Rémy : Championnat de France de Trail 2013 à Gap

Contexte : Lors de la planification de ma saison, j’avais volontairement oublié ce premier championnat de France sur Gap. Et ceux pour 2 raisons : je ne souhaitais pas faire de manche de qualif pour ne pas m’ajouter une course (j’avais déjà prévu da Trail running cup Salomon), et souhaitant placer l’objectif majeur de ma saison sur les Templiers, je me voyais mal ajouter une telle épreuve 3 semaines avant.

Mais entre-temps, les données ont changées. La FFA a publié les dates de prises en compte des qualifs et mes Templiers 2012 été donc acceptés !

Puis, la FFA a indiqué qu’il y aurait un classement par club… et quand Nico Martin nous a proposé, à Damien et moi, de monter une équipe, on s’est dit qu’il y avait moyen de jouer un résultat. Du coup, après tout de même quelques hésitations, j’ai opté pour participer à ce premier France de Trail.

 

Objectif : Niveau 2 : objectif important. La priorité reste mise sur les Templiers, mais en théorie, la forme devrait déjà être présente pour Gap. Selon moi, le niveau sera proche du niveau des Templiers. Ainsi, au niveau personnel, je pense pouvoir intégrer le Top50, et pourquoi pas le Top40… Mais c’est surtout au niveau collectif que je me fixe un objectif : le titre semble accessible. Mais pour ce faire, il faudra déjà rentrer dans l’équipe qui retient les 3 premiers garçons du club (et 1 fille). Avec Nico, Damien et Michel Cercueil toujours aussi imprévisible, ce n’est pas garanti que je sois dans les 3… Côté filles, Sophie devrait assurer une bonne course, tout comme Christelle.

 


Déroulement :

Pour ce premier France, les évènements ont fait que je me suis occupé de l’organisation de ce déplacement au niveau du club… Et alors que nous ne devions être qu’une poignée au début, nous nous retrouvons finalement une bonne quinzaine sur cet évènement. Autant dire que l’organisation ne fut pas forcément simple à mettre en place avec les nouveaux engagés à intégrer, les désistements, les logements, les vérifications de qualif, les décryptages de règlements, … et comme ce France se déroule en tout début de saison, il a aussi fallu vérifier les mises à jour des licences et faire avec quelques mutations… Bref, ça m’a bien occupé.

 

Nous arrivons sur Gap le samedi après-midi et retirons assez rapidement nos dossards. Au salon, c’est l’occasion de discuter un peu avec Nico et quelques autres « élites » qui devraient animer la course du lendemain.

 

Puis, nous prenons possession de nos mobil-home, dans un camping à l’entrée de Gap. Rien à dire, nous serons bien logés (Camping Alpes Dauphiné, je vous le conseille). L’installation est très conviviale mais il est temps de se mettre à table. Là, première erreur, je mange un peu trop… et du coup, au coucher, je me sens déjà ballonné. J’arrive toutefois à bien dormir en espérant que ça passera dans la nuit.

 

Mais au réveil, je me sens toujours un peu « gonflé ». Rien d’affolant, je me dis que ça passera avec le début de course… Nous nous rendons dans Gap pour le départ.

Une fois sur la place du départ, nous faisons un mini échauffement en équipe avec Sophie, Michel et Damien. Puis il est temps de prendre place dans notre sas « championnat de France ».

 

La course est lancée et curieusement, je trouve que ça ne part pas trop vite. Je me fais toutefois un peu enfermé au départ mais j’arrive à vite revenir à la hauteur de Damien.

Après quelques minutes, je comprends pourquoi la tête de course n’est pas parti très rapidement… on débute déjà à grimper, et vu le profil de la course, la montée s’annonce bien longue.

 

Les montées n’étant pas mon fort, et étant toujours un peu « brassé » au niveau du ventre, je calme mon allure et laisse filer Damien. Je n’hésite pas à marcher assez régulièrement, le but étant de s’économiser un peu. Je reste quelques kilomètres en compagnie Stéphanie Duc, mais elle s’éloignera petit à petit dans la pente.

 

Bientôt arrive le premier petit replat. Je déroule tranquillement et me sens plus à l’aise que dans la bosse. Sur cette portion, je me fais doubler par un seul coureur… mais quand je vois qu’il s’agit de Damien Vierdet (team Adidas), ça ne m’étonne pas vraiment.

 

Je passe au premier ravito et m’arrête quelques secondes pour boire un verre d’eau. Mais surprise, il s’agit d’eau gazeuse et pour le coup, ça m’accentue un peu mon mal de ventre. Dommage d’autant que voici déjà la suite de la grosse montée.

 

Sachant que cette montée sera bien longue et raide, je décide de l’aborder prudemment, quitte à perdre quelques places. Les maux de ventre se stabilisent. De temps en temps, je me retourne pour voir un peu le nombre de coureurs qui me rattrapent et aperçois Michel qui remonte peu à peu à ma hauteur. Il ne mettra pas bien longtemps pour revenir à ma hauteur et me dépasser. Il est vraiment plus à l’aise que moi dans cette portion.

 

Du coup, j’essaye de m’accrocher un peu à son rythme. Inconsciemment, je modifie considérablement ma gestion de course pour ne pas me faire distancer, ne voulant pas être le « 4e » homme de l’équipe. C’est assez bizarre et désagréable comme sensation, car je sens que je ne cours pas comme d’habitude. Mais ayant rajouté cette course à mon planning déjà chargé, dans le but d’intégrer l’équipe de l’EAG, j’essaye de faire en sorte d’intégrer l’équipe. Et cela passe par une place dans les 3 premiers hommes de l’équipe. Et avec Nico aux avant-postes et Damien qui semble bien parti, il faut que je m’accroche.

 

Je passe le premier sommet des fameuses « 3 bosses » avec une petite minute de retard sur Michel. Retard que je comble rapidement dans la descente suivante. Et dans la succession de bosse, le scénario est identique. Michel me distance facilement en montée et je refais mon retard en descente. Dans cette dernière ascension, je retrouve d’ailleurs Damien Vierdet.

 

Après une courte descente, nous voici sur un chemin roulant en faux plat montant qui nous mène au col de Gleize. Cette portion me permet de bien dérouler et de distancer petit à petit ceux qui m’accompagnent. Michel est une centaine de mètres devant et je fais la jonction juste avant d’arriver au ravitaillement.

Michel-et-R--my.jpg 

Au ravitaillement, je retrouve Jean qui m’indique que Damien est environ 3 minutes devant (je pensais qu’il aurait plus d’avance, vu mes mauvaises sensations et ce début de parcours plus à son avantage). Jean me fais l’échange de mes flasques, me propose quelques barres et m’encourage tandis que je repars. Quelques collègues de l’ALE sont aussi présents pour nous encourager.

 

Je suis reparti avant Michel, mais il me rejoint tandis que je ralenti en remettant mes flasques dans les poches ventrales. On discute un peu puis peu à peu je me détache. Cette portion roulante et descendante étant plus à mon avantage.

Je prends pas mal de plaisir dans ce passage un peu étroit, facile et très joli… même si je sens toujours que mon bide est douloureux et sensible.

Je ne gagne pas de place dans cette portion, mais j’ai creusé un écart non négligeable avec ceux qui me suivent… me voilà au ravitaillement de Rabiou.

Je m’y arrête brièvement pour boire un demi-verre.

 

La suite est plutôt montante, mais toujours roulant. Je me force à avancer sur un bon rythme, mais je ne me sens pas à l’aise…. Un peu comme affaibli alors que je ne ressens pas de fatigue musculaire… sensations étranges, surtout à ce stade de la course. Je mange un peu si des fois il s’agissait d’une petite hypo (ce que je ne pense pas car j’ai mangé régulièrement depuis le début, mais on ne sait jamais), mais mes soucis de bide s’accentuent un peu… Je commence à me demander si je ne vais être contraint à stopper quelques instants pour vomir…

 

Je passe le superbe passage vertigineux et un peu plus loin après la traversée du « couloir rocailleux », suite à une pause « technique », mes maux de ventre tendent à disparaître. Je poursuis un peu plus confiant en remontant le long de la rivière. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a de l’eau aujourd’hui, et l’on doit de temps en temps mettre les pieds (ou même les jambes) dans la rivière.

 

Je me sens à l’aise musculairement pour courir à une bonne allure mais je suis toujours freiné par ces problèmes d’estomac qui m’imposent de marcher régulièrement. Après une légère erreur de parcours qui m’a plongé dans la rivière (jusqu’aux genoux seulement), je remonte tant bien que mal le « mur » pour retrouver le bon sentier. Du coup, un coureur m’a repris et je repars avec lui. Cette progression à 2 confirme mes impressions : je suis en effet bien plus facile que lui lorsque je peux courir, mais il me reprend rapidement lorsque je se suis contraint de lever le pied… Rrrr, c’est frustrant.

 

Peu avant le ravito de Chaudins, le profil est assez roulant (léger faux-plat montant) et j’essaye de profiter de ce passage pour me remettre dans le rythme et limiter les « dégâts ».

Mais ce n’est  pas vraiment une brillante idée…puisque j’amplifie les nausées…

 

J’arrive au ravito et retrouve Jean (venu à pieds du col de Gleize). On échange des flasques pleines contre des vides et il me signale que Damien n’est pas loin devant, mais qu’il n’est pas au mieux. Je l’informe que moi non plus… Et je repars pour cette montée que je redoute… Pourtant, cette ascension n’est pas raide ni longue, mais c’est simple, aujourd’hui, en montée, je n’y arrive plus.

Je prends un rythme de marche, sans me soucier des autres coureurs qui me passent… Ce qui me rassure un peu, c’est que j’arrive aussi à doubler quelques coureurs. Comme quoi, la course est difficile pour beaucoup.

 

Un peu après le milieu de l’ascension, je reviens sur Damien. Effectivement, il n’est pas en grande forme et surtout moralement, il semble vraiment dans le dur. Je suis un peu inquiet pour sa cheville mais il m’explique que c’est un ensemble de choses (nausées, maux de ventre, hypo, …). Je le passe et j’essaye de le motiver à m’accrocher, mais sans résultat.

 

Peu après, je vois Michel qui revient lui aussi sur Damien. Aïe, je sais que Damien va prendre un gros coup au moral puisque cela signifie qu’il ne rentre plus dans l’équipe, alors qu’il était encore 2e du club il y a 5 min…

 

Michel, passe Damien et revient facilement à ma hauteur. Je passe en haut de la bosse avec une petite minute de retard sur Michel.

 

Le passage est à présent bien roulant et j’essaye de trottiner pour voir si ça passe. Et pour le moment c’est assez concluant. Je vois que je grignote un peu de temps et reviens peu à peu sur Michel est les coureurs qui me précèdent.

 

Après quelques minutes, je recolle puis dépasse Michel et quelques autres coureurs. Je reviens ensuite sur Christelle Dewalle, qui a longtemps menée la course femme.

 

Je me sens mieux, mais je sens que ce n’est que passager. Je sais que dès que j’attaquerai la montée au Pic de Gleize, je serai à nouveau scotché. Mais bon, pour le moment, j’en profite pour retrouver un peu de plaisir de course et grappiller quelques secondes.

 

Mais voilà bientôt l’ascension au fameux Pic, dernière difficulté. En principe, j’arrive à passer les dernières pentes avec le mental… à la « gniac ». Mais là, impossible. Je me sens comme lesté. Je monte comme je peux. Je ne suis pas le seul puisque je dépasse 2 coureurs dans ce début d’ascension.

 

Je me retourne et aperçois Michel qui entame cette montée. Je n’ai que 2’ d’avance.

 

La pente est vraiment raide, mais un peu plus loin, ça se calme un peu (mais bon ça monte quand même bien). Cela me permet d’être un peu moins lent. Comme prévu, Michel me dépose et s’envole vers le Pic. Il est vraiment à l’aise.

 

Dans les derniers lacets, juste avant d’accéder au chemin de crête, je suis subitement pris de violentes crampes. En général, je serre les dents et parviens à avancer, mais là, je suis contraint de me mettre au sol. Caroline Chavérot, 2e femme, me passe à vive allure, très déterminée (logique puisqu’elle court pour une médaille). Je perds une autre place  puis repars péniblement.

 

J’arrive au sommet avec 4’ de retard sur Michel (soit 6’ de perdues dans cette ascension d’environ 450m+…). Et j’essaye de profiter de cette descente pour retrouver un peu de jus et de jambes. J’aborde donc ce début de descente (relativement technique) avec un peu de prudence en me concentrant sur ma pose de pieds, sans chercher à aller trop vite.

Une fois le court passage technique passé, je déroule tranquillement pour retrouver un peu de vitesse, mais sans faire revenir les maux de ventre et nausées.

 

J’arrive au ravitaillement. Jean est une nouvelle fois présent et me remet une flasque pleine. Il m’indique que Michel est à 3-4 minutes, mais qu’ensuite les écarts sont trop importants pour que je puisse revenir.

 

Je quitte le col de Gleize. Et c’est parti pour une longue… longue descente.

 

Progressivement, j’essaye d’augmenter mon allure pour tenter de grapiller quelques secondes.

Après quelques minutes, j’aperçois Michel en contre-bas. Je poursuis mon effort et reviens à sa hauteur à environ 4km de l’arrivée.

 

J’hésite entre finir avec lui, ou bien continuer à mon rythme pour tenter de gagner encore 1 ou 2 places. J’opte finalement pour la seconde option, en me disant que par rapport à l’équipe, on ne sait pas trop si les écarts seront serrés ou pas entre les équipes.

 

Un peu plus loin, je dépasse à présent Caroline Chavérot. Puis, à moins d’1 km de l’arrivée, je recolle à un coureur. On décide alors de finir ensemble et nous franchissons la ligne à la 38e place. (32e pour le classement des championnats de France)

 

Michel arrive quelques minutes plus tard. J’appelle Jean et prends alors des nouvelles de Damien, mais malheureusement Damien ne finira pas la course.

 

Quelques heures plus tard, c’est la remise des prix. Notre équipe de l’EAG termine 1er club grâce à la 5e place de Nico, ma 32e place, la 34e de Michel et la 59e de Sophie. Mais il s’en est fallu de peu puisque la 2e équipe échoue à 8 minutes seulement !!!

DSC09194.jpg

 

Points positifs : Bien sûr le titre de champion de France par équipe. C’est vraiment une belle cerise pour ce weekend !

Mais le principal point positif de ce rendez-vous aura été la superbe ambiance de tout le weekend au sein des membres du club. Nous étions assez nombreux du club (une quinzaine) et l’on s’est bien éclaté. Et en plus les résultats ont été plus que bons : vainqueur par équipe trail court et long, et vainqueurs individuel trail-court homme, trail-court femme, trail-court espoir....

Vivement le prochain déplacement !

 

Points négatifs : Outre le résultat satisfaisant puisque je visais un Top50 voire un Top40, je suis assez déçu de ma course et de son déroulement. Longtemps handicapé par des maux de ventre, j’ai rarement pris du plaisir sur ce parcours pourtant sublime. En plus des maux de ventre et des nausées, l’enchainement des difficultés ne me convenait pas spécialement (beaucoup de dénivelé au début, puis plus roulant par la suite). Aussi, ma gestion d’effort a été faussée par ce classement par équipe, puisque je me suis trop concentré à essayer de ne pas être le 4e homme du club… bref, un sentiment assez désagréable et peu habituel pour moi de ne pas courir pour soi, mais par rapport aux autres…

Et l'autre point négatif, c'est bien sûr de ne pas partager ce titre avec Damien... ce sera pour la prochaine fois, j'espère !

 

Remerciement : Un grand merci à Jean pour son soutien et son assistance sur le parcours. En plus de me faire super plaisir, ça m’a bien aidé ! Merci.

Fabien 29/10/2013 21:38

Bonjour,

Moi il y a un truc qui m'impressionne, c'est que tu arrives à repartir (ou continuer) avec des nausées... Quand ça me prends c'est foutu pour moi (hyperventilation, impossible d'avaler quoi que ce
soit -> fatigue) et j'emplafonne mes prévisions.

Un conseil ?

Merci et bravo en tout cas

Rémy 07/11/2013 09:10



Bonjour Fabien.


J'ai souvent eu des problèmes de nausées (en général, surtout lorsqu'il fait chaud), mais cela ne fait que 2-3 ans que j'arrive à pas mal les gérer. En ayant une alimentation un peu plus stricte
avant la course et une gestion de l'effort très à l'écoute de mes problèmes, j'arrive à peu près à m'en sortir.


En fait à Gap, j'ai senti assez rapidement que j'avais des soucis gastriques et des nausées. Du coup, j'ai adapté mon allure... Si j'avais davantage forcé, c'est clair que les nausées auraient
été trop fortes et que j'aurai dû m'arrêter.


Là, j'ai été assez attentif à mon état et réduisant sensiblement mon allure dès que j'avais un doute. Heureusement, ça a tenu jusqu'au bout.


Souvent (bon là je ne pouvais pas), ce qui marche bien, c'est de se rafraîchir abondamment le visage, la tête, ... (rivière, fontaine, ...)


Bon sourage.



Le blog de 3D Trail -  Hébergé par Overblog