6h de Saint Georges de Commiers 2010 : récit de Christophe
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4ième rendez-vous de ma saison : les 6H de Saint-Georges de Commiers
C'est ma première expérience sur ce genre d'effort horaire mais la proximité de la course, l'ambiance conviviale, l'expérience 2009 et les bonnes paroles de Rémy m'ont convaincu de tenter
l'aventure... En plus, c'est pour la bonne cause : l'association AVAL organise la course pour la lutte contre la leucémie. Et puis, ça fera une sacré sortie de 6H tout de même.
Bon, les jours précédents, je prends les infos auprès de Rémy : le tour fait 2,4kms pour 50+ environ, sans difficulté technique. La première portion se fait en montée sur la route, avec notamment
un bon petit raidillon au milieu et une relance sur la fin de la côte. Au "sommet" (rappel : il n'y a que 50+), un ravito sympathique nous attend avant de basculer dans la descente sur un large
chemin alternant terre et herbe, avec 2-3 virages assez secs. Puis on termine par une légère remontée assez humide pour rejoindre le départ et le point chronométrage. Ca parait simple en
pratique, mais au bout de quelques heures, ça sera surement moins facile !
Tel Rémy Marcel ©, je me prépare une petite boite d'assistance que je mettrai au départ : ravito (une cinquantaine huitaine de gels et quelques pâtes de fruit au cas où), bidons, coupe-vent, bonnet (au cas où il neige en mai), casquette (au cas où il
s'arrête de pleuvoir ;)), ... En 2009, Rémy avait remporté la course avec 26 tours et 62,4kms, mais il avait géré son avance à partir de 3H de course. Je me fixe donc un objectif de 25 tours,
soit 60kms (et 1250+) en 6H...
Le jour J, après une bonne nuit de sommeil, je file chercher Rémy. Nous arrivons sur site vers 8H et saluons Brice d'Endurance Shop qui fera la course en relais par 2 (et terminera troisième en
relais), Franck qui fera (et gagnera) la course en relais par 4, ... L'ambiance est décontractée, ça papote dur, Rémy signe des autographes et salue ses nombreux fans, on s'habille, on place la
grosse boite d'assistance de façon stratégique sous la petite table du ravito, des vrais pros quoi ! Au départ, on sera 25 solos, dont Olivier Finet, un coureur assez rapide et surement le
favori, et une dizaine de relais... Je vais voir le bénévole charger de noter mes passages, il n'a pas l'air bien concentré...
Bien sûr, avant le départ et comme d'habitude, je vais aller faire au moins 4 fois pipi en 10 minutes... mais bon, ça sera efficace car je n'y retournerai pas de la course... On est sous la tente
de chronométrage, ça papote toujours, le speaker parle au micro et d'un coup... Olivier Finet dit "Attention, il a dit que ça allait partir !". Il est 9H13, je tends l'oreille et j'entends le
speaker annoncer : "3..2..1.. partez !", punaise, c'est parti !!! Heureusement qu'on est 25 solos + 10 relais et que ce n'est pas l'UTMB ou les Templiers, sinon je finissais écraser à cause de
mon manque de concentration...
Tout de suite, 2 relais s'échappent, on ne les reverra pas ! Avec Olivier Finet et Rémy, on se met en tête des solos avec facilité et on attaque pied au plancher la petite côte. Au sommet (50+ je
rappelle), les bénévoles du ravito nous encouragent déjà, je me retourne, l'écart est déjà important ! Je me dis tout de même qu'on est un peu rapide, je regarde ma montre : 14km/h, waouh !!! Oui
c'est rapide pour quelqu'un qui voulait partir à 11,5-12km/h... Mais bon, j'ai un peu envie de m'accrocher à Rémy et les sensations sont bonnes pour l'instant. Le premier tour est bouclé en
10'53"... pfff je suis parti trop vite...
Bien sûr, je suis bête et je continue sur le même rythme pour accompagner Rémy. Olivier Finet nous décroche peu à peu, il est bien trop rapide. J'invite Rémy à le suivre, il préfère tenir cette
allure pour l'instant. La première heure est bonne, on enchaine les tours comme des perles : 10'50", 10'57", 11'04", 11'01", 11'06" (13,1kms sur la première heure)... pff je me dis que je vais
exploser... il est temps de rentrer dans le rang, je laisse filer Rémy qui continue sur le même rythme ! On a doublé régulièrement des coureurs, et à chaque fois, on s'encourage mutuellement. Je
ne m'arrete pas au ravito du départ, mais je préfère prendre de temps en temps 1 ou 2 verres d'eau au ravito du haut : le bénévole en chef, un dénommé Paul, est déjà bien excité et met de
l'animation.
Les tours continuent de s'enchainer sans soucis, le semi est passé en 1H40, 25,3kms en 2H... Ca y est, la sanction pointe son nez : je commence à fatiguer, malgré une pâte de fruit et un gel. Le
premier me prend un tour en 2H34, pfff il va toujours aussi vite et la différence d'allures est étonnante. A partir trop rapidement, je suis dans le dur après 2H30 seulement... Je gère tant bien
que mal la troisième heure pour arriver à 36,4kms, avec les premières gouttes. Et là, je sens que je commence à exploser ! Je marche dans la côte, je me sens même tituber quelques fois, mais
profite des encouragements de Paul (qui a sorti le rouge, le pain et le saucisson pour son propre ravito) et de la descente pour me détendre un peu et récupérer. A 3H30 de course, le quatrième se
porte à ma hauteur, punaise il a l'air frais le gaillard et je ne peux pas l'accrocher malgré ses encouragements... Alala, les vieux démons reviennent, je vais finir à l'agonie. Je passe
difficilement le marathon en 3H40 et je me dis que je vais terminer comme je peux, mais ça va être long de marcher pendant 2h20 ! A ce moment-là, je réaliserai mon plus mauvais tour (et de loin)
en 18'...
4H de course, la pluie s'intensifie... pfff le premier me prend un second tour d'avance, je navigue à vue, le troisième s'est envolé, je galère, qu'est-ce que je fous là ? Heureusement, Rémy
arrive et me prend un tour. En plus, malgré ma déconfiture, j'ai continué à bien manger et à bien boire. Je vois donc Rémy Marcel marcher dans la
côte, c'est le déclic, je m'accroche. La machine repart, le moral remonte en discutant, je reprends avec lui un rythme de 15' au tour environ. C'est bon, c'est décidé, je ne lâche plus rien...
pour l'instant. On verra combien de temps ça tient. On continue donc sur notre lancée, en se motivant l'un l'autre, et au bout de 2 tours, surprise, le troisième est juste là : il est cuit, un
genou en vrac. Alors là, le moral remonte en flèche. Avec Rémy, on enchaine, plus le temps de paralyser, il faut persévérer ! Je me concentre sur mes sensations et la fatigue, Rémy calcule déjà
le nombre de tours qu'il peut encore faire...
Il pense pouvoir passer 28 tours, moi j'ai plutôt envie de me contenter de 26 tours... Bon, dans sa quête d'un ultime tour, il me lâche à 30' du gong... Je continue mon bonhomme de chemin, prend
un tour au quatrième et l'idée de faire un tour de plus commence à me trotter dans la tête : allez, 65kms, ça serait beau... 5H49, j'arrive vers la ligne, allez c'est reparti pour un dernier tour
que je bouclerai en moins de 15' et avec une bise à Paul en prime pour le remercier de ses encouragements et du ravito...
Bilan : 6H04, 64,8kms et 1350+, 3ième sur les 25 coureurs.
Bien sur, j'ai pris un risque et je suis parti bien trop vite, j'ai eu mon passage à vide à mi-course (1 petite heure environ), mais j'ai bien terminé pour réaliser une belle performance. Je suis
donc pleinement satisfait, l'objectif est rempli, la forme est là, vivement le Trail des Ecrins !
Bravo à tous les participants qui ont réalisé de bonnes perfs sur un parcours assez usant, avec notamment 8 coureurs (sur 25) à 60kms au moins et 17 coureurs à 50kms au moins !
Points positifs :
- Une bonne marque de 65kms et 1350+ en 6H pour mon premier essai sur ce format et témoignant que la forme est là
- Une bonne ambiance sur la course et une bonne journée avec Rémy, les amis, les autres coureurs, les bénévoles
- Un chouette parcours pas trop monotone avec de beaux points de vue sur le Vercors et la Chartreuse
Point négatif :
- Une température idéale, mais un peu trop de pluie sur les 3 dernières heures

