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Mercredi 22 février 2012 3 22 /02 /Fév /2012 08:00

 

Contexte : Premier trail de la saison 2012 et première manche du TTN long, mon objectif cette année. Autant dire que j’espère bien y figurer afin de marquer de précieux points pour le classement de fin de saison.

Malheureusement, les conditions sont loin d’être favorables à une bonne course de ma part…

Une douleur à la jambe gauche a bien perturbé ma préparation… je n’ai pas pu faire de bonnes sorties longues et la confiance en est affectée… Et surtout, je ne suis pas convaincu de pouvoir réaliser les 50km de ce trail en raison de la douleur qui risque de s’amplifier au fil des kilomètres…

Pour ajouter pas mal d’incertitude à ma course, j’ai chopé une bonne petite crève le weekend précédent lors des régionaux de cross à Aix-les-Bains. La faute au froid polaire, pas à ma vitesse « supersonique »…

Et pour finir cette belle liste d’éléments défavorables, une forte douleur dentaire s’est invitée cette semaine d’avant course. Résultat : des nuits bien écourtées à cause de la douleur et des repas compliqués… L’avant-veille de la course (vendredi), j’ai même était incapable de manger autre chose que mon petit déjeuner (1 bol de thé et 1 biscotte…). Pas terrible comme recharge glucidique… Heureusement, mon dentiste accepte de me prendre en « urgence » vendredi soir (de 20h à 21h30 ! merci Doc’) et me répare tout ça avec un beau « charcutage » pour (entre autre) dévitaliser la dent… je me retrouve donc avec une joue bien gonflée et une gencive douloureuse, mais je sais au moins que cette douleur n’empirera plus. Le dentiste me prescrit un petit anti-douleur pour me soulager durant les 2-3 jours post-intervention, mais me met en garde sur le fait que cela puisse occasionner des troubles digestifs… là encore pas rassurant pour entamer un 50km.

Bref, me voilà donc au départ de ce 50km avec :

-          un entrainement peu adapté

-          une jambe douloureuse

-          un corps fatigué par la crève

-          un déficit de sommeil

-          une douleur dentaire

-          une recharge glucidique nulle

-          des risques de troubles digestifs

Objectif : Niveau 3 : objectif restreint. Comme je l’annonçais sur le blog, mon objectif lorsque j’ai planifié cette course était de faire un Top15. Mais vu le plateau de coureurs présents et les conditions dans lesquels je me présente au départ, un top30 relèverait presque du miracle… mais il faudra déjà parvenir à terminer la course.

 
Déroulement :

Avec la vague de froid qui sévit un peu partout, je ne suis pas mécontent de prendre la route vers le Sud. Samedi, sur le trajet, le thermomètre de la voiture passe enfin du côté positif. Mais en arrivant sur Gruissan pour retirer mon dossard, je suis vite ramené à la réalité. Certes, il fait 2° (ce qui est plutôt chaud par rapport aux autres coins de France) mais le vent bien présent est vraiment … saisissant ! Vu comme je me caille avec mon jeans, ma polaire et ma veste, je me demande ce que ce sera demain matin à 8h15 pour le départ.

Plus ça va, et plus je me demande vraiment pourquoi je viens courir ce weekend !!!

Bon heureusement, la remise des dossards me redonne le moral puisque le cadeau d’inscription est une bouteille de Corbières (l’une de mes appellations préférées).

 

Ensuite, je reprends la route et direction Perpignan, notre lieu de séjour (l’occasion de voir la famille).

 

Après une nuit reposante (sans douleur dentaire, c’est vraiment beaucoup mieux !), je retourne sur Gruissan pour affronter le froid et le vent ! A 8h00 sur le parking, le thermomètre affiche -4°C et j’hésite encore sur ma tenue de course… J’opte finalement pour une légère micro-polaire (type ski de fond) et une couche technique windstopper. Par-dessus, la super veste hoody devrait être bien appréciée.

 

Une fois équipé, c’est à petites foulées que je rejoins le départ. C’est l’occasion de s’échauffer un peu (et se réchauffer aussi), mais aussi de tester un peu ma douleur à la jambe. Et ce n’est pas très rassurant puisque je la sens un peu quand même. Rien de vraiment gênant pour le moment, mais nul doute que ça ne s’arrangera pas au fil des kilomètres. 

 

Je me place au milieu du peloton après avoir brièvement pris quelques nouvelles de Romu (DePaepe) et Nico (Martin). Le départ est donné et le peloton s’élance pour un peu plus de 50km.

 

Les 3 premiers kilomètres sont plats et roulants, l’occasion d’étirer le peloton. Rapidement les favoris se placent aux avant-postes et un groupe de 20 se forme. De mon côté, je préfère jouer la prudence et reste en retrait. Je suis tout de même surpris de rester quasiment au contact du groupe de favoris, alors que je n’ai pas l’impression d’aller forcément très vite. Un coup d’œil au poignet me montre pourtant que ça ne traine pas trop (15.5 km/h).

 

Devant, je vois qu’il y a une féminine à l’arrière du groupe des favoris (Il s’agit de Nathalie Mauclair mais je crois sur le coup qu’il s’agit de Virginie Govigon). A mes côtés se trouvent Céline Lafaye et Fiona Porte. Je sais que c’est déjà de bons repères et que l’allure est correcte.

 

Après 3km voici le petit mur. Les premiers trottinent tranquille, mais je sais que je ne vais même pas essayer… Dès le début de la pente, je marche et laisse s’échapper quelques coureurs dont les 2 filles qui m’accompagnaient. Une fois en haut, une petite relance me permet de rester au contact de Fiona Porte. Céline Lafaye semble vouloir se détacher un peu.

 

Je sens que l’allure des 2 femmes me convient bien sur les portions roulantes, mais dans les petites portions techniques, je préfère assurer le coup à cause de ma jambe. Du coup, je perds à chaque fois un peu de terrain. Vu ma forme, je ne prends pas le risque de combler les quelques mètres de perdus à chaque « difficultés » et je me retrouve un peu plus seul… comme ça au moins je peux trouver ma bonne allure.

 

Je poursuis tranquillement en me disant qu’il ne fait finalement pas si froid que ça. J’ai même un peu chaud et commence par retirer mon buff d’autour de mon cou. Je ressens toujours une sensation désagréable dans ma jambe mais j’arrive tout de même à bien dérouler.

 

Après 1h de course, je pense être environ 30e/35e et je remonte progressivement sur quelques coureurs. Dans une petite bosse, je décide de retirer ma veste et suis obligé de m’arrêter un court instant pour la positionner correctement dans ma ceinture porte-bidon.

 

Un peu plus loin, sur un croisement, alors que je recolle puis distance 2 coureurs, un groupe de 4-5 coureurs arrive par la droite (alors que le tracé va à gauche). Je me dis alors qu’il s’agit soit de coureurs du petit parcours (je n’ai pas regardé les différents tracés), soit d’une erreur de parcours… je poursuis sans trop y faire attention…

 

1 ou 2 coureurs me reprennent et l’un d’eux m’explique qu’ils ont commis une erreur de parcours. Il estime cette erreur à 2 minutes environ. Il a l’air bien en forme et me lâche progressivement. Je m’attends donc à ce que d’autres coureurs me dépassent petit à petit mais finalement, ce n’est pas vraiment le cas.

 017.JPG

Un peu plus loin, un spectateur m’annonce 21e. Voilà une bonne surprise, même si je ne fais en général pas vraiment confiance aux comptages sur les courses.

 

Au sommet d’une petite bosse, je prends le temps de resserrer les lacets de mes S-Lab et jette un coup d’œil derrière. J’aperçois ainsi un coureur et Fiona Porte à environ 30 secondes. Je comprends donc que Fiona devait faire partie du groupe qui s’est planté de parcours précédemment. Je continue en me ravitaillant tranquillement.

 

Dans les passages un peu techniques et rocailleux, je suis toujours contraint de limiter les chocs sur ma jambe gauche. Du coup, je perds un peu de temps à chaque fois je m’attends à voir revenir Fiona d’un moment à l’autre. Mais je m’aperçois finalement que j’arrive à gagner du terrain dans toutes les portions roulantes. Je reviens même sur un nouveau coureur, puis un autre…

 

Un peu plus loin, alors qu’il doit s’agir environ de la mi-course, je gagne de nouveau une place en dépassant le dossard 19 (David Pourrat). Le sentier et assez étroit mais plutôt agréable.

 

Dans la montée qui suit, j’ai la surprise de revenir au contact de Céline Lafaye. Je préfère rester sagement derrière dans cette courte montée et en profiter pour me ravitailler de nouveau. Cela permet à 2 coureurs de revenir juste derrière nous. Au sommet de cette petite bosse, des signaleurs m’indiquent 18e. Je reste dans le groupe dans cette courte portion roulante mais je me trouve plus à l’aise que les coureurs qui m’accompagnent. Je commence à prendre confiance et me dis qu’en gérant bien, un top20 est largement jouable… voir mieux !

 

On entre dans une sorte de petit canyon où s’enchainent plusieurs passages de rochers. Je ne suis pas forcément à mon aise puisque je ne peux pas vraiment prendre appuis sur ma jambe gauche et me fais dépasser petit à petit par les 3 autres coureurs. Peu importe, je pense que je pourrais certainement revenir un peu plus tard, sur les portions plus roulantes.

 

A la sortie de ce passage, je commence à ressentir des douleurs musculaires dans la jambe droite. Je me dis que cela est probablement dû au léger manque de foncier de ces dernières semaines, additionné du fait de devoir limiter mes efforts sur la jambe gauche.

 

Ainsi, afin de ne pas déclencher de crampes sitôt dans la course, je limite sensiblement mon allure sur les portions roulantes et m’oblige à bien manger et boire. De plus, même si les prises étaient bien régulières depuis le départ, je reprends une pastille Décramp…

 

Je suis toujours assez confiant sur la suite de la course car je me dis qu’en limitant un peu mon effort sur cette partie du parcours, j’aurai probablement une bonne fraicheur pour aborder les 15 derniers kilomètres qui paraissaient bien roulant sur le profil.

 

Ce petit relâchement permet à Fiona Porte de recoller. Je la laisse passer dans une descente un peu caillouteuse.

 

Un peu plus loin voici le premier ravitaillement (35e km). Je dois arriver en 22 ou 23e position environ et contrairement à la plupart de mes courses, je prends le temps de bien me ravitailler ce coup-ci : je refais le plein de mon bidon avec ma poudre H4, puisq mange un peu de solide et bois 2 verres de coca.

 

Je repars en ayant perdu 2 places sur ce petit arrêt que j’estimais nécessaire. Rapidement, je reprends une place, puis une autre dans le faux-plat montant qui suit. En haut, la vue devant est assez dégagée et j’aperçois 2-3 coureurs qui me paraissent tout à fait « rattrapable ». Je continue à mon allure, sans m’obliger à faire l’effort pour revenir au contact…

 

J’arrive vers l’étang de Gruissan et une belle ligne droite s’offre à moi. Je suis content d’avoir encore la fraicheur pour courir entre 12 et 13km/h et je vois que je gagne du terrain sur les 2-3 coureurs de devant (dont Fiona environ 1’ devant). Mais tout d’un coup, je suis stoppé net dans ma course… Les crampes envahissent mon mollet droit et la douleur est très intense.

Habituellement, lorsque je suis sujet aux crampes, je les sens venir bien plus progressivement et j’arrive à trottiner doucement pour limiter les dégâts, mais ce coup-ci, obligé de m’arrêter pour m’étirer un peu. Je poursuis en marchant un peu, puis je retente quelques foulées…. Que je tiens environ 10 secondes afin d’être contraint de m’étirer de nouveau.

 

Ensuite je marche un petit moment sur un large chemin plat… assez dur moralement puisque mise à part ces crampes, je ne me sens pas fatigué, bien au contraire…

Forcément, quelques coureurs me dépassent, mais pas tant que ça pour le moment. C’est même étonnant.

 

Au bout de plusieurs minutes de marche en tentant de bien m’hydrater et 3 ou 4 places de perdues, je retente de trottiner très doucement. A chaque petite prémices de crampes, je reviens à la marche. En gros le rythme est 1’ de marche et 1’ de footing très lent. En plus, le vent est vraiment très présent et très violent par moment. Et pour corser le tout, il est très « rafraichissant »…

 

Je suis vraiment hors de la course mentalement. Je n’ai plus envie de me battre pour le classement et commence même à envisager un possible abandon…

Je poursuis lentement avec comme seul objectif de finir sans trop souffrir, en peu en mode rando rapide, ou entrainement très très lent.

 

Mais quelle ne fut pas ma surprise lorsque malgré mon allure décourageante, je vois que je reprends du terrain sur 2 coureurs… A ce moment-là, ma déception devient un peu moins grande et je me dis que je peux éventuellement limiter les dégâts en finissant aux alentours de la 25e place. Je dépasse l’un d’eux et reconnais David Pourrat que j’avais dépassé tout à l’heure.

 

Mais je ne reste pas bien longtemps devant David puisque les crampes s’intensifient dans l’ensemble de la jambe droite. J’essaye malgré tout de marcher relativement vite face au vent, mais j’ai la désagréable impression de lutter pour rien.

 

Un peu plus loin, alors qu’on m’annonce le ravitaillement assez proche, je commence à me sentir assez faible. Aïe, voilà quelque chose qui ressemble bien à un début d’hypo… Effectivement, je me rends compte que cela fait un petit moment que je ne me suis pas alimenté… la faute à mon impression de ne plus être dans la course. Et comme mes réserves énergétiques d’avant course étaient bien maigres, pas étonnant de manquer de jus dans ce froid vivifiant.

 

Je sais que je devrais manger un gel au plus vite, mais mes doigts sont complètement gelés et il m’est impossible d’ouvrir ma fermeture éclair de ma poche ventrale. Je n’insiste pas puisque le ravitaillement est très proche.

 

J’arrive en marchant au ravitaillement et décide d’y reprendre un peu d’énergie : 2 potages, 2 verres de coca et 2 pain d’épices… Je fais également le plein de boisson énergétique H4. Durant cette pause, j’ai observé impuissant plusieurs coureurs trottiner sans même s’arrêter à ce ravitaillement.

 

Je repars péniblement en marchant en sachant qu’il reste environ 6km roulants… et que ça va être long…

 

Je profite d’avoir le vent dans le dos pour tenter de repartir en courant, mais je n’arrive pas à tenir plus de 2 minutes… trop de crampes. Je perds encore 2 ou 3 places et enfin, quelqu’un m’annonce l’arrivée à 2km environ…

 

Après une descente dans la douleur, j’arrive dans la cité de Gruissan. Le vent est toujours très présent. Du coup, je me contente de marcher le long du quai. Seules quelques petites foulées me permettent de tenter de rallier l’arrivée un peu plus vite, mais là encore, les crampes et le vent me stoppe dans mon élan…

 

Je rejoins enfin le lieu d’arrivée et passe sous l’arche très déçu, presque honteux de ma course. Je me dirige vers ma voiture en boitillant et repars aussitôt sur Perpignan retrouver ma famille.

 

Dans la soirée, j’apprendrais que j’ai terminé 36e… En regardant le classement, je me dis qu’il y avait vraiment moyen de finir dans les 20 premiers…

 

La saison débute mal… et en plus la douleur à ma jambe semble s’être bien installée… L’Eco-Trail sera pourtant vite là.

Gruissan.png 

 

Points positifs :

-          Mise à part la bouteille de vin à l’inscription, pas grand-chose…

 

Points négatifs :

-          Le résultat : je fini 36e alors que vu mon début de course et ma gestion, j’avais de fortes chance de terminer aux alentours de la 20e place. Mon entrée dans le TTN est un peu loupée…

-          La douleur à ma jambe m’a non seulement pénalisée, mais s’est surtout bien installée. L'Eco Trail ayant lieu fin mars, il va falloir vite trouver une solution afin de s'entrainer un minimum pour parcourir les 80km.

Par Rémy - Publié dans : Rémy récits de course
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