Rémy : Trail du Ventoux 2013

Contexte : Après une saison courte mais satisfaisante de cross, et une transition-trail via le petit parcours de Vulcain (4e), je débute cette saison 2013 par un gros morceau : Le Trail du Ventoux, épreuve ouvrant la Trail Running Cup Salomon.

Et afin de réussir mon entrée dans ce challenge, j’ai tenté de me préparer au mieux pour cette épreuve en faisant des séances de fractionné adaptées au parcours. Même si avec la neige abondante de cet hiver et les contraintes perso, ce ne fut pas évident, je suis tout de même satisfait de ma forme pour cette période de l’année. Car en général, c’est la période où j’ai les plus mauvaises sensations de l’année…

Etant donné les condition d’enneigement et les prévisions météo, les organisateurs ont d’ors et déjà annoncé que la course prendrait le parcours de repli… mais pas sûr que ce soit plus simple comme parcours… 

 

Objectif : Niveau 2 : objectif important. Le niveau s’annonce comme chaque année très relevé. Le plateau de favoris est extrêmement dense et il s’agira très probablement de l’une des 5 courses (françaises) les plus relevées de l’année. Dans ce contexte, et avec un parcours peu à mon avantage, une place dans le Top30 me semble un bel objectif.


Déroulement :

Vu la météo maussade et le froid persistant, je fais finalement le trajet en solo, laissant ma petite famille sur Vizille. Sur le trajet, je suis soudain pris d’un doute…. Ai-je pensé à prendre des gants ??? Et bien non….

Le thermomètre de la voiture affichant 7°, je me dis qu’il risque de faire frisquet demain matin 1000m plus haut… Du coup, arrêt express dans un supermarché du sport (à fond la forme) et je ressors avec une belle paire de gants bien trop grande… y’avait pas ma taille !

 

Bref, arrivée sur Bédoin, je m’empresse d’aller retirer mon dossard avant la fin de la distribution. Ensuite, je recherche un camping à proximité du départ afin de passer la nuit. Mais le souci, c’est qu’à cette heure-là, et à cette époque-là… y’a pas grand-chose. Tant pis, je passerai la nuit dans la voiture, vers le stationnement des camping-car.

 

Et la nuit fut… humide. Avec pas mal de pluie sur le toit de la voiture. (grrrr…).

 

Au petit matin, la pluie s’est arrêtée, mais je sais que les chemins vont être glissants

 

Je m’équipe et au moment de mettre mes chaussures, je suis pris d’un doute… Fellcross, ou S-Lab 5 softground ??? gros dilemme.

Je sais que les feelcross seront plus dynamiques et auront davantage d’accroche, mais j’ai surtout peur d’avoir des douleurs aux orteils en fin de course, car le chausson est plus fin. Et surtout, mes softground ont une demie-pointure de plus. Dans le doute, j’opte pour les SLab softground…

 

Je rejoins ensuite la zone de départ, et entame un petit échauffement. Je me place ensuite sur la ligne en essayant d’être dans les premiers, et j’attends le starter.

 

Et quelques minutes après, le départ est donné.

 

Contrairement à beaucoup, je ne cherche pas à partir au sprint. Je me fais un peu dépassé (même pas mal), mais rapidement au bout de 300-400m, je commence à reprendre pas mal de place, en dépassant notamment pas mal de favoris féminines (Maud Combarieu, Sandra Martin, …). Et je me retrouve bientôt aux côtés de Céline Lafaye.

On traverse les Ocres, et je suis surpris de sol plus boueux que ce à quoi je m’attendais. Il vaut mieux être prudent…

On entame bientôt la longue grimpette, et ça débute par un bon passage glissant. Les appuis sont délicats et je laisse passer Christel Dewalle et Céline Lafaille… je ne reverrai plus la première.

Je monte sensiblement à la même allure que Céline, tantôt un peu devant, tantôt un peu derrière. Mais très progressivement, elle me distance et fait la jonction avec le petit groupe de devant constitué notamment de Vincent Delebarre et d’Alain Guimet.

 

Au fil de la montée, le petit groupe s’étire et je rejoins Vincent. Je reste un peu derrière, puis je le distance progressivement.

Au niveau sensations, les jambes tournent bien… mais sans plus. J’ai la sensation d’être à l’aise, mais de ne pas pouvoir forcer davantage. Alors je reste tranquille et prudent… l’arrivée est encore bien loin.

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La montée se poursuit et les places sont relativement figées. Je reste un moment en compagnie de Patrice Marmet, et nous arrivons au premier ravito. Je fais le plein de mon bidon et je repars en grignotant quelques fruits secs. Un peu plus haut, c’est la bifurc entre les 2 parcours. Bien entendu, je prends à gauche sur le grand parcours… mais j’ignore complètement mon classement…

 

Au fur et à mesure de la montée, une douleur apparaît dans le bas de mon dos. Je sais que c’est un problème de position, mais j’en ignore la cause car cela ne m’était jamais arrivé. Est-ce dû à ma nuit dans la voiture sur un matelas pneumatique ??? Est-ce dû à cette longue montée (position un peu sur l’avant) ??? Est-ce dû à ma ceinture porte-bidon (je crois que je n’ai plus porté de ceinture porte-bidons depuis les Templiers….)???

 

Un peu plus haut, il commence à « pleuvoir » de la neige fondue. Et bien vite, nous arrivons sur des pentes enneigées. Là encore, c’est bien glissant et ma pose de pieds est très médiocre… Un bénévole m’annonce environ 40e… ce qui correspond globalement au classement souhaité à ce moment-là.

 

On débute par une petite descente dans la neige et les pierres… et je ne suis pas vraiment à l’aise. La neige est gorgée d’eau et n’accroche rien du tout. Je préfère être prudent et perdre pas mal de secondes plutôt qu’une cheville. Devant, le coureur que j’avais en visu me distance.

 

Plus bas, je retrouve une large piste sans neige. C’est le moment de dérouler un peu. Je me sens bien et j’accélère sensiblement, ce qui me permet de recoller et de distancer le coureur qui me précédait.

 

La suite est une succession petites montagnes russes, assez usantes mais qui au final me convient mieux qu’une longue montée… Sur ces petites bosses, je me surprends à beaucoup courir, même dans de forts pourcentages. Ainsi, je grignote quelques précieuses secondes régulièrement et me mets à l’abri d’un éventuel retour de l’arrière.

 

A la mi-course, je fais un rapide état des lieux de ma forme et de mes sensations de course. En fait, je me rends compte que je suis tellement dans le doute sur mon foncier (suite à l’absence de sorties longues) que je gère bien trop ma course… J’ai l’impression de gérer ma course comme si j’avais encore une grosse cinquantaine de bornes alors qu’en réalité il m’en reste moins d’une vingtaine. J’essaye du coup de me booster un peu, et je m’efforce d’être un peu plus dynamique dans mes relances.

 

 En arrivant au 2e (et dernier) ravito, je reviens sur 2 coureurs. Je refais le plein de mon bidon et repars, ce qui me permet de gagner une place… L’autre coureur étant reparti juste avant moi (je crois qu’il devait s’agir d Benoît Charles-Mangeon

, mais pas sûr du tout), je pense pouvoir le dépasser rapidement, mais dans la descente qui suit, tandis que je me ravitaille avec un gel, il me distance un peu.

 

Un peu plus loin, je recolle et tente de faire « rapidement » un écart. Finalement, on va un peu faire le chassé-croisé pendant un petit moment… jusqu’à quasiment la dernière longue descente. Juste avant celle-ci, un coureur du petit parcours m’annonce qu’il y a 4 coureurs très proches devant… Je tente donc de faire l’effort pour grappiller quelques places.

 

Je reviens effectivement bientôt sur un coureur (je m’apercevrais plus tard qu’il s’agissait de Pascal Giguet du team Scott). Au début de la dernière grosse descente, je dépasse Sébastien Jeu (team Scott également). Le début de cette descente est légèrement technique et avec la pluie fine et froide qui continue, certains appuis peuvent être glissants. Mais malgré tout, j’arrive à faire une très bonne descente et regagne à nouveau 2 places.

 

Je regarde ma montre pour savoir le kilométrage parcouru et je suppose que l’arrivée est toute proche, probablement juste au pied de cette descente. Du coup, je poursuis mon effort en tentant d’accélérer encore un peu. Je reviens bientôt sur 2 coureurs, mais j’ai la désagréable surprise de me rendre compte que l’arrivée n’est pas en vue… ni même le village de Bédoin.

 

Mon moral en prend en p’tit coup, et je me contente de rester avec les 2 coureurs plutôt que d’essayer de me détacher. Une petite remontée arrive et je sens bien que ça va être dûr de conserver le rythme. Je m’accroche et parviens à tout courir, mais sur le haut de la bosse, je suis trop cuit pour relancer autant que les 2 coureurs qui m’accompagnent et le trou commence à se faire.

 

Un peu plus bas, un spectateur m’annonce encore 2 km… Je comprends vite que je ne serai pas capable de recoller, et je décide plutôt d’assurer ma place actuelle.

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Le final est un vrai champ de bouillasse et je termine finalement cette superbe course en 4h38’, à la 28e pace.

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Points positifs :

  • L’objectif d’intégrer le top30 est atteint. Je considère donc que mon entrée dans le challenge « Trail Running Cup » est réussi.
  • Pas de crampe, pas de « coup de mou », des grimpettes réussies…. Ma prépa fut finalement plutôt bonne malgré la saison de cross.
  • Une bonne fin de course (15 derniers km)

 

Points négatifs :

  • Une gestion de course un peu trop prudente sur les 2 premiers tiers environ
  • Des douleurs dans le dos assez tôt dans la course... manque de gainage ???

 

 

Crédits photos : Robert Goin

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Pierre-Marie 12/04/2013 09:29

Salut Rémy,
Oui, bien récupéré mais il m'aura fallu un peu de temps. Toute cette boue m'avait sérieusement entamé je crois!
En effet, prépa Nivolet en ce moment, en espérant un nouveau top 20, voire mieux...!
Je suivrai avec attention les résultats dimanche ;-) !

3D Trail 16/04/2013 21:26



Bravo pour la course à Noyarey !



Christophe 11/04/2013 21:09

Ouf ! Il était temps !
Car dès dimanche, y'a une nouvelle compet ;)
Allez bonne course
et à très bientôt sur les chemins

Rémy 11/04/2013 21:37



C'est vrai que je me suis un peu dépéché car ça aurait été ballot d'avoir 2 CR en retard...


A demain pour la séance.



Pierre-Marie 11/04/2013 15:26

Chouette récit.
Bravo encore Rémy pour ta belle course et bonne chance pour dimanche au LUT!

Pierre-Marie

Rémy 11/04/2013 21:39



Merci Pierre-Marie, 


T'as bien récupéré de Tullins ? ça va envoyer du lourd sur les pentes du nivolet ....


A+ et bonne prépa.


 



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