutes…. Enfin je l’espère. Du coup, je pense n’avoir perdu qu’une ou deux places…

Le parcours est un peu plus roulant à présent et cela nous permet de dérouler. Je sens que le coureur qui s’est égaré avec moi souhaite faire le forcing pour récupérer le temps perdu. Je trouve ça un peu dangereux et temporise davantage.

On dépasse un coureur et j’espère que nous avons retrouvé nos places d’origine au classement. Mais un peu plus loin, alors que nous débutons la véritable (très) longue ascension, je vois pas mal de coureurs devant nous… J’espère qu’il s’agit de coureurs du petit parcours… mais j’ai peur que ce soit bien pour notre course.

Je dépasse un puis deux coureurs et revient puis dépasse mon compagnon d’infortune de tout à l’heure. Un peu plus loin je dépasse encore un autre coureur et je lui demande s’il fait bien le grand parcours. Il me dit que « oui », comme tout le monde que l’on aperçoit. Il m’indique aussi que je dois être environ 7 ou 8ème et que les 2 premiers ont une grosse vingtaine de minutes d’avance … Ainsi, avec mon erreur de parcours, je suis donc passé de la 3e place à la 11 ou 12ème… j’ai donc perdu bien plus que 5 minutes, et cette perte ne doit pas être loin du quart d’heure…

Bref, pas la peine de tergiverser, il me faut retrouver ma 3e place. Je vois qu’il y a pas mal de coureurs à 4-5 min devant et je m’active donc à les reprendre, sans toutefois me griller inconsciemment. Peu à peu, je grignote des places.

La pente devient bien raide et minérale, mais toujours superbe. Après avoir repris tous les coureurs que je voyais, j’espère donc avoir retrouvé ma 3e place. Je lève la tête et il me semble apercevoir encore un coureur assez loin, juste au sommet de l’ascension. Je mesure mon retard à 9 minutes.

J’arrive sur le plateau et demande confirmation de mon classement à un controleur. Et effectivement, je suis bien 4e… Je traverse le plateau de Bure si particulier en prenant soin de bien me ravitailler et attaque l’ascension finale (150m+), peu difficile. Il s’agit d’un aller-retour au sommet, et peu après mon début d’ascension, je croise déjà le duo de tête qui redescends… On échange quelques mots d’encouragements et chacun poursuit sa course de son côté.

Sommet

le duo de tête au sommet du Pic de Bure

 

La montée s’effectue en alternant course et marche et je surveille le passage au sommet du 3e pour voir un peu mon retard. Et lorsque je passe au sommet, je constate un retard de 8min… Je remonte mais vraiment doucement.

Voici à présent une longue descente en commençant par le tracé de l’ascension. Ainsi, je croise les coureurs qui me succèdent. Mon avance semble s’aggrandir. A l’endroit où j’avais croisé le duo de tête (Vincent et Jérôme), je passe avec un retard de 17min… Ensuite, le tracé descend par un chemin assez sympa, par lequel j’avais fait l’ascension au Pic en 2009. J’espère profiter de cette longue descente pour grapiller du temps et éventuellement récupérer ma 3e place. J’essaye donc de descendre assez vite, mais sans prendre trop de risque malgré tout car la route sera encore longue jusqu’à l’arrivée.

Malheureusement, vers le milieu de la descente, je sens un échauffement sur l’un de mes orteils. Assez étonnant car je n’avais jamais eu ça. Je m’arrête pour essyer de voir si je n’ai pas un gravier qui me gène, mais sans succès. Je repars avec toujours cette gène qui s’accroit au fur et à mesure de la descente. J’arrive au ravitaillement du 25e km et on m’annonce 7’ de retard. Je commence à me dire que ça va être compliqué de revenir sur lui à cette allure…surtout qu’en plus de mon ampoule qui s’est créée à mon orteil, j’ai désormais des douleurs aux ongles de mes gros orteils en raison des chocs.

La suite est long faux-plat montant. J’ai « horreur » de ce type de passage car je ne sais jamais trop quelle allure prendre… J’essaye de courir un maximum mais ce n’est pas bien évident.

Plus loin, je croise des garde-forestiers qui me mettent en garde sur la prochaine difficulté : « c’est très raide ! »… bon, on verra bien. Je poursuis toujours sur la longue et faible montée, puis le balisage nous fait prendre à droite. Je me doute que c’est là que la difficulté commence. Effectivement, la pente devient plus raide, mais moins que ce à quoi je m’attendais. Et surtout, je suis surpris d’être relativement rapidement au col.

Ensuite, le parcours est un long tracé roulant sur de splendides chemins en balcons. Je suis content que musculairement tout aille bien et j’arrive à quasiment tout courir. Sur certains points, on arrive à avoir une bonne visibilté mais je ne vois personne, devant comme derrière…

J’arrive au point de ravitaillement du 35e km et je suis supris que l’on me dise qu’il n’y a pas beaucoup d’eau et qu’il est impossible de remplir ses réserves d’eau… surtout que j’avais un peu zappé les ravitos d’avant et que mes bidons commencent à être peu rempli… Bon, on fera avec… Au passage, je demande tout de même mon retard et l’on m’annonce 5’. Je remonte, je remonte, mais c’est encore loin d’être fait.

Voici une portion descendante et toujours assez roulante. Comme je me sens bien musculairement, j’essaye de garder une bonne foulée efficace. La pente descendante étant assez faible, je ne suis pas trop handicapé par mes orteils ni mon ampoule.

Et après quelques kilomètres, juste à la fin de la descente, j’ai la bonne surprise de rejoindre un coureur. Je suis assez surpris d’être revenu si vite, mais je ne vais pas m’en plaindre.

Me voià donc de nouveau 3e et j’attaque la dernière difficulté en essayant de distancer rapidement l’autre coureur. Etant donné sa baisse d’allure sur les derniers kilomètres, je suppose qu’il est un peu juste au niveau fraicheur, et qu’il ne pourra pas me suivre trop longtemps dans l’ascension.

Mais malgré le bon tempo que j’impose (environ 1000m+/h), le coureur tient bien le coup et s’accroche. Peu à peu, je sens que je ne suis pas aussi frais que ce que je pensais et je crains de ne pouvoir conserver ma place. Du coup, je tente de prendre un peu de risque en courant les portions les moins pentus. Cela se montre payant puisque le coureur ne suit pas et est peu à peu distancé. Une fois que l’écart est assez sécurisant (+ de 30s), je lève un peu le pied et trouve une allure plus conforme à mes sensations.

La montée est maintenant bien moins pentue, et la chaleur se faisant bien sentir, je ne cours vraiment pas beaucoup. D’autant que je sais que je n’ai aucune chance de gagner une nouvelle place. Et après une longue traversée en balcon, le chemin devient plus raide. Un dernier effort et me voici enfin au col du Rabou. Je jette un coup d’œil derrière et constate que mon avance devrait être suffisante pour assurer ma place (environ 3 ou 4 min). Un petit point d’eau me permet de recharger un peu mes bidons asséchés.

Et alors que je pensais qu’il ne me restait que 2 ou 3km de descente sur la station par des pistes de ski, le bénévole m’annonce qu’il en reste 7-8 en suivant un superbe GR. Ohlàlà, je me dis que ça va être long.

Effectivement, la descente finale est plutôt jolie, mais j’ai vraiment hâte d’arriver. Mes pieds sont toujours douloureux et je suis obligé par moment de marcher un peu en descente afin de les soulager.

Puis, enfin, j’aperçois quelques habitations, puis ma femme et mes filles qui m’attendent. Ma grande m’accompagne sur les derniers mètres et je franchis la ligne en 3e position.

arrivée1

 

arrivée2

 

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Points positifs : Un nouveau podium (même si la course n'était pas spécialement relevée...). Je suis satisfait de ma gestion de course puisque musculairement, j'ai été bien tout au long de la course. Pas de crampes, ni trop de fatigue.

Suite à mon erreur de parcours, je ne me suis pas affolé pour récupérer le temps perdu. Je suis remonté progressivement, sans trop me griller.

Une très belle épreuve très variée à retenir pour préparer d'éventuelles prochaines courses de fin d'été... 

 

 

Points négatifs : Bien évidemment, mon erreur de parcours. J’ai dû lutter toute la suite de l’épreuve pour retrouver mon classement. Et j’aurai bien aimé voir ma course sans cette erreur, car même si les 2 premiers sont loin, j’aurai certainement fait une course différente en étant 3e et en « chassant » les 2 premiers (je pense en partculiers sur les 10 derniers km où j’ai bien levé le pied).

Aussi, mes douleurs aux orteils et mon ampoule m'ont un peu pénalisé...

sans toutes ces mésaventures, les écarts auraient certainement été un peu moins conséquents qu'un retard de 30min sur le vainqueur et 20min sur le second...

 

 

 

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