Rencontre avec... Jérôme Delorme (entraîneur)

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Cette semaine nous partons à la rencontre d'un acteur encore inconnu dans le monde du trail, mais pas de la course à pieds...
Jérôme Delorme est en effet un bon coureur sur route avec des chronos très respectables (15'25 sur 5000m, 31'53 sur 10km ou encore 1h09'42 sur semi). Il est très fréquemment aux avant-postes des courses régionales avec cette année une superbe victoire sur le Tour du lac de Paladru (LA classique iséroise).
Mais en plus d'être un athlète performant, Jérôme est également un entraîneur très investi au sein de notre club de l'ALE, avec un bon nombre de traileurs à "encadrer". C'est d'ailleurs notre entraîneur depuis quelques belles saisons.
Dans cette interview, Jérôme nous fait part de sa vison pertinente de l'entraînement, de l'évolution du trail et nous donne son regard avisé d'entraîneur sur les membres des 3D-Trail....
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- Salut Jérome, tu es entraineur au club de l'ALE (ville d'Echirolles, dans l'agglomération Grenobloise) depuis environ 5-6 ans. Tu es également un membre très actif du club et de l'Entente Athlétique de Grenoble (Entente regroupant les principaux club de l'agglomération). Peux-tu nous présenter très brièvement le club de l'ALE (jour de fonctionnement, nb de groupes et d'entraîneurs) ? A qui s'adresse t-il ? Quelles sont les disciplines préparées ? ...

Comme tout club d'athlétisme qui se respecte, avec ses près de 250 licenciés, l'ALE recèle un public très varié par l'âge : de 7 à 83 ans, un quasi parité des sexes, une multiplicité des disciplines pratiquées (sauts, lancés, courses et Hors Stade toute discipline).
Pour les adultes, le club est très largement tourné vers le hors stade avec toute la richesse de discipline qu'il contient (la route, du 10 km  au 24h, le "tout terrain" de la petite course nature à l'Ultra trail, sans oublier le cross...). Les horaires d'entrainement sont fixes les mardi et le jeudi à 18h15. Des séances le week end sont régulièrement mises en place. Le club ne s'arrête pas pendant les congés scolaires...
Les athlètes sont répartis dans 3 groupes d'entrainements plus ou moins confectionnés par niveau (et non par discipline), mais aussi par affinité, car c'est aussi un facteur à ne pas négliger.
C'est un club d'athlétisme qui favorise avant tout une pratique libre, collective et encadrée. Je m'explique. Libre car il n'y a pas de contraintes en terme de présence à l'entrainement ni en terme de compétition. L'athlète donne ce qu'il peut et ce qu'il veut quelque soit la discipline pratiquée. Il peut être conseillé s'il le souhaite, mais en aucun cas contraint. Collective, car tous les entrainements de club sont réalisés en groupe dans lesquels sont défendus de nombreuses valeurs qui nous tiennent à cœur (solidarité, humilité, partage, bonne humeur, passion sans oublier évidemment performance et progression). Encadrée car les athlètes ont à leur disposition l'équipe de coach qui veille constamment à un entrainement raisonné, coordonné et adapté au plus près des besoins de chacun.
De fait, le public est très varié car chaque profil peut se retrouver dans ce type de fonctionnement, du routard à l'ultra trailleur, du débutant au très bon niveau. Nous n'avons toutefois pas "d'élite" et nous ne courrons pas après....
Nous gagnons chaque année en nombre de licenciés... Ce qui rend les début de saison compliqués pour les 3 coachs surtout cette année... Mais on ne va pas s'en plaindre.
 
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Plus précisément, tu conduis un groupe d'une trentaine d'athlètes dont les objectifs et les niveaux sont très variés. Cela va du coureur de 10km à l'ultra-traileur, en passant par le marathonien... Comment se passent les séances en commun au sein de ton groupe ? N'est-ce pas trop difficile d'élaborer les plans de chacun avec de telles différences ?
 
Pour répondre à cette question et mieux comprendre le contexte, il est important de revenir à mes débuts dans le coaching.
Je me suis improvisé "entraineur" dès la fin 2006 pour palier au départ du précédent coach. Le groupe était au plus bas avec seulement 2 à 3 athlètes réguliers aux entrainements (moi compris, uniquement des routards). Je n'avais pas de formations, juste mon expérience de jeune athlète de 26 ans. Ma légitimité dans ce rôle n'était pas évidente. On a finit la saison 2006-2007 comme ça, en gagnant quelques athlètes à l'entrainement.... Puis à la saison suivante, ne trouvant pas d'entraineur officiel, le club a officialisé ma fonction et j'ai alors passé une formation. De nouveaux athlètes sont arrivés, des anciens sont revenus... Le groupe s'est alors étoffé pour atteindre jusqu'à 30 athlètes (cette saison 2011-2012) lors des séances du mardi ou jeudi.
Les athlètes sont donc venus progressivement au club dans des disciplines toutefois très variées. Au début, avec mon expérience de route et dans une moindre mesure de trail court (et course nature), j'avoue avoir été un peu perdu et même perturbé avec ces ultra-trailleurs et leurs demandes... particulières. Et puis, grâce à eux, j'ai appris, et je continue d'apprendre. 
Aujourd'hui, j'ai un groupe très varié dans le niveau, dans les disciplines, comme dans l'investissement. Evidemment ça complique terriblement le rôle de l'entraineur. Mais la richesse apportée par ce groupe cosmopolite n'a pas de prix. Le partage est permanent.
Il y a évidemment des plans d'entrainements différents en fonction des disciplines préparées, mais ils fonctionnent tous en parallèle de sorte que les séances de la semaine (hors week end) soient le plus possible communes entre eux (avec éventuellement juste une variation des volumes, des répétitions...). Le but étant que mes athlètes ne fassent pas seul des séances "dures" au club... Car l'un des buts du club, c'est de courir en groupe !
Généralement, je confectionne un plan par objectif, par niveau à peu près égal (exemple : plan 10 km entre 34'-36', Plan marathon moins de 3h, plan Sainté Lyon...). Je ne redonne jamais les mêmes plans que j'essaie varier au maximum dans les séances pour qu'ils restent les plus ludiques possible. Pour des demandes très spécifiques avec des athlètes de bon niveau, j'essaie d'individualiser les plans en les travaillant avec les athlètes concernés (Préparation UTMB 2012 Rémy...).
Évidemment ces plans sont des trames indicatives, mais certainement pas figées. Il m'arrive fréquemment de changer ou modifier certaines séances à cause du temps, de la forme des athlètes...

Par ailleurs, étant moi-même encore athlète (de niveau IR1 sur route), je m'entraine aussi avec le groupe (seule solution pour moi de mener ces 2 activités de front).. Cela présente un avantage à savoir que je bénéficie d'une certaine crédibilité dans les entrainements que je dispense, vu que je les faits et que je parviens souvent à accomplir mes objectifs. Par contre, je ne peux pas être aussi vigilent que si j'étais sur le bord du terrain.... Je demande donc rapidement à mes athlètes (tous adultes) d'avoir une certaine autonomie. Je communique beaucoup par mails pour informer, conseiller, répondre à des demandes personnelles précises, mais aussi au club...bien que le temps manque bien souvent. Il semble que chacun y trouve son compte, même si je reconnais que le système n'est pas idéal.
J’incite mes athlètes à prendre l'initiative vis à vis de moi, car avec leur nombre important (plus de 40 cette année), je ne peux certainement pas tout voir ou entendre.
J'ai la réputation d'être rigoureux et je demande une certaine discipline à mes athlètes tout en faisant attention de conserver un esprit ludique et convivial. Je pense que c'est la seule condition pour garder un équilibre et une bonne dynamique dans un groupe si important et si varié. Je remercie d'ailleurs vivement Rémy et Damien qui m'aident au quotidien, pour me "remettre en ligne" lorsque j'en ai besoin. Comme tout à chacun, j'ai mes faiblesses et je peux avoir quelques écarts de comportement, qu'il est difficile de voir et de bien apprécié vue de ma propre fenêtre. Croire en des valeurs et les défendre, c'est bien, mais ça peut aussi engendrer l'effet "tête dans le guidon"...

Bref, pour résumer, oui, c'est assez compliqué, mais avec le temps, on s'organise... La richesse apportée par la diversité de mon groupe est tellement belle, que pour l'heure, cela vaut vraiment le coup. Et je pense que le groupe lui même apprécie lui aussi énormément cette situation... pas banale.
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Venons -en au trail à présent. Même si tu ne pratiques pas (encore) cette discipline, tu possèdes déjà une bonne expérience dans les entrainements de cette discipline puisque tu suis depuis quelques années pas mal de traileurs avec des résultats encourageants, comme par exemple les 4 "3D-Trail", Michel Cercueil, Guillaume Bernard... Peux-tu nous donner les grands principes d'un entrainement de base pour cette discipline ? Quels conseils pourrais-tu donner à un coureur débutant et quelles sont les erreurs à éviter ?

Alors même si ça vous fait rire, dans mes jeunes années d'espoir, j'ai fait 4-5 trails de 25 à 35 km.... Mes débuts en course à pied....
Et puis j'ai gagné 2 fois la Ronde du Mont Aiguille (25 km-1000+) et le trail de St Etienne de Crossey (22 km-800+), je vous interdis de rire....

Plus sérieusement, pour en revenir aux grands principes (que j'ai effectivement pu découvrir et affiner avec mes athlètes et leurs retours toujours très intéressants) :
  • Les qualités requises : sagesse, sérénité, force mentale sur long terme, humilité, prévenance envers les autres athlètes....
  • Une bonne gestion de son quotidien : un bon sommeil, une bonne alimentation régulière, une vie professionnelle et familiale sereine...
  • Un entrainement régulier, bien adapté et sérieux : il doit être varié avec un rapport qualitatif/quantitatif variable en fonction de l'épreuve objectif et de la situation au sein même d'un plan d'entrainement ou même de l'année. L'hiver, par exemple, j'ai tendance à encourager tous mes athlètes trailleurs à "laisser de côtés" les trails blancs faiblement intéressants pour la suite de la saison et de privilégier le travail dynamique d'une bonne préparation cross (la discipline la plus formatrice quelle que soit la spécialité de l'athlète au sens large).

Dans les types d'entrainement, évidemment, on aura des sorties +ou- longues les week ends, mais à thème (exemple : côtes forcées ou plats relancés ou descentes engagées). Il faut aussi conserver une séance de VMA (et même court !) dans la semaine qui doit se réaliser en nature. On travaillera aussi les côtes, et on oubliera pas les footings simples, les assouplissements et le renforcement musculaire (jambes, tronc-gainage, et même dans une nettement moindre mesure cependant, buste-bras). 

A noter que l'entrainement est l'occasion de tester le matériel comme l'alimentation prévue pendant la course.

Quant aux conseils et erreurs à éviter quand on débute :

  • Ne pas croire que le matériel rend plus fort.... Même si les marques essaient de le faire croire.
  • Ne pas se surestimer et rester humble dans l'effort. Ne pas partir comme un "calus"...
  • En garder suffisamment sous "la pédale" pour conserver sa lucidité jusqu'au bout, par rapport aux difficultés du parcours, le balisage...mais aussi ne pas oublier de s'alimenter ou de s'hydrater.
  • Rester bien concentré en toute circonstance.
  • Ne pas céder à la Loi du "toujours plus" qui pousse très et trop rapidement beaucoup d'athlètes vers l'Ultra alors que bon nombre n'en ont pas la capacité (physique et/ou mentale)... Etre finisher de l'UTMB (à 4-5 km/h de moyenne) n'est pas une fin en soit et n'est même pas très raisonnable, il me semble. Il existe de nombreuses épreuves plus courtes qui ont tout autant d'intérêt et qui sont bien plus adaptées à bon nombre d'athlètes.

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Tu baignes dans le monde de la course à pieds depuis de nombreuses années et tu as vu naître et évoluer le trail avec un regard extérieur, mais néanmoins concerné (de par les coureurs que tu entraînes). Comment juges-tu cette évolution avec la multiplication des épreuves et un calendrier de plus en plus fourni ? De plus, que penses-tu de cette "mode du trail" et particulièrement de l'allongement des distances ?


Hmmm, je vais tâcher d'être politiquement correct....
Comme tu le soulignes dans ta précédente question, j'ai effectivement acquis de l'expérience théorique grâce à mes athlètes trailleurs aux profils très très variés....
Le Trail est une discipline qui a le vent en poupe depuis surtout une dizaine d'année... Elle attire un public très large, nouveaux coureurs "free" qui recherchent l'exploit (de la distance et/ou du dénivelé) sur des beaux parcours, mais aussi, routards blasés en mal de grands espaces, qui ne veulent plus être sanctionnés par un chrono trop souvent pas à la hauteur des espérances.... et même de très jeunes qui n'ont pas réussi à faire parler d'eux sur le tartan et qui veulent tout casser sur les chemins de montagne. Je caricature comme dirait à juste titre mon ami Damien... La situation ne se résume pas aussi simplement.
Mais c'est juste pour dire que le trail draine un public très.... très large qui n'a pas du tout le même passif question entrainement, culture sportive, et que par conséquent, le coaching doit être bien adapté.

Je ne veux pas "juger" mais apporter mon regard extérieur.
Comme toute mode (et celle-ci a vocation de durer, je pense), les limites sont sans cesse repoussées, dans le nombre d'épreuves proposées comme dans le gabarit des épreuves mêmes. C'est un côté pervers auquel il convient à l'athlète d'être bien lucide, pour ne pas se faire piéger, avec des calendriers personnels surchargés de courses plus longues et difficiles les unes des autres. Sur le papier, les organisateurs savent y faire pour attirer le coureur, avec des parcours magnifiques, des profils aux allures de défis mythiques. On s'inscrit seul ou entre copains, en se disant que ça va être super... Ce qui au final n'est pas toujours le cas (sauf pour les 1ers), où alors avec beaucoup, beaucoup de recul... lorsque toutes les blessures (mentales et physiques) sont guéries... Et puis on recommence, dans le même schéma, avec une mémoire très sélective, apparemment. 
Je ne peux cacher que je suis très inquiet pour l'avenir de cette discipline à cause des risques pris par bon nombre d'athlète, et l'incapacité des organisation à gérer ce danger (si ce n'est de vérifier le contenu du sac au départ...).
Que le trail soit devenu populaire ne me dérange pas trop tant que les distances et les profils sont raisonnables (reste à définir ce terme). Au delà, personnellement, je serais beaucoup plus ferme quant à l'accessibilité.

Même si mes athlètes ont dans l'ensemble un bon niveau dans cette discipline, je ne peux cacher ma vive inquiétude chaque fois qu'ils prennent le départ d'une épreuve. En un peu plus de 5 ans de coaching, ils m'ont déjà inventé un bon paquet de conneries en tout genre...  dont les blessures et autres anomalies du corps...

Pour conclure, l'allongement des distances n'est pas un problème en soit. Ce qui pose problème néanmoins, c'est la perception du grand public (pratiquant ou non) qui valorise davantage la performance réalisée sur de l'Ultra plutôt que sur un "vulgaire" petit trail court (par exemple) qui devient alors une "course enfant"... Les médias amplifient d'ailleurs cette vision. L'homme au sens large n'est souvent pas suffisamment responsable ou lucide pour estimer correctement ses capacités. Par ailleurs, je désapprouve le système de points acquis en temps que finisher de certaines courses pour participer à d'autres... (Exemple de l'UTMB) qui donne à l'athlète l'impression d'une qualification et donc d'une légitimité prouvée à participer et à boucler l'épreuve. Je pense que ce système est surtout une technique marketing qui encourage la participation à d'autres courses partenaires, ce qui en soit n'est pas dérangeant.

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Chez les 3D-trail, tu es notre entraîneur depuis plusieurs années et tu y es pour beaucoup dans notre progression. D'ailleurs nous profitons de l'occasion pour te remercier pour ton investissement régulier à nos côtés.
 Au moment où chacun de nous dresse son bilan de fin de saison, pourrais-tu nous donner brièvement ton avis sur nos saisons respectives, ainsi que nos qualités et points faibles ?

Alors, c'est une question intéressante, bien que vous connaissiez probablement déjà la réponse.
Les 4 trailleurs de 3D trail, vous êtes à la base vraiment très différents dans les profils comme dans les antécédents dans le sport.
Mon regard n'est pas totalement objectif car je suis aussi assez impliqué dans votre prépa toute l'année. Par contre, vous verrez que je ne rentre jamais dans de grandes euphories... Car vous êtes des athlètes qui recherchez certes du plaisir mais aussi de la performance. Et donc vous attendez de moi surtout une "critique" constructive et pas nécessairement ultra optimiste en tous points.

Rémy Marcel : Tu es venu très rapidement dans l'univers du trail. Tu as très tôt développé toutes les qualités requises pour performer sur du trail long et de l'ultra (sagesse, prudence, grosse concentration, bonne gestion de l'effort et des "à côté", rigueur, bon foncier...). Tes préparations sont très sérieuses limites trop professionnelles... Il n'y a que très peu de place au hasard ce qui rend tes performances très homogènes sur l'ensemble de l'année et ta progression constante et linéaire. Tu es avide de connaissance sur ta discipline (techniques, théoriques, matérielles...) et tu tiens d'ailleurs à partager ton propre vécu avec les autres.
Quelque soit la configuration de la course tu t'en sors assez bien à très bien à chaque fois (jamais de vestes). Tu te connais très bien ce qui te permet de bien gérer ton effort et surtout de ne pas trop te blesser. Cette année, tu as encore progressé sur l'Ultra avec notamment ta perf sur l'UTMB et le Grand Duc, sur trail long (Aventuriers de la Drôme, Hospitaliers et SaintéLyon) et même sur trail court avec le Vulcain....
Toutefois, je crois que tu arrives désormais à un plafond que tu ne pourras dépasser que si tu bosses davantage le court. On en a déjà parlé, tous les gars qui sont désormais devant toi dans les courses ont des références bien au dessus des tiennes sur le court et la route notamment... "Y a plus qu'à", même si je sais que tu as déjà prévu ta saison 2012 sur un registre toujours assez long (TTN long à priori).

Damien Vaugoyeau : Tu as intégré le team 3D trail il y a un an je crois... Mais tu y étais déjà un peu avant... héhé. Tu es le plus anciennement licencié au club de cette petite bande (arrivé en 2003 si je ne me trompe pas).
A la base tu viens plutôt du court, route, cross et surtout courses saucissons. Ton grand gabarit tout raide avec de grandes cannes (comme moi), laisse présager un bon potentiel sur la route et notamment le semi que tu n'as jamais exploré... Tu as fait qq 10 km sans grande préparation avec des chronos de 35'10'' qui sont bien loin de tes réelles capacités (même si beaucoup paieraient cher pour les faire). Mais c'est surtout sur cross que tu as le meilleur potentiel avec un pied "passe-partout" qui te permet de maintenir des braqués de routard sur du terrain merdique !!
Cette année, tu t'es essayé sur l'UTMB  (après une CCC correcte l'an passé) que tu a bouclé dans la douleur (et en foutant de belles frayeurs à ton coach)... On en a déjà parlé, mais à l'évidence, pour l'heure, tu n'es pas "profilé" pour ce type de course (physiquement et mentalement).
Tes qualités premières sont ta VMA sur laquelle tu as une belle marge, ton seuil, ta capacité à changer de rythme et ton mental sur des distances courtes. Par contre tu manques encore de confiance en toi, et tu es peut-être trop altruiste (alors que c'est pourtant une belle qualité en soit...)
Ton choix de t'orienter sur le TTN Court pour 2012 me parait intelligent et correspondra bien mieux à ton profil de coureur. Après, comme tu me l'as si bien rappelé, "on n'a pas nécessairement envie de faire ce dans quoi on est bon".
2011 a été en dent de scie pour toi, je pense que 2012 te souriras bien... Sans blessure, bien sûr...

Christophe Simon : Tu continues à progresser doucement mais sûrement sur le long et surtout le très long (une belle prestation notamment sur ton défi de l'Oisans).  Tu as fait le choix de t'orienter sur ce type de course très rapidement. Ce qui est dommage, c'est que tu fasses aussi peu de courses dans l'année (j'en ai compté que 5 en 2011) et que l'Ekiden mis à part, tu ne fasses plus rien de moins de 35 km. Tu as progressé sur long avec ton expérience qui croît et donc une meilleure gestion de l'effort. Par contre, sur court, à l'entrainement notamment, je n'ai pas l'impression que cela soit mieux. Même si cela n'est pas ton truc, je pense que cela ne te ferais pas de mal de faire quelques courses courtes (15-20 km notamment)... Des courses où tu cours, quoi, pas des randos actives, ultra longues...
Tes qualités premières ne sont probablement pas dans le court, je te l'accorde, mais certainement dans le long grâce notamment à ton mental et ta gestion de l'effort. Cela ne doit pas t'empêcher de travailler le court, pour aller plus loin dans le long.

Thierry Lande :
(ou l'homme aux multiples casquettes). Tu es super motivé dans ton activité, mais ta vie personnelle et professionnelle (très louable) te contraint et du coup il t'est difficile de tout concilier comme tu le voudrais. 2011 t'a vu être plus raisonnable, dans l'ensemble, avec un positionnement sur du trail court (challenge des trails sud Isère sur lequel tu t'es bien illustré)... Ton expérience sur l'ultra trail du Vercors t'a prouvé que le long n'était pas pour toi (en ce moment en tout cas). Il faut que 2012 soit dans le même esprit que 2011. Tu ne progresseras pas, c'est presque sûr (et non parce que tu es vétéran, mais à cause de ton investissement "à côté"), mais tu pourras malgré tout te faire plaisir si tu sais rester raisonnable dans ton planning avec des courses de max 40 km et plutôt 15-25 km. En outre, tes qualités de vitesse, de seuil, et ta capacité à changer de rythme efficacement sur des distances courtes correspondent à la base bien mieux au trail court ou aux courses natures. Tu pourrais même probablement progresser sur 10 ou semi assez facilement si des fois tu en avais envie...

Voilou, en espérant que vous ne m'aurez pas trouvé trop dur. A l'occasion vous me donnerez vous aussi votre point de vue (objectif), sur mon rôle de coach et ma saison... C'est important que cet exercice soit dans les 2 sens pour qu'il soit constructif.
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Nous te remercions une nouvelle fois pour ta disponibilité et te retrouverons prochainement pour un nouvel "interview" davantage basé sur ta vison d'athlète et non d'entraîneur. A très bientôt.

Merci à vous de m'avoir octroyé ce "petit" moment d'expression sur votre site qui marche vraiment bien. Et merci à tous les 4 pour votre esprit formidable qui me conforte au quotidien dans ma fonction d'entraineur.
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J
Merci beaucoup à tous les 3 mais aussi à 3D trail. Sans vous, ma prose n'a pas de sens... La course à pied et donc le trail, c'est avant tout une affaire de passion dans le sport mais aussi dans<br /> les rapports humains. Une expérience extraordinaire...et incontournable ??<br /> A très bientôt au club, Manu...
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M
Belle lecture et belle vision.<br /> Un coach à ne pas lâcher.<br /> Serai-je un de plus à l'ALE pour la saison prochaine ?? a suivre.
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3
<br /> <br /> Avec plaisir !<br /> <br /> <br /> <br />
N
Très bon article! Une excellente analyse de la part de Jérôme sur de nombreux points. Son recul sur le trail est un plus indéniable pour la préparation des traileurs.<br /> Son investissement dans le club est énorme. Le nombre de séances ratées dans l'année doivent de compter sur les doigts de la main. C'est avec plaisir que je cotoie son groupe même s'il ne me coache<br /> pas.
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3
<br /> <br /> Yes Nico, un plaisir de te cotoyer régulièrement au club !<br /> <br /> <br /> à très bientôt champion !<br /> <br /> <br /> <br />
M
Merci coach pour tout ce que tu nous apportes au quotiden et pour ta disponibilite !
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3
<br /> <br /> Comme tu dis Mike :-)<br /> <br /> <br /> <br />
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