Rencontre avec...Catherine POLETTI

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Une grande Dame a la gentillesse de répondre aux questions de 3Dtrail cette semaine. C'est l'une des personnes à l'origine de la course la plus réputée et la plus "médiatisée" de la planète trail. Cette Dame, c'est Catherine.Avec son mari, Michel,  elle pilote une équipe gérant la grosse machine "UTMB". Mais, elle reste accessible et "vraie". Dans la tourmente l'année dernière avec le repport de la grande course pour cause de météo désastreuse, elle a tenu haut la barre et, cette année encore, L'UTMB sera l'un des évènements incontournables de l'ultra.  Comment Catherine s'est retrouvée au coeur de cet évènement, quelles sont les évolutions pour cette année et les années à venir ? Elle répond à nos questions.  Merci Catherine, on espère te faire la bise à l'arrivée de l'UTMB cette année !

 

 

 

 

 

Bonjour Catherine, merci de prendre le temps de répondre aux questions de 3Dtrail. La première question qui vient à l'esprit c'est :

 

Comment tu t'es retrouvée au cœur de la planète "trail" ?


Au départ c’est une histoire de passion, de mode de vie, d’aventure... et d’amitié. Michel et moi, en 32 ans de mariage, avons toujours tout fait ensemble, sans pour autant que l’un soit aliéné à l’autre. Bien sur cela nous amène à nous "crêper le chignon" régulièrement, mais partageant les mêmes valeurs, en particulier de respect de l’autre, on s’en sort ;-)

Nous attachons une grande importance à la vie amicale et sociale. Cela nous amène à partager beaucoup avec les amis, à avoir des groupes de copains divers... C’est ainsi qu’en 1987 nous avons démarré notre aventure d’organisateurs dans un groupe de 5, qui n’avaient pas froid aux yeux, attirés par l’aventure en créant les 1ers Internationaux de parapente à Chamonix... 3 ans plus tard ne trouvant plus d’affinité avec le milieu, nous avons choisi d’autres activités. Michel, skieur de fond depuis sa jeunesse, m’a entraîné dans l’aventure en mêlant, tourisme, gdes courses et voyage entre copains... Naturellement, le rêve partagé était de participer un jour à la Vasaloppett, la course à laquelle tout fondeur rêve de participer un jour...

Les Fondeurs français, n’ayant pas de neige l’été, il est naturel de faire de la course à pied l’été pour ne pas perdre la forme... Puis, nous avons commencé à découvrir cette autre manière de voyager, de visiter des endroits "hors des sentiers battus", authentiques et magnifiques... Nous avons découvert ainsi l’Aubrac, les Pyrénées (vers Foix), l’arrière pays niçois, l’Estérel, l’Ardèche, les Causses...

Ayant subit pour cause de maladie des os, (􏰀 une prothèse de hanche précoce 􏰁 ), j’ai appris à organiser ma vie avec les paramêtres dont je dispose... C’est ainsi, que j’ai découvert la vie associative en étant bénévole sur d’autres courses (marathons, trails, ski de fond...) pour participer comme je le pouvais à des évènements qui me plaisaient,

et c’est aussi ainsi que j’ai découvert qu’à coté de la course elle-même il y avait une autre population que les coureurs... les accompagnants ! On se connaissait bien, ce circuit parallèle était aussi convivial que celui des coureurs, je dirais même que nous connaissions mieux les gens que les coureurs eux-même


 


Comment se retrouve-t-on parmi les cadres d'un événement comme l'Ultra-Trail du Mont-Blanc® ?

En le créant☺☺☺!

 


 

L'organisation de l'UTMB® demande un travail colossal. Celui-ci est épaulé par des permanents et une équipe très dynamique. Peux-tu nous en dire deux mots ?


Au début, j’étais seule, puis Michel m’a rejoint car je n’y arrivais plus, puis,... nous avons recruté via des stages de fin d’étude 2 personnes supplémentaires. Nous préférons rester une petite équipe permanente, cela permet de ne pas perdre le contact avec la réalité ! Nous sommes aussi entourés de prestataires pour certains points nécessitant une garantie de résultat ou une prise de responsabilité spécifique comme la sécurité par exemple !

 

 

 


Le Trail évolue, les éditions s'enchaînent et les coureurs ont d'autres exigences. Sens-tu un changement dans la pratique du trail au fil des années ?


Oui, sur les 2 ou 3 premières années nous avons connu un public de "purs". A nous de garder l’"esprit" en continuant de proposer une aventure et pas un voyage organisé dans lequel la météo, "finir la course", "avoir une veste finisher", "être soigné pour finir coute que coute"... font partie d’un "package" que l’on peut acheter !

Petit à petit, The North Face® Ultra-Trail du Mont-Blanc® devenant de plus en plus populaire à travers le monde, nous avons vu arriver 2 catégories de coureurs différents : Ceux qui venaient d’autres sports (Triathlon, marathon, vélo, ski de fond, ...) ou bien ceux qui pour des raisons plus personnelles avaient besoin de se poser un challenge en venant spécifiquement pour participer à cette course sans en faire d’autres... Ces derniers sont un peu plus compliqué à gérer car chacun est persuadé que sa raison de participer est plus importante que celles des autres d’une part, et ils peuvent être un public plus consommateur ;-)

 

 

 


Pour participer aux épreuves, il faut se qualifier par un système de points ( acquis lors de courses dans les 2 années précédentes). Penses-tu que ce système permet à chacun de trouver "la course qui va à son pied" ?


L’origine de cette règle était plus pour s’en sortir avec le trop grand nombre de candidats. En second lieu, il s’est avéré intéressant du point de vue de la sécurité d’avoir des coureurs mieux aguerris... En effet, la notoriété de la course fait perdre à chacun sa lucidité, au point qu’on avait des coureurs qui n’ayant jamais fait de course de plus de 50 km qui ne pouvaient envisager de participer à la CCC® qu’ils appelaient "la petite", tout cela pour abandonner au 30ème km... Nous trouvions injuste que ces personnes puissent engorger la course et qu’il n’y ait plus de place pour ceux qui pratiquant la discipline du Trail avaient toutel’expérience requise ! Tant qu’à être obligés de sélectionner, ce moyen nous a paru moins mauvais que les autres.

 

 

 

 


Le tirage au sort cette année n'a pas permis de satisfaire tout le monde sur la CCC® et l'UTMB®. Certains ont basculé sur la TDS, complète aussi rapidement. J'imagine que cela ne doit pas être simple de satisfaire tout le monde ?


Je crois qu’il est même impossible de satisfaire tout le monde... alors on s’en réfère à nos convictions et les lignes de conduites auxquelles nous croyons.

 

 

 

 


L'édition 2010 a été chahutée par la météo capricieuse. Malgré cela, vous avez réussi à proposer une version raccourcie de la TDS et de L'UTMB®. Avec le recul, c'était le bon choix ?


Pour ma part, il était insupportable d’imaginer tous ces coureurs, bénévoles et habitants locaux errer dans la ville par beau temps le samedi et le dimanche. En effet, les prévisions météo étaient claires, la perturbation s’échappait à partir du samedi en milieu de journée. En même temps, cela remets le choses à leur place :

Comme toute activité outdoor le risque météo est inhérent à l’activité elle même (sinon il faut choisir une activité en salle)

Quelque soit la notoriété de la course on est tous égaux face à la force de la nature (montagne, mer, désert, ... sont très similaires pour cela)

Nous ne proposons pas un voyage organisé, mais une aventure pour chacun (bénévole ou coureur) et cela nous mets en devoir de trouver toutes les solutions compatibles avec la sécurité de chacun pour proposer une aventure

Notre devise "explorez vos limites" va dans ce sens... D’une part il y a des limites et d’autre part nous ne sommes pas là pour les faire dépasser.

 

 

 

 


Pour cette édition 2011, y aura t'il des nouveautés ?


La principale nouveauté de l’édition 2011 concerne la TDS. Son départ est avancé au jeudi matin pour ne jamais avoir 3 courses en même temps... Nous en avons aussi modifié le parcours pour le rendre plus attractif et original, une vraie alternative à l’UTMB® pour ceux qui ne souhaitent pas forcément centrer toute leur saison sur la fin août autour du Mont-Blanc.

Une 2ème nouveauté concerne la petite trotte à Léon : Pour pouvoir continuer d’explorer de nouveaux chemins autour du Mont-Blanc, nous avançons le départ de 24 :00 (départ lundi 22h du centre de Chamonix). Cela nous permets d’augmenter la distance à environ 300km et 22000 m de dénivelés. Ce n’est pas vraiment une nouveauté mais plus un retour en arrière : nous revenons à une vérification stricte du matériel obligatoire avant de remettre le dossard.

 

 

 

 


Le plateau de traileurs présent sur l'UTMB® cette année est très impressionnant. Ce sera certainement la course la plus relevée au monde dans le domaine de l'ultra. Cela ne doit pas être simple de gérer un événement qui met sur la même ligne de départ des athlètes de haut niveau et des traileurs dont les finalités ne sont pas les mêmes ?


Aucun problème, il suffit d’appliquer les mêmes règles du jeu à tous Si, si... ce sont les mêmes règles pour tous et je dirais même que parfois l’élite est encore plus surveillée (matériel obligatoire sur le terrain, assistance sauvage, ...) Comme dans les grandes courses populaires de ski de fond il y a l’élite devant et tous les autres ensuite... Chacun y trouve son compte et ce qu’il est venu y chercher...

Aucun coureur n’est invité ou payé pour participer, il n’y a pas de chèque à l’arrivée􏰀la très grande majorité vient pour faire une course et avoir la possibilité de rencontrer un maximum de coureurs du monde entier.

 

 

 

 


Chez les 3dtrails, on sera 2 au départ de l'UTMB®. Un autre sera bénévole et le 4ème sera là pour l'assistance. C'est un peu cela l'UTMB®, il y a les coureurs, les bénévoles et les spectateurs. Une mayonnaise qui prend depuis des années ! Quel est le secret de la recette ?


Considérer que l’événement n’existe que grace à la diversité des populations qui le constituent : coureurs (élite ET coureurs lambda), bénévoles, accompagnants, habitants locaux, partenaires, responsables des communes... Chacun a sa place et son absence créerait un déséquilibre. En fait le trail est une discipline qui est ancrée dans le pays où il se situe. Le pays c’est plus qu’une notion simplement géographique, c’est aussi les gens qui le constituent avec leurs "us et coutumes"...

Il me semble que les coureurs et leurs familles recherchent cette authenticité et cette notion de découverte d’un pays, d’une région, d’un endroit. Une façon de faire du tourisme sportif ?!

 

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  UTMB 2010 (course de repli) : Catherine à l'arrivée de Rémy (26e)

 

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 UTMB 2008 : Catherine et Michel à l'arrivée de Christophe (204e) 

 

 

 


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Nicolas 05/04/2011 08:14


Superbe interview avec de belles photos bravo.......


Rémy 05/04/2011 09:29



Salut Nicolas,


cet été, tu auras la même photo


A bientôt.


 



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