Grand Raid 73 2012 : Récit de Christophe

Bon, il est temps de faire un petit récit de cette aventure qu'est le Grand Raid 73 ! Aventure oui, car il fallait les bouffer ces 73kms et 5200+ !!! Quelques jours avant la course, je me dis que ça va être chaud tout de même, mes entrainements sont bons certes, mais je n'ai encore réalisé un volume suffisant pour aborder au mieux la course, et surtout le D+ !!! Donc l'objectif est simple : être raisonnable pour aller au bout, estimation entre 12 et 14H. Et le pire, c'est que je n'ai pas trop étudié le profil...

 

La veille et la nuit de la course sont pourries, archi pourries, avec de la pluie, des orages, de la pluie, de la pluie. Pfff, ce n'est pas très encourageant, surtout pendant le trajet où les éclairs illuminent Belledonne. J'arrive à Cruet vers 3H45 (et oui, on l'aime le trail à cette heure matinale ;)) et le temps est annoncé au beau, ouf ! Je retrouve vite le sanglier de Belledonne, Guillaume B., en très grande forme en ce moment. A Tiranges, il n'a pas cueilli les champignons et aujourd'hui, ça ne sera pas le cas non plus. Il me présente son pote corse, Jean-Christophe, collègue de ses excapades hivernales à ski, mais aussi Jujutrail, un Hoka Boy de la région lyonnaise

P1010568(4 stars prêts à en découdre avec notamment David Uliana sur la gauche)

 

Il est temps de se placer aux avant-postes sur la ligne de départ. J'ai chaussé manchettes et frontale, grossière erreur, ça ne servira à rien, on y voit suffisamment et il fait déjà 17° ! Bing, c'est parti. Devant, Frédéric Fuss file déjà vers la victoire. Derrière c'est plus cool et je reste en compagnie de Jean-Christophe pour papoter un peu de trail bien sur ;) C'est cool, on se verra aussi sur l'UTMB. Au bout de 15', on s'égare déjà dans les vignes et il faut grimper 30+ pour retrouver le bon chemin et le peloton. Il est temps d'attaquer la première montée à la Roche du Guet. Jean-Christophe a un bon rythme, les restes de la Pierra Menta surement, je le suis sans trop me mettre dans le rouge. On double un peu, je m'accroche sans trop en faire non plus

P1010570(on approche du sommet)

 

Sur la fin, je le laisse filer, pour ranger manchettes et frontale, mais aussi pour un petit pipi. Au sommet, la vue est splendide avec le lever du soleil. On attaque une courte descente, l'occasion déjà de me prendre une belle gamelle à cause d'une racine mal placée par l'organisation ;). En fait, je ne me sens pas trop à l'aise, les sentiers sont peu techniques, plutôt ludiques mais encore un peu humides. Avec mes chaussures un peu usées, j'ai tendance à un peu zipper ! Après une courte descente, on remonte déjà, heureusement, je suis plus à l'aide en montée et je reprends tous ceux qui m'ont doublé pendant ma pause technique.

P1010571(c'est beau le lever du jour, mais c'est un peu flou)

 

2-3 petites montées, 2-3 petites descentes, la dernière est bien glissante dans l'herbe et je perds beaucoup de temps. On rejoint la route, je n'ai déjà plus trop de jus alors qu'on n'a même pas atteint 20kms, mais déjà pas loin de 1500+ ! Je m'accroche et j'arrive au ravito de la Thuile dans la petite école. Je fais le plein, mange quelques quartiers d'orange et c'est reparti. On rejoint un petit hameau par la route et la longue, très longue montée vers le PIc de la Sauge, débute  entrecoupée de quelques courtes descente bien roulantes.

P1010572(ça, c'est la Chartreuse !)

 

Là aussi, je suis plutot bien en montée même si sur la fin, je commence à marquer le pas. Le pic passé, on bascule dans une prairie où on aperçoit la prochaine étape, la Pointe de la Galoppaz. Ce n'est pas très amusant car on voit distinctement les coureurs qui grimpent là-haut et surtout ceux qui en descendent à seulement 200m de nous ! Bon, le soleil sort, je prends une foulée régulière et cette petite difficulté passe. Le début de la descente est raide, je me flingue un peu les cuisses puis on retrouve un chemin plus à ma portée. Un point d'eau est idéalement placé car ma gourde était à vide et je continue mon chemin. Les montagnes russes continuent tant bien que mal, on se rapproche du ravito et ça va un peu mieux. Une fontaine dans un hameau me tente bienpour un plongeon.

P1010574(et là les Bauges, c'est chouette aussi ;))

 

Le ravito des Aillons est là (on m'annonce 45ième) et très encombré, il y a du monde ! Et la plupart des coureurs sont bien mal en point. Moi je continue ma cure d'oranges. Le moral est meilleur, je suis décidé à continuer et je repars avec 2 autres coureurs pour prendre le bon wagon. Rapidement, on se fait doubler par un champion du 100kms, Jean-Jacques Moros, sa foulée m'impressionne ! On trottine jusqu'au départ de la grosse montée. Et là, les choses sérieuses commencent ! La montée est longue, très longue, trop longue. Je remarque vite que je viens de casser un lacet, zut, ça risque d'être gênant. En fait, on grimpe très peu, la pente est peu soutenue et le chemin est interminable.

P1010575(no comment)

 

Pendant quelques minutes, je rejoins David Uliana, un autre champion de la région lyonnaise, en plein coup de mou... mais bon ça ne dure pas et il s'éloigne à nouveau. Moi ça fait longtemps que mes 2 compères m'ont laché. Je sens aussi le coup de mou arriver, je m'assois sur un caillou pour reprendre mes esprits, manger, boire, faire le point. Finalement, le lacet cassé n'est pas dérangeant, mon footpod le maintient en place ! 5' plus tard, je repars et je débouche assez vite de la forêt, ouch c'est dur, on voit le Colombier et c'est encore bien haut. Je gère comme je peux la montée au Col de la Cochette puis la montée très très raide le long du vide au Colombier. Y'a du gaz mais c'est chouette ! Je fais des pauses assez souvent mais petit à petit je reviens sur un groupe de 3-4 coureurs, c'est un peu rassurant.

P1010577(argh, c'est raide ce passage !)

 

Ouf, c'est le sommet et Jujutrail est là, complètement explosé et en pleine divagation. Ah il a voulu suivre un sanglier et a pris un coup de chaud, dommage. Un petit verre de coca et je file dans la descente, tout en gestion (autrement dit en marchant). Je récupère le chemin, repasse au Col de la Cochette (ah ah, moi je suis déjà monté là-haut) et je bascule dans une descente large et peu technique. Ca va un peu mieux, je rattrape un coureur, mais m'arrête à une source pour faire le plein. On attaque la montée au Mont Pelat avec des petits singles bien sympa. je me surprends à être bien, à relancer plus souvent... la forme est revenue.

P1010576(no comment bis)

 

Je double 1 coureur, 1 autre coureur, encore 1, et encore 1,... punaise, la frite est revenue. Justement, il y a encore une bonne bosse pour arriver au Mont Pelat et son ravito... avec des frites et du poulet au menu !!!! du jamais vu pour moi en trail !!!! Je me contente d'oranges et sans trop trainer, je bascule dans la descente sur une piste de ski... sans neige ;) La descente est usante et j'ai du mal à courir. Heureusement, elle est courte et on recommence vite la dernière montée vers le Mont Charvet. Je reprends un bon rythme et le sommet est finalement très vite atteint.

P1010578(la fin approche)

 

Ah, plus que 8kms de descente ! Les signaleurs m'annoncent une descente technique. Mais j'ai hate d'en finir. Je lache les chevaux et dévale la pente (c'est une façon de parler pour moi ;)). Le dernier ravito est là, je ne m'attarde pas malgré la bonne ambiance. Je reprends mon rythme, les cuisses chauffent pas mal. Finalement, je rejoins la route, un village, un dernier chemin et Cruet, enfin. Les derniers rues sont un peu longues, l'arrivée est là... 12H28'... cerise sur le gateau, je passe sous les 12H30' avec une excellente 24ième place au final 

P1010582(à la fin, seuls les gros bras restent...)

 

Avec ce bon finish sur les 20 derniers kms, c'est la satisfaction qui prime tout d'abord à l'arrivée ! Et puis, il fait toujours aussi beau et chaud. La fin de l'après midi sera très agréable, très détendue, avec plein de discussions avec Guillaume, Jean-Christophe, mais aussi Jujutrail qui est redescendu de sa montagne, David Uliana, Jean-Claude Banfi... le Grand Raid 73, une bien belle aventure... mais bien difficile aussi ;)

 

Les points positifs :

- Une jolie course avec de beaux panoramas et une bonne météo

- Une bonne gestion de course, un mental qui m'a permis de ne rien lacher et d'aller au bout

- Plein de rencontres de traileurs

- L'Opinel du finisher !

 

Les points négatifs :

- Il va falloir encore beaucoup s'entrainer pour l'UTMB car j'en ai quand même bien baver pendant 35kms et avec tout ce D+

- Ca fait longtemps que je n'avais pas été aussi mauvais en descente (sauf la descente finale)

natolim 02/04/2013 15:42

Récit très sympa, bravo pour ta perf', même si j'arrive un peu tard pour le dire :)

Christophe 02/04/2013 21:12



Merci !


C'est une course très dure, mais à découvrir ;)



Manu 10/06/2012 10:03

Bravo Christophe !!
Finalement, le coup de mou au 20ème aura servi pour la fin de course et retrouver du jus.
Je me servirais de ton récit du grand raid 73 ( mais aussi de notre expérience sur le TOE 2011 ) pour ma prochaine course sur l'Ice trail Tarentaise ( 65km et 5000d+ ) inscription faite cette
semaine. Je serais aussi à court de dénivelé et aussi en retour de vacances mais....la gestion de départ sera primordiale comme sur ton grand raid.
Encore bravo, une belle 24ème place.

Christophe 10/06/2012 21:55



Merci Manu !


On suivra ta course de près, car elle s'annonce difficile, mais surtout très jolie.


Comme tu l'as dit, à notre niveau, c'est la gestion qui compte le plus ;)


A bientôt sur les chemins



Le blog de 3D Trail -  Hébergé par Overblog