Aravis Trail 2011 : récit de Christophe

Je voyais l'Aravis Trail comme une prépa parfaite pour l'UTMB. Mais voilà, le tirage au sort est passé par là et l'UTMB est tombé à l'eau. Et puis, le TOE est arrivé avec ses 180kms et 12000+ fin juillet ! Autant dire que faire l'Aravis Trail un petit mois plus tôt était risqué. Pendant l'élaboration de mon planning, je doute donc, hésite à me rabattre sur une course plus abordable et moins fatiguante. Mais Damien me convaint d'y aller avec lui : allez, soyons fou, je décide de prendre la course comme un week-end choc ;) Ca me permettra de travailler endurance, fatigue et surtout mental ! Il ne faut donc pas se tromper d'objectif : faire du volume et non une perf...

La semaine précédant la course, je suis fatigué. Ce n'est pas bon signe et un peu stressant. Pour le week-end, nos amis Guillaume Bernard et le nantais Christophe Dieval nous accompagnent, ça promet d'être convivial ! Nous voilà donc partis en covoiturage commun le vendredi soir, direction Thônes, pour retirer le dossard et écouter d'une oreille distraite un briefing assez inquiètant... Puis il est temps d'aller prendre nos quartiers dans un gite fort accueillant, à seulement 300m du départ. Le repas se fera tranquillement sur la terrasse avec les montagnes en toile de fond.

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Etape 1 : Samedi 7H, 36kms et 3000+
Le week-end démarre fort avec une étape très montagneuse, avec au programme 2 grosses montées de 1200+ (Talamarche) et de 1500+ (Tournette). Ca va, on ne part pas trop tôt, on a le temps de passer une bonne nuit, de se lever à une heure correcte. On est environ 250 au départ, dont la moitié faisant le challenge, et ça part plutôt tranquillement à mon gout. Je pars vraiment cool car ce n'est que le début ;) Après 3kms de route et chemins plutôt descendants, on attaque enfin la première grosse montée : un peu raide, mais pas technique et dans un bois. Je monte à mon rythme, sans me soucier des gens qui doublent et forcent déjà comme des boeufs.

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Peu à peu, on sort du bois pour s'offrir un magnifique panorama. Je calque mon rythme sur celui de Bénédicte Paturel, rythme qui me convient très bien. Mais bon, je dois prendre trop de photos et je décroche peu à peu... Une bénévole me propose de me prendre en photo, ouais mais bon, elle loupe un peu le point de vue ;)

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Sans toto, ça donne ça :

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La pointe de Talamarche est atteinte en 1H36 avec un superbe point de vue sur le Lac d'Annecy.

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On file de suite dans la descente, un poil technique car profil "chemins à vaches", les sensations sont tout de suite bien moyennes. Je gère beaucoup car je ne suis pas trop à l'aise. Après une légère remontée, on rebascule dans une descente, plus franche, la fin étant même très traumatisante car très très raide. Juste avant le ravito, je loupe une bifurcation et je dois faire demi-tour au bout de 300m pour refaire 50+ dans le sens inverse. J'arrive dans un état très très moyen au ravito (en 2H20', 2' d'arrêt) et un peu désabusé par cette descente, mes sensations et cette erreur. Je dois être environ 100ième... et on repart pour le gros morceau : la Tournette et ses 1500+ !

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Tout de suite, je me mets en mode "marche régulière et active". Ca paie car je récupère vite fait les 3-4 personnes qui m'ont doublé suite à mon erreur. On commence par une longue portion en forêt, peu pentue avec de nombreux lacets. Je ne préfère pas courir, mais marcher en rythme. De temps en temps, je double des coureurs, ça me rassure, on traverse aussi quelques cascades glissantes. Ma remontée continue tranquillement, 1 coureur par ci, 1 coureur par là, on sort du bois peu à peu pour être écrasé par le soleil de plomb ! Le col des Frêtes est passé et propose un chemin de crêtes très aérien !!! Puis on entre dans un paysage plus minéral pour affronter la dernière portion de la Tournette.

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Il commence à faire chaud, ça explose de tous les côtés ! J'arrive à maintenir un rythme correct, merci à la petite brise fraiche ;) Maintenant, je double régulièrement des coureurs en perdition ou déjà bien fatigués, dont Yannick Navarro, une coureuse fort sympathique.

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Le sommet est atteint en 4H18', je dois être 70ième maintenant ! La montée m'a bien rassuré et m'a gonflé le moral. Mais bon, le début de la descente est très très chaotique et accidenté, avec de nombreuses chèvres sur le sentier pour couronner le tout ! Je passe tranquillement puis file dans l'alpage ou nous attend un point d'eau salvateur. La suite propose de nombreuses relances sur des sentiers typiques de montagne, je suis à l'aise et plus en forme, j'arrive à courir régulièrement. Certains passages sont plus caillouteux, mais rien de méchant. Sur cette portion, je double encore quelques coureurs, c'est encourageant. Mais bon, je frise la correctionnelle en me tordant 2-3 fois la cheville, je reste donc prudent et surtout attentif.

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Le refuge de Rosairy passé, on attaque la dernière descente. Cette fois, ça va mieux, je suis plus à l'aise musculairement dans la descente. Les écarts commencent à se faire et il faut attendre la toute fin de la descente sur la route pour que je rattrape un compagnon, le n°32. La fin est un peu longuette le long du Fier, mais j'arrive à relancer pas mal, mon collègue s'accrochant. On se permet même de doubler encore 5-6 coureurs sur la fin. La ligne d'arrivée est franchie en 6H15 en 57ième position.

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Après une première descente difficile, je suis très satisfait de ma course et de mon temps : étape bien gérée, je ne pense pas avoir trop laissé de plumes dans l'affaire ;) La gagne se joue en 4H29, Damien réalise 5H30', Guillaume 5H40' et Christophe D. 5H59'. Le reste de l'après-midi sera très cool, avec du repos au gite uniquement.

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Etape 2 : Samedi 20H, 17kms et 780+
Dur dur de se remotiver le soir pour repartir. Après une petite collation vers 18H, il est déjà temps de remettre la tenue de combat et de retourner vers la ligne de départ. Il fait encore très très chaud, il va falloir les faire ces 17kms et certains zigotos qui ne font que cette étape sont chauds-bouillants et s'excitent dans tous les sens. Cette fois, on est plus nombreux, pas loin de 300 je pense, et je décide de partir sans bâtons (ce sera un bon choix car il n'aurait pas beaucoup servi). L'église du village sonne 20H, tous les coureurs s'élancent.... très très rapidement ! Et oui, je trouve que le rythme est bien plus élevé que le matin alors que je voulais me préserver un peu. Il faut dire aussi qu'avec les copains, on s'était plutôt placé devant, c'est pas plus mal car le chemin se rétrécit souvent et cela permet de ne pas perdre trop de temps dans les ralentissements.

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Ouf, on marche enfin un peu dans cette route en côte qui nous mène à Bois du Mont. Je me retrouve encore avec Bénédicte Paturel et Yannick Navarro qui se tirrent la bourre. La descente est vite là et elle est très ludique, je me lâche donc un peu. Une petite relance avant le village et on passe une première fois sur la ligne d'arrivée en 47' dans la liesse populaire ;) Je trottine un peu le long de la route qui nous mène à la 2ième côte, celle-ci est peu pentue mais je préfère la faire en marchant. Petite descente, puis on arrive à une côté bien raide en forêt : je suis à l'aise et je double quelques concurrents. Mais voilà, après la descente, je commence à fatiguer. Il faut relancer un peu pour aborder une nouvelle fois "Bois du Mont" et ça devient dur. Heureusement, la montée est plus courte que prévue et on bascule très vite sur Thônes et un 2ième passage sur la ligne d'arrivée en 1H41'.

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Dernière difficulté : l'Oratoire. Je monte bien et j'en profite pour sortir la frontale du sac car il fait sombre dans la forêt. La montée se fait sans soucis avec quelques places de gagnées puis je descends tout aussi tranquillement pour me préserver. Mais voilà, à 300m de l'arrivée, tout un groupe de 7-8 coureurs du samedi soir déboule derrière pour un sprint furieux, je leur laisse la gloire et termine tranquillement 63ième en 1H59'.
La gagne se joue en 1H24, Damien réalise 1H47', Guillaume 1H50' et Christophe D. 1H49'. Cette fois par contre, j'ai la très nette impression d'y avoir laissé de l'énergie, le rythme étant un peu élevé au départ. Allez, il faut vite aller manger puis se coucher, la nuit sera courte, très courte !

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Etape 3 : Dimanche 5H, 57kms et 2950+
4H plus tard, le réveil est ultra matinal et donc difficile. Tout le monde est fatigué et manque de motivation. On mange ce qu'on peut et on s'habille tant bien que mal et il faut déjà filer sur la ligne de départ avec 200 autres coureurs environ. Les visages sont un peu plus fermés que la veille, surtout pour ceux qui font le challenge. Cette fois, on part vraiment cool-cool... Ca me permet de rester sur les 3kms de faux-plat descendants avec mes compères, voire de dépasser Damien pour la première fois de ma vie de traileur quand il doit s'arrêter quelques secondes pour une pause technique. C'est aussi l'occasion d'une bonne rigolade quand Guillaume remarque que Damien était tellement dans le pâté au réveil qu'il n'a mis qu'un bas de compression ! Ca lui fait un sacré look ;)

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Allez, je décroche vite et je les laisse filer, j'ai les jambes lourdes, un peu mal au ventre et l'objectif reste de finir en un seul morceau. C'est impressionnant car les écarts vont très vite se faire au départ. Je reste notamment quelques minutes avec Stelve Ramanick, un excellent coureur de la Martinique (vainqueur du Royal Raid il y a quelques semaines), mais qui souffre beaucoup pendant ce week-end. On court pas mal en ce début de course, avec pas mal de petites relances dans le bois. Puis il est temps de marcher sur la route. Stelve décroche, je ne le reverrai plus. La montée est régulière, je suis toujours peu à l'aise et on me double de temps en temps jusqu'au Col de la Buffaz et son panorama magnifique.

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Après une relance d'un petit kilomètre, l'ascension se poursuit jusqu'au Pas du Loup, un alpage avec de superbes maisons en pierres. Je me sens fatigué bien sûr, j'assure donc dans la descente, surtout qu'elle est pleine de pierres et de racines !

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Certains chemins sont bien humides, on traverse même une petite rivière avant d'arrivée au premier ravito en 3H12' (arrêt 4'). Là, on m'indique que Damien a mal aux cannes (normal moi aussi), Christophe D. a l'air pas mal (il a une grosse expérience de l'ultra le bougre), Guillaume a mal aux pieds (normal moi aussi). Moi je suis déjà dans le dur mais je repars quand même et trottine les 2 kilomètres suivants en légère descente.

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Une nouvelle ascension commence, je me remets vite à marcher bien sûr ;) Mais bon, je remonte enfin quelques concurrents. Il faut dire aussi que le soleil commence à cogner très très fort. Comme d'habitude, la montée se fait tranquillement en forêt et en rythme.

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Puis on débouche sur la partie haute de la montagne, plus exposée au soleil. Le col de Spée est passé sans soucis, même le passage avec l'échelle et les cordes est bien avalé, on traverse régulièrement des Lapiaz bien techniques, et on enchaine sur la partie finale de l'ascension, la montée vers Sous-Dine. Là aussi, ça se passe plutôt bien, je reviens sur plusieurs coureurs et au sommet (passé en 5H15), le Lac Léman d'un côté, le Mont Blanc de l'autre, s'offrent à nous.

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Mais voilà, j'ai du laisser pas mal d'énergie dans cette première partie. En plus, j'ai déjà vidé ma réserve d'eau et il reste 12kms avant le ravito !!! Le début de la descente est donc très poussif, autrement dit, je me traine en marchant et en évitant racines, trous, pierres, et autres pièges. Heureusement, je fais rapidement route avec une concurrente suisse très sympathique, la n°652. Le plus courageux de nous 2 arrive à relancer de temps en temps, l'autre suit comme un zombie, je guette aussi le moindre abreuvoir pour boire un peu, mais non, les paysans ont tout vérouillé... On avance tant bien que mal, elle me donne un peu de son eau de temps en temps. Je sens que je suis limite insolation et déshydratation, je la remercie donc encore énormément car je pense qu'elle m'a sauvé la mise sur ce passage ;)

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On attaque alors une petite montée en forêt, ça fait du bien d'être un peu plus au frais. Là, je mène le train, toujours aussi à l'aise en montée. Ca nous permet de regagner 2-3 places puis de basculer plus sereinement sur le plateau des Glières. Juste avant le ravito, j'aperçois Guillaume. Je suis surpris d'être si près mais je pense qu'il a un soucis aux pieds. Au ravito (6H53' de course, 6' d'arrêt), j'ai la confirmation, il a trop mal aux pieds et jette l'éponge. Moi par contre, je fais l'erreur du débutant en buvant (enfin) 7 verres en 6 minutes. Je repars avec ma collègue, mais le mal est fait et l'estomac plombé par l'eau qui m'a manqué pendant presque 1H30'...

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Je la laisse filer, je suis au bout du rouleau, c'est un gros gros passage à vide. J'arrive je ne sais comment au Chalet d'en Loup 2kms et 150+ plus loin où je massois 5' à l'ombre près d'un bénévole et de ses 2 gamins. Je lui fais part de mon envie d'abandonner, il me dit que ça sert à rien, je suis bien en avance sur les barrières horaires et qu'il ne reste que 150+ avant le dernier col. Ouais ouais, c'est à peine encourageant mais bon je me remets en route, bien au soleil bien sur, en m'arrêtant de temps en temps à l'ombre sous un sapin isolé. J'arrive au col par miracle et je continue de marcher dans la longue traversée qui nous mène à un chalet. Là on nous annonce que le plus dur est fait, qu'il ne reste que de la descente... sic... mais bon, il reste tout de même 13kms je pense.

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Je me force donc à trotiner un peu, puis la machine se remet petit à petit en route, je cours mieux, je relance souvent. On passe de suite en forêt, c'est plus agréable de courir sans ce soleil qui cogne. J'alterne marche et course en me forçant à courir le plus possible. Le sentier forestier est très agréable mais un longuet. On passe le refuge de la Tétaz, je m'abreuve avec plaisir à une petite source, puis la descente est un peu plus franche jusqu'à la Rosière. Là, je n'hésite pas à m'arrêter quelques secondes pour remplir entièrement mon camel-bag, je n'ai pas envie de revivre la même situation que précédemment, malgré les 7kms restants.

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Maintenant, la descente est nettement raide et engagée. Le chemin est large, je descends donc d'un gros rythme car je pense que l'arrivée est au bout. Mais voilà, on débouche sur la route et il nous reste encore 3-4kms à faire pour rentrer au village ! J'essaie donc de relancer sur la route, puis le chemin. Surprise, je reviens sur la concurrente n°652 et un autre coureur. Je les encourage à courir jusqu'à la dernière difficulté surprise : une petite remontée de 100+ en forêt pour éviter un retour besogneux sur la route. Je les lâche rapidement, les endomorphines m'aidant à prendre un bon rythme de montée. J'arrive même à doubler 4 autres concurrents sur cette portion finale dans le bois. Après une bref redescente, il ne reste plus que quelques centaines de mètres à faire pour rejoindre l'arrivée, enfin !


Je réalise finalement une bonne course avec une 37ième place en 10H19'. La gagne se joue en 7H14', Damien réalise 8H59', Christophe D. 9H36'. Sur le challenge et ses 125 concurrents, seuls 65 finiront le week-end. Je prends une inespérée 19ième place, Damien faisant une grosse 6ième place et Christophe D. 12ième et surtout 2ièmeV1 derrière le facile et impressionnant vainqueur Antoine Guillon.

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Points positifs :
- Une course finalement bien gérée, aussi bien au niveau du rythme que de la fatigue. Un seul coup de barre la deuxième journée, surtout du à la chaleur et au manque d'eau.
Physiquement, j'ai bien tenu le choc, régulier et rythmé en montée, à l'économie et sans douleurs en descente
- Aucun soucis d'alimentation, même si j'ai eu parfois une légère sensation d'écoeurement au sucre, toujours du à la chaleur je pense
- Un bon week-end choc de 110kms et 7000+, parfait pour la prépa TOE
- Un parcours assez technique avec des paysages magnifiques, des bénévoles très présents et sympathiques, une organisation parfaite
- Un super week-end avec les copains

Point à travailler :
- J'ai eu beaucoup de mal à faire rentrer tout le matériel obligatoire dans mon petit camel-bag Salomon Advanced Skin S-Lab Pack 5L. C'est le choix parfait pour le TOE grâce à son poids et son confort haut sur les épaules, j'en suis persuadé. Il va donc falloir sérieusement réfléchir à son organisation pour tout faire tenir !!!

Point négatif :
- A part le t-shirt technique à l'inscription, pas de cadeau finisher, surtout après une course aussi dure !

RDV maintenant dans un petit mois pour l'objectif de l'année !!!

Rémy 06/07/2011 15:52


Bravo Christophe. Un bon gros weekend qui te sera profitable pour le TOE. J'aurais bien aimé être de la fête... tant pis, prochaine fois.
A très bientôt pour poursuivre l'entrainement.


Christophe 06/07/2011 21:30



Salut Rémy,


et oui, c'est dommage, tu as préféré aller faire une coursounette pour enfants en Chartreuse ;)


J'espère aussi que ce we choc me sera profitable pour le TOE, car le TOE, c'est du lourd !


A+ sur les chemins pour un entrainement en commun



Samuel 06/07/2011 14:26


Bravo Christophe et quels paysages magnifiques, pour un peu je me mettrai au trail (non je rigole!).
Bon courage pour ta course de la fin juillet et bonnes vacances.


Christophe 06/07/2011 21:28



Merci Samuel


Et oui, en trail, on traverse de chouettes coins... mais on en bave pas mal pour y aller ;)


N'hésites pas à tenter l'aventure sur des trails courtes distances, ce serait cool !


A+ au club et bonnes vacances



Guitoune 06/07/2011 11:39


Bravo belles courses bien gérées, pas facile cet enchainement! On s'est bien marré.

Ps :les tee-shirt on devait en avoir mais ils n'ont pas été livrés à temps, comme les osthéos!


Christophe 06/07/2011 21:27



Salut Guillaume,


et oui, on s'est bien marré, mais on en a bien bavé aussi !


Le dimanche matin à 4H du mat, on était pas frais ;)


Allez, on remet ça fin juillet pour le top du top !


A+ sur les chemins



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