Rémy : Trail de l'Oisans 2013
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Contexte : Durant ces dernières semaines, l’entrainement et l’alimentation avaient été orientés pour se présenter dans la meilleure forme possible au départ de la Maxirace (version duo avec Damien). Cependant, les mauvaises conditions météos en ont décidé autrement et la course fut annulée !
Du coup, grosse déception, mais pas pour autant abattu. Lorsque l’on a vécu l’annulation des courses autour du Mont Blanc en 2010, on relativise…
Afin de profiter tout de même de cette prépa et de mon régime alimentaire, je sais que remplacer cette Maxi-Race pour une course le weekend suivant n’est pas l’idéal… L’idée est donc de trouver une course de 30 à 60km pour le lendemain… et si possible pas trop loin…
Heureusement, le choix s’oriente très vite sur le trail de l’Oisans. Thierry et Christophe seront de la partie (prévu de longue date) et l’évènement propose 4 formats (10-20-30 et 40km). Sur le site de la course, les parcours sont modifiés mais seul le 40km (réduits à 35) est en suspens.
Du coup, on s’organise vite fait et finalement, Damien et Mickaël sont aussi de l’aventure.
Pour le choix du format, on verra sur place même si je sais par avance que j’opterai à coup sûr pour le plus long qui sera proposé.
Objectif : Niveau 4 : aucun objectif. Alors que la Maxirace était un objectif assez important, là pour le coup, le seul objectif est de se défouler un peu. En plus, avec les courses annulées du weekend (Maxirace, Trail du facteur, Verticale du Grand Serre…), quelques bons coureurs ont fait le déplacement sur Ornon.
Déroulement :
Après un trajet dans le « minibus » de Thierry, on arrive à Ornon et on file s’inscrire pour la course. Il y aura bien 4 distances : 10km, 20km, 30km et 35km.
Le choix des distances se fait rapidement :
- Thierry reste sur le 20km
- Christophe et Damien sur le 30km.
- Mickaël, Franck et moi-même sur le 35km.
Allez, il est temps de se préparer en se mettant en tenue de combat…
Après une longue hésitation, j’opte finalement pour le short + Compressport US, et T-shirt S-Lab + veste S-Lab Light. Aussi, prévoyant quelques passages frisquets, je prends les gants.
Retour au départ pour faire un semblant d’échauffement avec les copains, le départ du 35 et du 30km étant commun. Avec Damien, on se rend vite compte que ce n’est pas la motiv des grands jours… on verra sur la course.
Allez, c’est parti. Un petit groupe de 4 se détachent aussitôt (Florian Mairy, Julien Jorro, François Lachaux et ???). On suit quelques mètres derrière avec Damien et quelques autres.
Rapidement, le 4e coureur du groupe de tête se fait reprendre, puis Florian Mairy relâche son effort (douleur).
Petit à petit, Damien prends les commandes de notre « groupe de chasse » formé de 5 coureurs, et moi je ferme la marche comme je peux... Dans ce groupe, je reconnais notamment Sébastien Sxay.
Après 2km, on commence un peu les chemins plus étroits. En plus avec cette bouillasse, difficile de doubler et je suis contraint de suivre l’allure de celui qui me précède. Le groupe s’étire et Damien s’échappe progressivement.
Dans les relances, j’ai du mal…et surtout, je n’ai pas vraiment l’envie de me faire « mal ». Je me contente donc d’avoir une allure soutenue, mais sans plus… Toutefois, je garde un œil sur l’arrière car j’imagine que je peux me faire rattraper à tout moment. J’aperçois Mickaël à une vingtaine de secondes et personne en vue derrière lui. Cela me rassure car je sais qu’en principe, je devrais conserver ma place par rapport à lui… en principe…
Après 45 min de course, j’ai toujours du mal à me motiver et je sais que la séparation des parcours pourrait me remotiver. En effet, sur les 6 coureurs qui me précèdent, peut-être que la majorité iront sur le 30km… Je pourrai ainsi me motiver à jouer un éventuel podium… On verra !
Je passe au ravito, mais ne m’y arrête pas. J’ai encore pas mal d’eau dans le bidon… En me retournant, je vois que Mickaël est toujours présent à une bonne trentaine de seconde environ.
Voici la séparation des parcours. Je m’engage à droite sur le grand format. Je demande au bénévole combien de coureurs sont partis sur le grand…. : 4. Je suis donc 5e.
Pendant un instant je me suis dit que j’aurais dû me contenter du 30km, j’aurai ainsi pu réaliser très certainement un podium… là, ça va être plus compliqué car je ne me vois pas rattraper 2 coureurs…. On verra bien, mais la motivation n’est toujours pas revenue.
La montée est bien sympa. Un peu raide mais assez régulière et longeant une belle coulée. Je creuse un peu l’écart avec Mickaël dans ce début d’ascension. Mais plus haut, alors que la pente est plus faible, je n’arrive pas à relancer comme il faudrait : pas trop de jambes, mais surtout aucune envie de me forcer davantage…. Et forcément, comme Mickaël arrive à courir, il me revient quasiment dessus.
A la bascule, il doit être à 10 secondes environ. La descente est un peu piègeuse car entièrement recouverte de neige. C’est une succession de petits virages serrés et il vaut mieux être prudent.
Plus bas, je retrouve les tracés des 3 autres parcours, et du coup, il y a quelques coureurs à dépasser. Dans une montée roulante qui suit, j’ai une nouvelle fois un peu de mal à me faire violence et je me retourne régulièrement pensant voir revenir Mickaël. Mais il semble que la descente précédente ait engendré un écart conséquent puisque je ne l’aperçois pas.
Je retrouve bientôt le hameau d’où avait été donné le départ un peu plus tôt. Mais alors que les coureurs du 10 et du 20km s’arrêtent, ceux du 30 et du 36km repartent pour une autre boucle, sur l’autre côté du hameau.
Je profite du ravitaillement pour refaire le plein en eau et je repars aussitôt en mangeant une de mes barres énergétiques Punch Power.
Même si ce n’est pas encore la grande forme et la grande motivation, je sens que les jambes répondent un peu mieux et j’en profite pour courir un maximum en montée, dès que la pente le permet.
Je dépasse quelques coureurs du 30km et notamment Christophe qui semble un peu à la peine en montée. Mais il a l’air de bien gérer son effort et je ne me fais pas de soucis pour la suite de sa course. Il me confirme ma 5e place et me signale que les écarts sont conséquents. Donc autant dire que je ne pourrai pas recoller au 4e…
La montée devient assez raide puis bien plus roulante. Mais je n’arrive toujours pas à tout courir et alterne avec de la marche… Bientôt voici une nouvelle séparation entre les parcours de 30 et 36km. Je grimpe donc sur la droite et la montée devient de suite bien plus pentue… surtout qu’en levant les yeux, on voit que ça risque de monter longtemps…. Très longtemps.
Dans cette ascension, je me rationne un peu en eau, car j’ai l’impression que je risque d’en manquer plus tard… mais je vois bien que je ne bois pas assez, et j’ai peur de le payer plus tard.
Durant l’ascension, je jette un œil plus haut et aperçois au loin le coureur qui me précède. Je regarde ma montre pour voir le chrono, et un peu (beaucoup) plus tard, je constate que j’ai environ 13’ de retard… pfff quand même !
Alors que l’ascension se passait relativement bien au niveau de l’allure, je me sens petit à petit devenir un peu plus faible. Un voile blanc apparaît bientôt au niveau de ma vision… Aïe, ça sent pas bon…
Je mange une barre amande et bois un peu. Aussi, je ralenti un peu mon effort en espérant que je retrouve vite une situation plus confortable.
Mon altimètre indique plus de 2000m de D+ cumulé. Je me dis alors que la fin de l’ascension doit être proche puisque le parcours était annoncé pour 2100m+. Mais, en fait, le sommet est encore loin, et j’attaque à présent une partie bien enneigée… et le point haut n’est toujours pas en vue.
350m+ plus tard (soit 2360m+ cumulé), j’arrive à proximité d’une bergerie où j’aperçois une marmotte et un peu plus loin une bénévole. La neige est assez épaisse (environ 20cm) et bien gorgée d’eau par moment.
Je passe la bénévole qui m’indique d’être prudent dans la descente en raison de la neige et de la boue. Pas de soucis, je serai prudent, car avec ma vision affaiblie, je ne compte pas prendre de risque.
Le haut de la descente n’est pas aisé. Avec la neige, les devers, les trous (cachés par la neige), …, difficile de dérouler comme j’aimerai le faire.
Peu à peu, la neige laisse la place à la boue mais comme il n’y a plus de virages serrés, ça passe déjà bien mieux.
Je déroule tranquillement jusqu’à l’arrivée et franchi la ligne en 4h07… à 10' du 4' et à 28' du vainqueur Nicolas Hairon. Un chrono assez moyen, mais conforme à mes sensations et à ma motivation du jour.
Ensuite, je retrouve mes amis pour un excellent repas champêtre dans une très bonne ambiance, et sous le soleil !!!
Points positifs :
- Malgré l’annulation de la Maxi Race, j’ai tout de même pu réaliser une course. Etant donné la planification des derniers entrainements et l’alimentation de cette dernière semaine, il fallait bien trouver quelque chose.
- J’ai découvert un bien joli secteur. Bien qu’il s’agisse d’un parcours de repli (le parcours initial tourné aux environs du lac Fourchu je crois), je l’ai trouvé très agréable et varié, même si les nombreuses ascensions roulantes n’étaient pas me jouer en ma faveur…
- Une bonne matinée partagée avec pas mal de potes, et en particulier l’équipe des 3D au grand complet (c’est assez rare pour être signalé)
Points négatifs :
- La veille : une grosse déception de ne pas avoir pu faire la Maxirace avec Damien. C'est sûr que nous aurions pu faire une bonne course et un résultat encourageant.
- Un manque de motivation qui s’est accentué durant la course. Le profil en faux-plat du début de course m’a très vite isolé en 5e position. Ensuite, difficile de se faire mal…
- Une petite hypo (ou un truc dans le genre) dû en partie à un manque d’hydratation… J’aurai du me renseigner sur les ravito et éventuellement prendre 2 bidons…

