Rémy : Templiers 2013

Contexte : 3 semaines seulement après le championnat de France de Gap, il faut déjà remettre un dossard… et pas pour n’importe quel rendez-vous : le Grand Trail des Templiers.

LA course trail incontournable du calendrier français. Et comme chaque année, le niveau sera très relevé avec quasiment tous les meilleurs français de la discipline.

 

Objectif : Objectif principal. Il s’agit pour moi du principal objectif de cette année 2013. Après ma 34eplace de l’an dernier, j’aurais bien sûr à cœur de tenter d’améliorer mon classement. Mais la confiance n’est tout de même pas aussi grande qu’en 2012, l’enchaînement avec les France laissant planer quelques doutes de fraîcheur physique.

 

Déroulement : J’arrive le vendredi sur Millau et je retire aussitôt mon dossard. Cela me permet de profiter un peu mieux du salon, en évitant la foule du samedi. Et lors de ce retrait, une bonne surprise : les organisateurs ont acceptés de me fournir un « pass » pour permettre à mon assistance de me suivre sur le parcours. Super.

Une fois le tour dans le chapiteau effectué, je prends possession du gîte, situé sur la commune de La Roque Sainte Marguerite (gîte des Castors, hameau du Poujol, hébergement que je vous recommande).

 

Samedi, je navigue un peu sur le Causse Noir pour suivre sur différents points la course de la Monna Lisa, où ma femme et mon ami Jean courent. Une fois leur arrivée effectuée, il est temps de se préparer sérieusement pour le lendemain.

Le repas est volontairement est pris très tôt, et assez léger, afin de ne pas faire la même erreur qu’à Gap. Ensuite, je donne les dernières consignes à mes assistants de choc (mon père et ma femme). Tout est minutieusement préparé. Mon père pourra assurer les points 1, 2 et 4 (Peyreleau, St André de Vézine et Ferme de Cade) tandis que Fanny sera sur le point 3 à Pierrefiche.

 

Avant de dormir, je n’oublie pas de changer d’heure à ma montre et de me passer une nouvelle fois un peu d’huile Weleda à l’Arnica et de la crème Sani-Pieds Weleda. Egalement, un peu de Nok sur certaines zones sensibles (aisselles, aine, ..).

 

La nuit est bonne, malgré quelques réveils réguliers, probablement dû au léger stress.

 

Je me prépare, m’habille et prends mon petit déjeuner. Il est bientôt 4h00, l’heure que nous nous étions fixé pour partir du gîte… et 4h15, nous voici déjà sur place. Il commence à y avoir pas mal de monde.

 

Ayant un accès au sas « élite », j’ai largement le temps de m’échauffer tranquillement. J’effectue donc quelques allers-retours très tranquilles sur la route qui nous servira de rampe de lancement dans quelques instants. J’en profite pour saluer mes partenaires de club Nico Martin et Julien Rancon, j’espère qu’ils pourront partager le podium dans quelques heures…

 

5h05, il est temps de se placer dans le sas. J’y retrouve David « Mayou ». Derniers mots d’encouragements et je rentre dans ma bulle pour ce moment magique. Les feux de Bengale s’allument, la musique d’ERA raisonne et aussitôt, les 2800 coureurs sont lâchés !

 

Section Millau -> Peyreleau

 

Le parcours débute par une route plate permettant d’étirer le gros peloton. Je déroule tranquillement et mine de rien, on est tout de même à 15 km/h… mais pas d’affolement, je me souviens que l’an passé j’étais déjà sur ces bases là, donc je continue en veillant bien à toujours se sentir à l’aise.

 

Je grignote quelques places et reconnais principalement les favoris féminines. Nuria Picas, Aurélia Truel, Laureline Gaussens, …

Je me souviens que l’an passé, j’avais longtemps couru avec la tête de course féminine (Picas, Forsberg, Hawker, Gobert, Mauclair, …), mais cette année, je suis devant toutes les féminines avant même la première bosse… Soit je suis parti un peu plus vite, ou soit ce sont les femmes qui sont plus prudentes (ce qui serait logique puisque le niveau féminin est moins relevé cette année). Ou bien, un peu des deux…

 

Après cette mise en jambes de 3km environ, les choses sérieuses commencent avec la montée sur Carbassas. Je me sens plutôt bien dans le début de cette ascension et je grappille encore quelques places. Voici déjà le village de Carbassas. Ensuite la montée devient plus franche.

Comme l’an passé, je passe rapidement en mode marche. Inutile de se forcer à courir et se griller, la route est longue aujourd’hui.

 

Je me fais dépasser par quelques coureurs qui continuent de trottiner un peu dans le début de la montée franche, mais rapidement plus personne ne me dépasse. On ne discute pas trop dans cette montée et l’on sent bien que chacun est dans sa course.

 

Je ne peux m’empêcher de comparer par rapport à l’an passé, et j’ai le sentiment qu’il y a moins de monde autour de moi (ce n’est peut-être qu’une impression). Aussi, j’ai l’impression d’être un peu plus efficace en forçant un peu moins, alors que paradoxalement, d’une manière générale, j’ai l’impression d’avoir de moins bonnes jambes… on verra pas la suite…

 

Durant cette montée, je conserve une bonne allure de marche rapide et je sens que les entraînements de l’été plutôt orientés « montagne » ont été bénéfiques. En effet, je monte sensiblement plus vite que les coureurs qui m’entourent et j’ai le sentiment de légèrement moins forcer… A un moment, parmi les coureurs que je dépasse, je reconnais Christophe Malardé.

 

Quelques minutes plus tard, voici le haut de la bosse qui signifie le début d’une bonne portion roulante. J’essaye de trouver une allure rapide mais facile à tenir sans se griller. C’est là que les séances difficiles à différentes allures est efficace, car je trouve rapidement l’allure qui me convient le mieux. Je profite de ce passage pour commencer à me restaurer en prenant une barre-amande « punch power ».

 

3 coureurs me reviennent dessus et me dépassent, dont Christophe Malardé. Je ne cherche pas à m’accrocher, et je maintiens mon rythme que j’estime suffisant. Le tracé me paraît un peu différent de l’an dernier. Je ne reconnais pas grand chose. Mais ce qui diffère beaucoup de l’an dernier, outre la météo bien moins hivernale, c’est le faible nombre de coureurs autour de moi. Alors que j’avais sans cesse du monde en 2012, cette année ; je suis rapidement seul… personne devant à une trentaine de seconde et personnes derrière à trente secondes également.

 

Je déroule sur ces larges pistes roulantes et rapidement j’entame la descente sur Peyreleau. Je me rappelle l’an passé que cette descente était abordée en groupe. Là au moins, j’ai pas mal de visibilité pour négocier au mieux ce sentier encore un peu sombre.

 

Je termine mon bidon de boisson H4 et j’arrive sur le bitume à l’approche du ravitaillement. Je recherche mon père parmi toute la foule. Arrivé au ravito, je retrouve mon père qui me donne un nouveau bidon et de quoi manger un peu. Il me récupère également ma frontale, le jour commençant à bien se lever. Je repars rapidement et reconnais les encouragements de Céline et d’Eric.

 

Section Peyreleau -> Saint André de Vézine

 

Dans la montée qui suit le ravito, je reviens sur un groupe de 3 coureurs. Le groupe s’étire et je passe 2 coureurs. Mais derrière, 2 coureurs me reviennent aussi dessus et me passe assez facilement en courant d’un pas léger alors que pour ma part, je marche la plupart du temps.

La montée est différente à l’an passé. Un peu plus simple, plus longue et plus sauvage. Très agréable.

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Une fois en haut, c’est le retour des larges pistes roulantes. Je m’attends à accuser un peu le coup de ce départ plus rapide que prévu, mais finalement, ça passe plutôt bien. J’arrive à Saint André de Vézine en ayant quasiment repris un groupe de 3 coureurs. Céline est encore là pour les encouragements et mon père me dit qu’il me « récupère » à la sortie du ravito.

 

Je bois 1 ou 2 verres de Coca et sors du ravito. Je laisse ma ceinture porte-bidon à mon père et récupère mon sac à dos, chargé de 2 flasques 500ml. Je repars en direction des rochers de Roquesaltes.

 

Section Saint André de Vézine -> Pierrefiche

 

Je pense avoir grignoté quelques places grâce à ce ravitaillement rapide, et je gagne même une place de plus à l’approche de la ferme de Roquesaltes. A Saint André de Vézine, on m’a annoncé 63e, soit une quinzaine de places de mieux que l’an dernier. Du coup, je me dis qu’à présent, il faut assumer et tenter de rallier Pierrefiche dans les 50 premiers.

 

A l’approche des somptueux rochers, je recolle à un groupe de 3-4 coureurs. Le site est toujours aussi sublime et je me rappelle les bons moments passés l’an dernier après la course avec Damien.

 

Après avoir traversé les rochers, j’entame la partie descendante sur La Roque Sainte Marguerite. Je suis particulièrement prudent car je sais qu’il faut profiter de ce passage pour « récupérer » et s’alimenter car à partir de La Roque, une autre course commence.

Je reste un peu en arrière de notre petit groupe.

Dans une partie en sous-bois, je suis surpris de dépasser si tôt les premiers abandons de coureurs « élites » : Manu Gault, Maxime Durand et Nicolas Pianet… la course a déjà fait des dégâts. Je double ensuite l’un des coureurs de notre groupe tandis que les autres accélèrent sensiblement. Pour ma part, je me contente de maintenir mon plan de route, à savoir bien gérer cette portion, et je n’hésite pas à marcher lorsque le terrain propose des mini montées en « coup de cul ».

 

J’arrive au village de La Roque Sainte Marguerite. Je reconnais Céline, et la femme de Mickaël qui m’encouragent. Je passe sur le pont pour traverser la Dourbie. La seconde partie de course débute à présent.

 

Je me souviens avoir réussi à accélérer un peu l’an passé. Mais ce coup-ci, même si j’ai l’impression  de ne pas être plus fatigué qu’en 2012, je n’essaye pas de forcer davantage. Je monte donc à mon rythme et recolle malgré tout à 3 coureurs. J’en dépasse 2 tandis que le premier me distance un peu. Un peu plus loin, alors que la pente devient moins pentue, 2 coureurs me passent. Rien d’étonnant puisque je n’ai pas l’impression d’avoir une allure très soutenue, d’autant que les pentes peu raides ne sont pas à mon fort.

 

Juste avant la sortie des sous-bois, je dépasse Romain Buschino (Technica) et 2 autres coureurs. Je gagne bientôt le sommet en alternant course et marche.

Au sommet un bénévole m’indique que le ravitaillement est proche. Le tracé est à présent bien roulant et j’en profite pour allonger la foulée. Les jambes répondent bien, le moral est donc au mieux. J’entre dans le hameau de Pierrefiche.

 

Section Pierrefiche -> ferme de Cade

 

Arrivé à proximité du ravito, Eric est là pour donner un coup de main aux bénévoles et m’encourage. Il me propose de me recharger en eau, mais je recherche Fanny qui devait être présente à ce point de ravito avec ma grande fille. Mais pour le moment, pas de Fanny en vue… il faut dire aussi que j’ai pas mal d'avance avance sur mes prévisions (établies d'après les estimations de l'organisation pour la tête de course)… Bon, je rentre dans le ravito pour manger vite fait, je retrouverai peut-être Fanny à la sortie. Je mange pas mal de morceaux de pommes et ressors. Mais toujours pas de Fanny… Du coup, je rempli mes flasques avec de l’eau. Outre le fait de ne pas avoir de poudre et de barres énergétique pour la section à venir, ce qui m’ennuie le plus, c’est que j’avais prévu 1 flasque de plus (soit 1,5 L) pour cette portion qui s’annonce longue et exigeante. Mais du coup, il faudra faire sans et économiser l’eau…

 

Alors que je replace mes flasques, Fanny arrive avec ma fille. Ouf ! Je prends donc le ravitaillement prévu : une flasque d'H4, une d'eau et une troisième à demi chargée de poudre que je place dans l’arrière de mon sac, en « secours » car je préfère être vigilent avec la chaleur d’aujourd’hui. En revanche, je repars sans prendre les barres énergétiques. Ce n’est pas bien grave, il m’en reste encore 2 ou 3, et j’ai pas mal mangé ici, mais il me faudra tout de même bien gérer mes maigres provisions. Durant cette pause un peu plus longue que mes prévisions, quelques coureurs m’ont dépassé, dont la première féminine Nuria Picas.

 

La suite est assez descendante et je termine mes morceaux de pommes en déroulant sans forcer. Ensuite, j’essaye de retrouver un rythme correct, tout en faisant attention à ne pas avoir le pied trop lourd en descente pour minimiser les impacts. Ensuite la pente s’inverse et je  me surprends à trottiner relativement facilement… Peu à peu je reviens sur 2-3 coureurs, puis les dépasse. Il s’agit principalement de coureurs m’ayant dépassé durant ma pause ravitaillement « rallongée ». Je me sens bien, même si je sais qu’il ne faut pas que je m’emballe… Il commence à faire bien chaud, et j’ai déjà parcouru 50km… Je veille surtout à bien boire, par de petites gorgées rapprochées.

 

Ensuite, débute une bonne descente sur la Dourbie. Je m’attends à rattraper 1 ou plusieurs coureurs dans cette descente, mais il n’en est rien. Puis, arrivé le long de la Dourbie, le parcours commence à remonter sensiblement. Je recolle alors à un coureur (Benoît De Preville, team Kalenji). Il semble freiné par les crampes. Je le dépasse, mais il se mobilise pour rester à mon contact. Dans cette ascension, j’alterne course et marche pour m’économiser un peu. Je sens que je n’avance pas aussi vite que ce que je devrais, mais j’ai le sentiment qu’en forçant davantage, je connaitrais l’apparition de nausées fortement dommageables pour la suite… Avec cette chaleur pesante et l’effort réalisé jusqu’ici, mon système digestif est bien fragile…

 

Et forcément, vers la fin de cette ascension, 1 coureur nous rattrape et nous double… Puis bientôt, j’en aperçois 2 ou 3 qui reviennent, et Benoît me passe également. Mince, je vais tout de même essayer de ne pas perdre trop de temps ! Je prends alors le risque de forcer sensiblement. Heureusement, la fin de l’ascension est vite là et j’ai pu l’atteindre sans dommage digestif. Dans la partie descendante, j’essaye de poursuivre un peu mon effort.

 

Je reviens alors sur Benoît, puis un peu plus loin sur Sange Sherpa. Un spectateur nous annonce Massebiau tout proche. Ça tombe bien puisque je suis déjà à sec (1,5L depuis Pierrefiche !) et je sais qu’il y a une fontaine à l’entrée du village. En arrivant sur le bitume, nous revenons sur un autre coureur en entrons donc dans le village à 4, avec 1 ou 2 coureurs très proches devant nous…

 

Juste avant la fontaine, un ravitaillement en eau a été mis en place. Du coup, je m’arrête boire 2 verres et rempli 2 flasques, afin d’avoir 1L pour la montée à la ferme de Cade, qui sera assez exposée au soleil selon moi. Mes compagnons n’ont semble-t-il pas fait le plein d’eau et sont donc légèrement devant moi à présent. Mais peu importe, je sais qu’en général, les difficultés de fin de parcours sont plutôt à mon avantage et j’espère donc revenir sur eux très prochainement.

 

Jean est en bas de l’ascension avec Maxence et Raphaël. Ça fait bien plaisir et ça me motive encore plus pour faire une belle ascension, sachant qu’il s’agit de la dernière grosse difficulté (tout en gardant à l’esprit  qu’il y aura tout de même le Puncho à gravir…).

A la sortie du village, on m’annonce 39e ! Je commence à me faire des films en me disant qu’en dépassant les 4-5 coureurs qui me précèdent, puis en faisant une bonne dernière section, j’ai de grandes chances de finir dans les 30 ! Mais bon, faut pas trop s’emballer et commencer par atteindre cette ferme de Cade.

 

Je monte d’un bon pas, sans trop forcer afin de conserver cette allure régulière jusqu’au sommet. Je reviens assez rapidement sur un coureur qui semble bien à la peine malgré ses bâtons. Je poursuis, mais assez brutalement, je me sens faiblir inexorablement… Aïe, ça sent la bonne hypo… et je réalise alors que j’ai complètement oublié de manger la barre que j’avais prévu d’ingurgiter dans la descente avant Massebiau… Mince, quelle erreur ! Je me suis tellement concentré sur le fait de boire très régulièrement et par petites gorgées que j’en ai oublié de manger… et mes sensations de nausées proches m’ont complètement enlevées les sensations de faim… Bon, à présent il faut gérer avec.

 

Je ralenti fortement ma progression et mange la dernière barre qu’il me reste, ainsi qu’un gel au café. Il n’y a plus qu’à attendre que ça agisse. J’essaye de poursuivre, mais je suis de plus en plus faible et je titube pour limiter le pourcentage de la pente, car même en marchant (bien souvent à 4 pattes…) je sens que je n’ai pas assez d’énergie… Après 5 bonnes minutes de calvaire, je décide de m’asseoir pour attendre que la barre et le gel fassent un peu effet. Ainsi, je me pose 4-5 minutes, et bois encore un petit peu. Un coureur me dépasse et me demande sympathiquement si j’ai besoin de quelque chose. Je lui réponds que j’attends la fin de l’hypo et que ça devrait aller mieux par la suite.

 

Je ne suis pas trop abattu, car même si je sais bien que le Top30 s’envole, je pense que j’ai encore moyen de conserver une place dans les 50, ce qui était mon objectif « minimum ».

Je repars doucement en étant bien attentif aux réactions de mon corps. A priori, je suis encore bien faible, mais je sens que la tendance est bonne. Je monte donc à faible allure, mais au moins j’avance.

 

La pente est maintenant un peu plus faible, mais alors qu’en temps normal je devrais courir, je continue de marcher… Ensuite, j’arrive à une partie plus rocheuse et plus raide et je suis obligé de mettre les mains. Des spectateurs m’annoncent le sommet assez proche. Ouf, j’en vois le bout de ce calvaire.

 

A la fin de cette ascension douloureuse, il y a un bon kilomètre de plat que je marche en majorité, tout en poursuivant à bin m’hydrater (d’ailleurs, je fini mes flasques – soit 1L depuis Massebiau, et 2.5L depuis Pierrefiche !). Je tente bien quelques petites relances, mais je sens qu’il ne faut pas trop s’y risquer.

 

Voici enfin la fameuse ferme qui apparaît. Ouf, je vais pouvoir vraiment me restaurer.

 

Section ferme de Cade -> Millau

 

A l’entrée du ravito, je retrouve mon père. Comme prévu, je lui donne mon sac et récupère une ceinture porte-bidon. Je mange une barre banane « Punch Power » et un tube « Supafit ». J’explique brièvement à mon père ma belle hypo et il me dit qu’il y a quelques abandons ici, et donc que je gagne quelques places… Mais pendant ce temps, quelques coureurs arrivent au ravito et me dépassent. Il ne faut donc pas trop que je m’attarde… Je prends tout de même le temps de bien me remplir les mains de morceaux de pommes et un peu de fromage avant de repartir.

 

Je sors du ravito et poursuis en marchant et en mangeant. Derrière, un coureur me suit à une dizaine de mètres et j’en vois encore plusieurs qui arrivent au ravito. Je me dis alors que si je connais une nouvelle hypo, ça en est fini du Top50…

 

Le coureur qui me suit revient petit à petit sur moi et je reprends à courir avant qu’il ne me passe. Je fini de manger mes provisions, et me sent un peu plus en confiance pour la suite. A mon avis, j’ai suffisamment mangé pour éviter l’hypo d’ici l’arrivée, celle-ci étant dans 1 heure environ. Du coup, je profite de cette portion descendante pour me remettre dans la course sans trop puiser d’énergie. Je descends à bonne allure et distance rapidement le coureur qui me suit. Musculairement, les jambes répondent bien, c’est déjà ça.

 

Suite à cette descente, j’essaye de courir un maximum, ou au pire lorsque le terrain ne le permet pas, à marcher à bonne allure. J’aperçois alors au loin 2 coureurs.

 

Je ne ménage pas mes efforts et reviens bientôt sur eux, à l’abord de l’ascension finale du Puncho d’Aggast. Je les dépasse et reviens vers la mi-pente sur un autre coureur. Le final est difficile, mais je serre les dents et parviens au sommet. Je sens malgré tout que je ne déborde pas d’énergie… il est temps que j’arrive.

 

On m’annonce qu’un coureur n’est pas très loin devant, mais je n’ai plus beaucoup de force pour tenter de le rattraper. Je vais surtout essayer de ne pas me faire reprendre par les coureurs qui me suivent.

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J’entame la partie roulante / descendante en me laissant descendre afin de récupérer un peu de force. Je passe la superbe grotte du hibou, puis essaye d’accélérer sensiblement. Je sais que l’arrivée est proche. Je ne vois personne devant, mais je veux surtout éviter de me faire rattraper. J’imagine être dans le Top40, mais je n’en suis pas sûr du tout…

 

Après les passages en sous-bois, je commence à apercevoir le coureur qui me précède, et je reconnais Benoît de Préville. Je reviens assez rapidement à sa hauteur et l’encourage à me suivre, mais il semble vraiment épuisé. Je poursuis à mon rythme et rejoins l’arrivée. Et après une petite glissade dans le dernier virage, je franchis la ligne en compagnie de ma grande fille et des garçons à Jean. Une belle délivrance. Je suis complètement « rincé »  !!! 

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Points positifs :

-          Je confirme dans le Top40 après ma 34e place de l’an dernier

-          J’ai réussi à gérer relativement correctement la bonne hypo

-          3 semaines après les France de Gap, la forme était malgré tout présente

-          Le début de course sur de bonnes bases sans pour autant chercher à « aller vite »

-         Le parcours et l'ambiance de ce rendez-vous tellement particulier. 

 

Points négatifs :

-          L’hypo ! une belle erreur de ma part, alors que j’avais pourtant planifié de manger dans la descente sur Massebiau pour éviter ça… Mais dans l’effort, j’ai oublié…

-          Un léger manque de volonté… sur le Causse du Larzac, je n’ai pas ressenti autant de détermination de ma part que l’an passé. Probablement à cause de l’enchaînement des épreuves.

-          Un léger manque de confiance sur la course, dû à une prépa chamboulée par rapport à Gap.

 

Bilan :

Une 38e place satisfaisante vu les faits de courses, mais il subsiste tout de même un peu de déception, car je sens bien que le Top30 était accessible cette année. Avec une meilleure gestion alimentaire et une plus grande fraicheur physique, je pense que j’aurais pu me placer entre la 25e et la 30e place. Tant pis pour cette fois, il faudra y retourner (mais probablement pas l’an prochain).

 

Temps par portion : 

Millau -> Peyreleau : 1h 46min 49s / 64e / 39e temps des arrivants.

Peyreleau -> St André de Vézine : 1h 04min 44s / 63e / 43e temps des arrivants

St André de Vézines -> Pierrefiche : 1h 31min 53s / 46e / 33e temps des arrivants

Pierrefiche -> Ferme de Cade : 2h 46min 32s / 42e / 56e temps des arrivants (on voit bien l'hypo sur cette section...)

Ferme de Cade -> Millau : 1h 01min 57s / 38e / 27e temps des arrivants

 

Remerciements :

Un grand merci à mon père pour l'assistance sur la quasi totalité du parcours. Une vraie aide.

Merci à ma femme et ma fille pour le ravito et les encouragements de Pierrefiche, à Jean et à tous ceux qui m'ont soutenu sur ce parcours.

Et bien sûr, merci à Brice d'Endurance Shop pour le soutien matériel et amical depuis plusieurs années. Côté matos, merci aussi à Salomon, Weleda, Compressport et Punch Power, c'est vraiment le top de courir avec du matos d'aussi bonne qualité.

Manu 11/11/2013 15:53

Dommage pour cette hypo car le top 30 pouvait être accessible.
Un top 40 pour ces 2 dernières années confirme le travil fait.
Bravo Rémy, reste à finir l'année avec la STL.

Rémy 12/11/2013 13:28



Merci Manu. Effectivement, il reste encore la Sainté que j'aurai plaisir à partager à tes côtés pour ta reprise !


A très vite.



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