Rémy : Grand Duc 2012, relais 1

 

 

Contexte : La forme semble s’améliorer au fil des semaines depuis le mois de mai et je suis donc relativement en confiance. Relativement, car du côté personnel, il y a eu quelques changements dans mon quotidien avec l’arrivée de ma seconde fille en début de mois. Du coup, comme prévu, je n’ai pas fait une prépa bien adaptée à l’épreuve puisque je n’ai pas fait de sortie supérieure à 20km depuis le trail du Connex… Cependant, le volume cumulé est assez satisfaisant et devrait me permettre de limiter la casse sur les 50km escarpés de mon relais.

  

Objectif : Niveau 4 : pas d’objectif.

Compte tenu de ma forme qui semble bien revenir, et de l’enchaînement de victoires de Damien, notre duo a moyen de bien se placer… Même si le but premier est de partager une belle course et une super journée, une victoire serait toujours un plus très appréciable.

Concernant la répartition des portions, je m’occuperai du relais 1 (50km et 3100m+) et Damien du relais 2 (40km et 1300m+). Ces profils correspondant plutôt bien avec les points forts de chacun.


Déroulement :

La météo s’annonce superbe pour cette journée. Il fera même certainement bien chaud dans l’après-midi. Je me souviens de la grosse chaleur de l’an dernier sur la fin de parcours (j’avais participé en solo) et je suis bien content de ne faire que la première « moitié ».

Sur la ligne de départ, malgré l’heure matinale (6h), je décide de partir directement en débardeur afin d’éviter de vite surchauffer…

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Le départ est donné dans une ambiance très détendue et le peloton s’élance à une allure… confortable.

Je remonte doucement aux « avant-postes » et reste un peu sur la première ligne. Le peloton s’étire au fil des kilomètres que nous parcourons sur une petite route goudronnées dont la pente est régulière.

Je me sens assez à l’aise et me contente de suivre les coureurs qui mènent l’allure, mais progressivement, certains ralentissent et l’on se retrouve assez vite à 2.

Derrière, l’écart grandit rapidement et je commence un peu à discuter avec le coureur qui m’accompagne. En fait, il s’agit de Michel Gomez, un coureur qui devait peut-être faire un duo avec notre collègue de club Jean Soulès. Malheureusement pour Jean, cela n’a pu se faire. Dommage, car on se serait certainement tiré un peu la bourre entre nos 2 duos.

 

Quelques kilomètres plus loin, voici déjà le premier ravito. Derrière, j’aperçois 1 coureur à quasiment 1 minute, et c’est tout…

 

Par prudence, je préfère refaire le plein de mes 2 bidons, même si je n’ai pas encore beaucoup bu. Pendant que je recharge, Michel ralentit un peu afin de me permettre de recoller rapidement pour l’on poursuive ensemble. Effectivement, vu l’écart qui s’est formé derrière, j’ai aussi une préférence pour que l’on fasse la longue montée au Charmant Som ensemble. On verra bien après…

 

Le bitume est à présent terminé et on avance sur un chemin plutôt étroit et plus pentu. La marche a donc remplacé la course pour progresser. Je reste sagement derrière Michel et je me sens plutôt à l’aise avec son allure. Je me dis que si l’on reste comme ça jusqu’au sommet, j’aurai encore pas mal de fraicheur pour la suite.

 

Mais rapidement, je vois un coureur qui revient à notre hauteur… et facilement qui plus est.

La largeur du chemin ne permet pas de dépasser et pour le moment, il reste avec nous, mais je vois bien qu’il nous suit sans peine. On évolue donc à 3 tant que le chemin reste étroit… D’ailleurs, dans un passage un peu piègeux, je prends un bon appui sur mon bâton de droite et en le retirant du sol meuble, j’entends un « CRAC » synonyme de mauvais signe pour la suite… Effectivement, je m’aperçois que mon bâton vient de se casser au niveau de la poignée… Pour le moment, ça  semble tenir lorsque je prends appui, mais pour combien de temps… on verra bien.

 

On retrouve bientôt un chemin plus large et comme prévu, le coureur qui nous a rejoins accélère un peu et nous dépasse. Vu son allure de marche, je ne cherche pas à le suivre… je sais que je n’en suis pas capable. Mais afin de limiter un peu l’écart, je décide de ne plus suivre Michel et de prendre mon allure d’ascension. Me voilà donc intercalé…

 

Tout en s’échappant, le coureur nous demande si nous sommes en duo « hommes » ou bien en « mixte ». Il nous apprend d’ailleurs qu’il est en duo « mixte », ce qui me rassure un peu pour le résultat final ;- )

 

On quitte bientôt les sous-bois pour attaquer les alpages et l’on reprend déjà les derniers solos.

 

Au cours de l’ascension, je me retourne de temps en temps et m’aperçois que le trou avec Michel est fait. Mais je vois aussi que quelques autres coureurs semblent grignoter du terrain… il ne faut pas que je faiblisse si je ne veux pas être rattrapé !

 

A proximité du sommet, j’essaye de me faire une petite estimation de la situation… Il me semble que je dois avoir environ 3 minutes de retard, et environ 45 secondes d’avance sur Michel. Derrière, les coureurs semblent se succéder toutes les 30 secondes à 1 minute.

 

Je parviens au sommet du Charmant Som et en profite pour faire une courte pause pour enlever les petits graviers de mes chaussures. La vue est magnifique et je n’en profite malheureusement pas assez puisque je repars rapidement dans la descente. Je rejoins Michel Riondet (en solo), grand habitué du Grand Duc ! Je l’encourage et poursuis ma descente.

 

Peu après, voici le ravito, synonyme de fin de premier relais pour les équipes de 5. Il y a donc pas mal de monde puisque beaucoup attendent leur coéquipier. Il y a également pas mal de solo qui font une halte. Du coup, c’est un peu compliqué pour recharger mes bidons rapidement…

 

Un peu plus bas, débute une nouvelle ascension, la deuxième du jour. Mais contrairement à ce que je pensais, la pente n’est pas très raide et je me surprends à pouvoir encore pas mal courir. Je commence à me dire que les jambes sont plutôt bonnes aujourd’hui et je prends espoir à rejoindre le coureur de devant. Mais un solo me ramène vite sur terre en me disant que le premier duo l’a dépassé depuis bien 10 à 15 minutes.

 

Après avoir franchi un passage un peu plus raide, je parviens au sommet de cette deuxième difficulté. Je profite du début de la descente pour me restaurer un peu et surtout bien m’hydrater car j’ai la sensation de n’avoir pas beaucoup bu ni mangé depuis le départ.

 

La descente est facile et roulante et une fois mon « repas » terminé, j’essaye d’accélérer un peu. Je surveille l’altimètre et pense arriver vite au ravito de Chalais… Mais en fait, le parcours descend plus bas que prévu et remonte un peu pour atteindre le ravito… Dans la « cheminée » qui précède le ravito, la marche est obligatoire et je me retrouve bien ralenti par un groupe de solo qui assure cette portion bien raide. Une fois les câbles passés, je retrouve mon rythme et parviens au ravito de Chalais où m’attendent Gaëtan et Damien.

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Ils m’annoncent un retard de 5 min sur le 1er. Je me sens encore étonnamment frais et je me dis qu’en faisant une bonne montée, je pourrais peut-être le reprendre dans la descente final. Je remplis mes bidons et repars avec 2 bouts de pain d’épices.

 

Je grignote un peu dans le début de l’ascension, mais je me rends vite compte que c’est pas le top car le pain d’épice m’étouffe un peu dans cette montée. Toutefois, je me force à finir mon bout car j’ai un peu peur de l’hypo lorsque je pense à ce que j’ai mangé jusqu’ici… Du coup, je bois pas mal pour faire passer le pain d’épices et je commence à me sentir un peu ballonné. Je trouve donc une allure convenable qui me permet de progresser sans trop troubler mon estomac…

 

Je continue de dépasser quelques solos et je reviens notamment sur Catherine Noulette et Alexandra Rousset, les 2 premières féminines, puis sur Christian Poigny, un ami des 3D-Trail.

 

J’ai l’impression de me sentir plutôt bien, mais je me rends bien compte que je n’avance pas si vite que ça… il est évident que je commence à faiblir et que ce deviendra plus flagrant dans quelques temps… Et effectivement, un peu plus loin, alors que je rentre dans les alpages, je me sens soudain bien plus faible. Il ne reste plus trop de dénivelé à gravir et je tente de ne pas trop lâcher…

 

Au loin j’écoute des encouragements très chaleureux. Je sais qu’il s’agit de Nico et de sa bande ; ça me motive à poursuivre mon effort, malgré la pente qui s’intensifie.

Peu après, j’arrive enfin à la fameuse cheminée où la pente est vraiment bien raide. J’aimerai mettre les mains, mais je préfère ne pas enlever mes dragonnes de peur d’achever mes poignées de bâtons. Nicolas et ses amis se trouvent juste à la sortie de la cheminée. Ils crient de chaleureux encouragement accompagnés d’une belle grosse cloche de vache !

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Une fois sorti de la cheminée, Nico m’annonce 13 minutes de retard sur le premier. Bing ! Petit coup au moral car j’espérais qu’il ait lui aussi faibli un peu et que l’écart soit de 5 à 7 minutes…

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Je ne m’attarde malheureusement pas et poursuis mon chemin en espérant rallier rapidement le prochain ravito pour avoir un peu d’eau fraiche.

(« Désolé Nico de ne pas avoir été plus enthousiaste, mais je manquais cruellement de jus. Merci encore pour vos encouragements – et pour les photos »).

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Je m’efforce de trottiner mais les muscles commencent à bien se faire sentir. Je dois à peine faire du 10-11 km/h dans ce faux-plat descendant… Après quelques minutes de descente, le chemin remonte un peu et j’aperçois au loin le ravitaillement. Un petit effort et m’y voici enfin. J’imagine que j’ai bien encore perdu au moins 2 minutes sur le premier depuis la cheminée…

 

Même si je sais qu’il ne reste que de la descente, je préfère bien profiter de ce ravito pour me refaire une santé. Je rempli mes 2 bidons d’eau fraiche (dont un avec de la boisson H4) et repars avec 3 quartiers de pomme. Cela me fait vraiment du bien et je sens que ça ira mieux dans quelques minutes. Egalement, je m’asperge un peu la nuque avec mon bidon d’eau fraîche. Là encore, je sens de suite un grand bénéfice.

 

J’attaque la descente avec pas mal de motivation. Même si je sais que je ne pourrai pas rattraper le premier, je vais au moins tenter de limiter l’écart, afin de permettre à Damien d’être un peu plus à son aise…

 

Je m’applique donc à faire une bonne descente, mais la première partie est un peu trop casse-gu… pour pouvoir envoyer… Je manque 2 ou 3 fois de bien chuter, mais finalement ça passe.

Un peu plus bas, le chemin devient plus correct et j’accélère sensiblement, même si je sens que je suis encore un peu faible au niveau énergétique.

 

Je surveille mon altimètre et accélère au fur et à mesure que les hectomètres défilent. Voici « enfin » du bitume et des petites maisonnettes, synonyme d’arrivée au village de St Joseph de Rivière. J’aperçois Damien au loin qui vient à ma rencontre. Il m’accompagne (ainsi que Gaëtan) sur les derniers 100m et je lui transfère la puce avec 9 minutes de retard sur le premier duo.

 

Allez Damien ! A toi de jouer !!! 


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Points positifs :

  • Le résultat final fut très satsifaisant puisque nous remportons la victoire en duo.
  • Les sensations ont été plutôt bonnes, puisque j'ai pu un peu relancer régulièrement. De plus, pour une fois, je n'ai pas eu de début de crampes.... étonnant puisque je pensais manquer de sorties longues...??           

Points négatifs :

  • Au niveau de mon relais, je fini 2ème à 9 minutes. Même si le premier était de toute façon plus fort que moi, je pense que j'avais possibilité d'être un peu plus proche (2 ou 3')...
  • Une petite faiblesse dans la dernière ascension, alors que je pensais être encore assez frais... je dois être plus vigilant sur mon alimentation, car je n'ai pas été assez régulier sur ce point. P1070085

Grand Duc

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lamiricore 03/07/2012 14:59

Objectif 4 et vous finissez ... premier !!! C'est quoi alors l'objectif 1 ?? !!!
Bravo en tout cas ;)

Rémy 03/07/2012 15:37



En fait, je défini mes niveaux d'objectifs en début d'année, lorsque je planifie mes courses. Et comme la date du Grand Duc était placée 2 semaines après la naissance de ma 2e fille,
difficile de vouloir en faire un objectif particulier... puisque je savais que je ne pourrai pas faire une prépa optimale.


Après, bien sûr que sur chaque course, on essaye de faire le mieux possible. Mais probablement qu'avec une prépa un peu mieux adaptée, je pouvais améliorer mon relais (mais bon, c'est de la
théorie...).


Pour en revenir à notre classement, il faut dire aussi que ce n'était pas particulièrement relevé puisque ce sont 2 duos mixtes qui complètent le podium scratch ! Dommage que notre ami Jean
Soules n'ai pas pu participer... ça aurait mis un peu plus de piment...



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