Rencontre avec...Jean Michel Faure Vincent

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Cette semaine, 3Dtrail va à la rencontre de Jean Michel Faure Vincent. Ancien snowborder de haut niveau, traileur chevronné, Jean Michel est un personnage incontournable dans le monde du trail. En effet, le manager du team Salomon est souvent au coeur de l'actualité. Entre le Challenge de la marque, la gestion des athlètes, sa présence auprès de Kilian Jornet...Jean Mi a un emploi du temps bien rempli ! Rencontre avec quelqu'un qui a vu le trail prendre son envol et qui lui est fidèle depuis des années. Merci Jean Michel !

 

 

 

 

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Merci Jean Michel de prendre quelques minutes pour répondre aux questions de 3Dtrail. En quelques mots, peux-tu te présenter et nous expliquer comment tu es tombé dans la « planète trail » ?


J'ai 42 ans. Je travaille à plein temps dans le sport depuis 1989, j'étais snowboarder pro de 89 à 93, puis responsable du Team Scott mountain bike de 93 à 96, puis au marketing Salomon pour les sports de glisse et le running jusqu’en 2006, enfin j’ai crée ma boite, JMK Consult, spécialiste en marketing sportif.

Le trail (même avant qu’il ne devienne un sport), faisait partie intégrante de ma préparation ou surtout de mes plaisirs d'évasions dans les Hautes-Alpes, ma région de cœur.  Professionnellement, je passe maintenant, plus de 320 jours par an de passion sur le trail running pour des marques, organisateurs ou coureurs, les 44 derniers sont consacrés à la photo.

Tu es un traileur de très bon niveau et aussi le manager du Team Salomon France. En quelques lignes, en quoi consiste ton job ?

Trailer de bon niveau : Non, juste un passionné qui se permet de pratiquer presque chaque jour, en sortant de son bureau. Et ça,  c’est le grand pied.  Coté manager du team Salomon, c'est en priorité, avoir un vision d’ensemble de l'équipe ce jour et dans les trois prochaines années. Cela passe par des recrutements, un suivi, une écoute et être là pour l'ensemble des conseils de gestion en rapport avec le sport.    L’important à mon avis, est d'arriver d'année en année à se rendre « dispensable », tout en faisant disparaître au mieux les soucis liés au sport lui même. Un manager doit être le pouce de la main, servir et se faire oublier.

Et ces athlètes, ils sont faciles à gérer où c’est compliqué d’être à leur côté dans ce sport individuel ?


Plus que facile !! Les trailers sont souvent des athlètes ayant vraiment les pieds sur terre (j'ai connu vraiment l'inverse dans d'autres sports). Comme tous sportifs de haut niveau, ils ont bien sur une part d égocentrisme, mais celle-ci est primordiale pour leur permettre d'atteindre leurs objectifs. L'avantage, avec les athlètes du team, c'est que l'on travaille tous ensemble depuis longtemps (certains comme Thomas Lorblanchet depuis la création du team en 2004). C'est donc encore plus facile de partager des points de vue car nous nous connaissons tous bien et partageons mutuellement les attentes de chacun. Avec le temps, je m'aperçois que c'est souvent "la" ou "les" deux premières années les plus « compliquées ». Après c'est de la gestion de vieux couple ;-).

Le team est l’un des plus anciens sur le circuit, tu as donc un peu de recul sur l’évolution de ce sport depuis une dizaine d’années.  Le trail a changé ?


Coté team, nous n'avons pas vraiment changé de recette depuis sa création.  6 à 8 coureurs au maximum, des objectifs partagés et ciblés pour chacun, des supports matériel et prototypes (et même maintenant personnalisé). En fait,  c'est la recette des teams de VTT en XR ou DH.  L'aspect surprenant, c'est que c'est le plus vieux team, mais aussi celui ou la moyenne d'âge est la plus faible.

Le trail a changé c'est sûr. Mais pour le moment, il n'a pas dérivé. Le sport devient plus mature avec de réelles perfs sportives crédibles. Tout en conservant son aspect communautaire : tout le monde est à égalité au départ d'un ultra ou d'un trail. Du débutant au champion du monde. C'est souvent la première montée qui repartit les rôles.  Maintenant, je pense que l'on a été précurseur sûrement en matière de team et de structure. Il n'y a qu' à voir le nombre de teams en 2011, pratiquement 20 entre les marques et les distributeurs. C'est vraiment une bonne chose pour le sport.

 


Tu es aussi un proche collaborateur de Killian, tu es souvent présent lors des évènements de la Kilian Quest.


Avec Kilian cela commence à être aussi une longue histoire !  Elle a commencé l'année avant sa première victoire sur l UTMB. Pour l anecdote, pour son premier UTMB, il a presque fallut se battre deux mois avec l’organisation pour qu’il puisse courir. En effet, c'était l’année du rush en 9 mn sur les inscriptions. Kilian,  ce soir là,  était en coupe du monde de ski alpi et  n‘avait pu s'inscrire à temps. Il a donc fallut négocier un peu. L’UTMB a compris le soucis, la suite on la connaît tous. Pour la Kilian Quest, j ai eu la chance de suivre les premières, et même de courir seul avec lui en tant que pacer sur 80 km en altitude  à Tahoe.  Là aussi un grand souvenir de ce grand monsieur. Sa Quest,  c'est une formidable aventure et une vitrine pour le trail running.

 

 

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Au niveau mondial, commence t-on a avoir une organisation pertinente où,  est-ce que tout est à construire ?


Pour le moment beaucoup construisent de leurs cotés : le K42, circuit skyrunning, circuit "the North face", les fédés.. bref c’est un peu difficile à suivre, car tous ces modèles sont pertinents dans leurs domaines.  Honnêtement, je pense que le circuit The North Face, avec des étapes mythiques sur le japon, Australie, France  (UTMB) et San Francisco, c'est vraiment le top pour l ultra. De plus, il respecte aussi les lieux, les athlètes participants  et le mouvement trail. Idem pour le circuit skyrunning  avec ses spécificités de terrains.

Revenons en France avec le Challenge Salomon : un événement qui ne prend pas une ride ! Comment expliques-tu cela ?


Il ne prend peut être pas une ride, car nous lui faisons une cure de rajeunissement chaque année. En fait, nous essayons de répondre à l'attente d'un maximum de trailers que nous rencontrons sur les courses. C'est pour cela que les règlements changent, les distances évoluent, la polyvalence est mise en avant… Chaque année nous essayons d'ajouter une touche. En 2011, nous allons mettre en avant la catégorie Espoir en créant une super finale pour eux, en format ‘invitational’ (les meilleurs de chaque course du challenge seront invités à une finale sur Annecy fin  septembre). L'autre aspect important du challenge est la construction de celui-ci avec les organisateurs de chaque course, en fait nous ne sommes que des catalyseurs d'idées et d'émotions.

C’est aussi un challenge où émergent de nouveaux talents ?


Oh oui.. déjà pratiquement tous les athlètes du team Salomon, comme Christophe Malardé, David Pasquio, mais aussi un maximum de jeunes qui veulent venir se mesurer à ce qui se fait de mieux en matière de coureur en France sans avoir à traverser la France pour un rdv.
En plus avec en 2011, la mise en avant de la catégorie Espoir, là, on risque d'avoir vraiment l’apparition de nouvelles têtes.


Que faut-il souhaiter au team alors pour cette année 2011 ?


Comme pour les années précédentes : des émotions, quelques larmes, beaucoup de sueur, un maximum de plaisirs et une tonne de rire et partage… et cerise sur le gâteau quelques victoires.

Et bien merci Jean Michel, on se croisera sans doute sur un événement cette année !

Merci à vous les 3D, à bientôt sur une course ou au détour d'un chemin.

 

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