Rémy : TDS 2018 : une course en 3 temps...

 

Après un bel été à parcourir les chemins de montagne, je me présentais au départ avec une bonne forme et l'envie de bien faire.

 
Avec mon dossard 6107, j'ai eu la chance de pouvoir intégrer le sas "Elites" et ainsi ne pas être gêné pour accéder à la tête du peloton. J'avoue que je me sentais un peu petit à côté de certaines stars de la discipline... et avec tous les photographes présents sur ligne de départ, on se rend vite compte que l'on n'est pas sur une course saucisson du village du coin.
 
La veille, nous avions eu des informations nous indiquant que le départ serait repoussé de 2h, et que le parcours aurait une légère modification en évitant le Passeur de Pralognan.
Cette modification ajoute environ 2 km de distance, mais réduit le dénivelé de 600 à 700 mètres. Donc en théorie, un petit gain de temps tout de même sur la course.
 
Le départ est donné et le peloton se lance dans les rues de Courmayeur. Je décide de partir relativement tranquillement en pensant pouvoir rester un peu à l'arrière du groupe élite, mais très rapidement un gros flot de coureurs me dépasse de l'arrière... Je commence à me dire que certains ne vont pas durer bien longtemps sur la course... ou en tout cas, pas sur ce rythme.
 
 
Nous faisons un tour de ville dans Courmayeur, puis nous attaquons une belle ascension en direction du col Chercrouit. 
Je trouve un bon tempo d'ascension, qui me semble efficace et cohérent avec mes allures d'entraînement. 
Les premiers coureurs sont déjà loin, et je reprends petit à petit certains coureurs qui m'avaient doublé dans les rues de Courmayeur.
 
 
Passage au col Chercrouit en 54' avec une très légère avance sur mes estimations. Cela me rassure et je poursuis sereinement vers l'arrête Mont Favre en tentant de ne pas trop forcer.
 
Passage au sommet en 1h35, je suis conforme aux prévisions.
 
Tout semble donc aller pour le mieux, sauf que dans la descente qui suit, je me rends compte que ma foulée n'est pas aussi fluide que d'habitude et que je suis moins à l'aise que prévu dans cette portion descendante pourtant relativement peu technique.
 
Rien d'alarmant, je me dis que ce n'est que le début de course et que les jambes iront probablement de mieux en mieux.
Je profite donc de cette descente pour me restaurer un peu. Je perds quelques places mais finalement j'arrive au lac Combal dans les temps prévus.
 
 
J'y fait une très légère pause le temps de remplir 3 flasques et de repartir en mangeant quelques morceaux de pastèque.
 
 
 
Rémy : TDS 2018 : une course en 3 temps...
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La montée au col Chavannes est très agréable.
Les sensations sont un peu poussives mais j'ai le sentiment que je reste plutôt efficace, puisque je reviens sur deux athlètes féminines et dépasse quelques coureurs.
 
 
Une fois la bascule faite au col de Chavannes, on entame une longue descente très roulante sur une piste 4*4.
Et malheureusement, les mauvaises sensations en descente sont de retour alors que le terrain est vraiment très facile. Je sens que je suis obligé de forcer davantage que d'habitude et qu'en plus de cela, j'avance moins vite. Bref, pas terrible pour la confiance car je sais qu'il y aura un paquet de descentes à faire dans la journée...
 
 
Je prends mon mal en patience, et accepte de perdre quelques places dans cette descente, et par la même occasion, je perds le bénéfice des efforts que j'ai effectuées dans la montée précédente.
 
A la fin de la descente, Caroline Benoît revient sur moi et nous entamons ensemble la montée sur le col du Petit-Saint-Bernard.
 
Nous sommes à peu près dans les mêmes allures, et selon le terrain, c'est un coup elle devant ou un coup moi. Mais dans l'ensemble, nous récupérons plusieurs places au cours de cette ascension.
 
À l'approche du col, je sens que je commence un peu à faiblir et que le ravitaillement prévu au sommet devrait me faire du bien.
Rémy : TDS 2018 : une course en 3 temps...
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Arrivé au col, nous rentrons en France.
Comme prévu, je profite du ravitaillement pour me restaurer un peu. La pause est assez courte, mais je repars tranquillement sans chercher à suivre pour rattraper d'autres coureurs.
 
Et dans la longue descente sur Bourg-Saint-Maurice, rebelote, les sensations sont très moyennes. J'avoue que moralement cela commence à m'atteindre car je sais que si je ne fais pas de bonnes descentes, il ne sera pas possible pour moi de faire une course aussi satisfaisante que souhaitée.
 
 
Je ne connais pas mon classement, mais je me doute que je dois être encore à une place correcte puisque je suis au contact du top 5 féminin.
 
 
Vers la fin de la descente, après avoir perdu quelques places, la pluie fait son apparition et nous écoutons quelques coups de tonnerre aux alentours. Ça sent la grosse douche.
Je m'arrête pour mettre ma veste, mais finalement il ne s'agira pour le moment que d'un avertissement, et la pluie s'arrête une dizaine de minutes plus tard. Du coup, nouvel arrêt pour ranger la veste...
 
Entre le village de Seez et Bourg-Saint-Maurice, le terrain et assez roulant, et à l'inverse de la descente, les jambes répondent bien. Je tiens facilement un 12 et demi, 13 km heure je recolle a quelques coureurs. (je verrai que je réalise le 27e chrono de la portion Seez - Bourg St Maurice)
 
Rémy : TDS 2018 : une course en 3 temps...
 
J'arrive ensuite à Bourg-Saint-Maurice où un gros ravitaillement se présente.
Je fais le plein d'eau, bois un peu de coca, et mange un peu de solide. Puis je repars avec les mains plein de ravitaillement. 
Mais à la sortie de ravitaillement, il y a un contrôle de matériel. Et avec mes mains remplies de victuailles, c'est compliqué pour sortir les affaires de mon sac. Du coup je prends le temps de tout manger, puis je sors les éléments demandés : veste, sur pantalon, et téléphone.
 
Je repars pour une portion qui est inconnue de tous en raison du changement de parcours annoncé. 
Une italienne, Sonia Locatelli, me rattrape et nous évoluons ensemble dans l'ascension qui suit. Le rythme est bon et nous rattrapons quelques coureurs.
 
Mais un peu plus loin, je sens que je commence à faiblir un peu. Je perds le contact sur l'italienne et poursuit un peu plus prudemment. Une américaine, Corinne Malcolm, me dépasse à son tour.
 
J'arrive bientôt sur une route qui mène aux Chapieux. Je me rends compte en lisant les panneaux de signalisation que nous sommes partis pour 10 bornes de col routier. Ça va être long...
 
Je ne me sens pas au mieux, mais je me fais violence pour limiter les dégâts en tentant de trottiner ou de marcher de façon bien efficace.
Je ne connais pas ma place, mais je me dis que je dois être autour de la 80e place et qu'entre les abandons et la fin de course difficile pour certains, si je parviens à limiter les dégâts durant ce passage difficile pour moi, je peux espérer intégrer le top 50 d'ici la fin de course.
 
Mais arrivé au pointage situé 2 km avant les Chapieux, un bénévole m'annonce mon classement en regardant sur sa scanette.
Il m'annonce 142e (en réalité, je verrai plus tard que j'étais 81e). Cela me surprend, et tout d'un coup, je me sens encore plus fatigué, moralement atteint.
Je repars du point de contrôle en ayant beaucoup moins de volonté de me faire mal, car je n'y trouve plus d'intérêt.
 
 
Passage aux Chapieux, puis montée au Cormet de Roselend.
 
J'arrive à ce gros ravitaillement du Cormet de Roselend avec peu d'énergie et peu de motivation.
Je récupère mon sac d'assistance, puis recharge mon sac en ravitaillement solide et liquide.
 
Je prends également une lampe Tikka car au fond de mon sac je n'ai que 2 petites lampes très light. 
Je prends mon temps sur cette base vie et je repars péniblement après une pause de 10 grosses minutes.
Je tente de relancer à la sortie du ravitaillement, mais rien n'y fait, les jambes sont absentes tout comme le plaisir.
Je sais que je vais finir, mais que la journée va être vraiment très très longue...
 
L'ascension est pénible et je perds également des places en montée. Dans la descente qui nous mène à la Gittaz, pas de miracle, je me sens toujours aussi mal.
 
Le ciel se couvre petit à petit et je me dis que nous aurons probablement de l'orage durant la nuit. 
Au ravito de la Gittaz, je fais un peu le plein d'eau et je repars sur mon rythme de tortue.
 
Quand tout à coup, un éclair et un coup tonnerre retentissent tout proche. Je m'arrête et mets ma veste, et à peine celle-ci fermée, des trombes d'eau nous tombent dessus.
D'autres éclairs prennent la suite, et je commence à me demander s'il est prudent de poursuivre à monter sur la crète... Mais celle-ci est encore loin, et je me dis qu'on a le temps de voir comment cela évolue dans les 20 minutes qui suivent.
 
Et cela évolue vite. Car tout d'un coup, c'est la grêle qui prend le relais de la pluie. Avec un vent assez violent et glacé,  j'aime autant vous dire que les cuisses n'ont pas trop apprécié ce massage vivifiant.
L'averse de grêle fut relativement de courte durée, mais la pluie continue de tomber et surtout le vent glacial est toujours aussi présent.
 
En l'absence d'éclair, je poursuis l'ascension, mais je sens que le froid commence petit à petit à m'envahir. 
Je vois au loin une tente de point de contrôle, et je décide que j'y ferai un arrêt pour y mettre des vêtements plus chauds.
 
J'arrive donc au point de contrôle, et demande aux bénévoles si je peux profiter de leur tente pour me changer. Les bénévoles me proposent alors de prendre une autre tente plus spacieuse.
À l'intérieur, je découvre 6-7 coureurs qui attendent la fin du froid, et qui s'interrogent sur le fait de continuer ou pas.
De mon côté je prends le temps de me changer et j'enfile l'ensemble du matériel obligatoire que j'ai dans mon sac : sur pantalon, polaire, gants et même le bonnet. C'est la première fois que je me couvre autant (je me fais vieux...).
 
Après cette bonne pause, je repars en étant bien mieux équipé contre le froid, mais les jambes et l'envie n'y sont toujours pas.
Je commence à me demander aussi, si j'ai envie de passer une longue nuit sous l'orage... Et donc si les conditions restent aussi mauvaises, je n’exclus pas de stopper ma course aux Contamines, puisque mes proches seront sur place.
 
Après le sommet, il y a une longue traversée pour atteindre le col du Joly. La météo devient plus clémente et finalement je commence à avoir un peu trop chaud. Je prends donc le temps de retirer le bonnet, les gants, et la polaire. En revanche je conserve le surpantalon car j'ai le sentiment que cela me fait du bien aux jambes.
 
Durant cette traversée jusqu'au col du Joly, j'ai l'impression d'être à une allure plus proche de la randonnée que de la course...
La nuit fait petit à petit son apparition et je place la frontale sur la tête alors que le ravitaillement et aperçut au loin.
 
Le dernier kilomètre avant le col du Joly est un peu descendant, et pour la première fois de la journée, je trouve un peu de plaisir à descendre.
 
Je rentre dans le ravitaillement en me sentant beaucoup mieux que le quart d'heure précédent. À ma grande surprise, j'aperçois quelques coureurs qui étaient avec moi au Cormet de Roselend. Je me dis que finalement je n'ai peut-être pas perdu autant de place que ce que je pensais et qu'il est peut-être intéressant d'essayer de faire une fin de course correcte.
 
L'arrêt est donc bref à ce col du Joly, et j'entame la descente sur les Contamines avec une bonne allure. Je parviens à récupérer une dizaine de places durant la descente, mais surtout j'ai le sentiment de récupérer pas mal de temps. (26e temps sur la portion Col du Joly - Les Contamines)
 
À l'entrée des Contamines, Christophe est présent et m'informe que j'étais 84e au col du Joly. Cela me rebooste car je sais qu'avec ma descente, je dois être autour de la 70e place. 
 
Au ravitaillement des Contamines, Fanny, Gabrielle et les enfants sont présents. Je change de t-shirt, et également de lampe afin d'avoir un meilleur éclairage pour la nuit. Également, je retire le sur-pantalon car la température est tout de même plus favorable.
Rémy : TDS 2018 : une course en 3 temps...
Je repars, et Christophe m'informe qu'il y a un groupe de 3 coureurs non loin devant et que je suis à présent 69e.
 
Je trouve un bon rythme d'ascension, et remonte petit à petit sur les coureurs en question.
 
La montée au col du Tricot est longue et s'effectue en deux temps.
Dans la deuxième partie, qui est plus raide que la première, je vois que beaucoup de coureurs sont dans le dur car les frontales avancent peut... voir pas du tout.
 
De mon côté, même si je sens que je ne suis pas tout frais, je me sens d'attaque pour cette partie raide. Et effectivement, je reprends encore quelques places sur cette ascension et pointe 57e au sommet.
 
La descente en direction des Houches et assez variée, et je ne prends pas de risques car le terrain est tout de même humide. Personne devant, personne derrière, je me contente de descendre à mon rythme.
 
Passage par Bellevue, puis la descente devient plus plongeante sur les Houches. Et dans les portions faciles, j'essaye d'accélérer un petit peu.
 
J'arrive au ravitaillement des Houches en apercevant un coureur qui est en ressort.
 
 
Il me reste un peu de boisson dans les flasques et par conséquent je m'arrête juste le temps de boire un gobelet de coca.
 
Je reviens rapidement sur le coureur à la faveur d'une petite bosse que je parviens à trottiner. Puis je vois deux autres coureurs en train de marcher. Je poursuis mon effort en trottinant, et parvient à leur hauteur.
Les jambes sont présentes, et l'envie de rejoindre Chamonix rapidement me permet de relancer à la sortie de la bosse.
 
Je sais qu'il reste moins de 8 km roulant, et que je peux finir très correctement au niveau de l'allure. J'essaie ainsi de courir un maximum, même si je suis contraint de marcher deux ou trois fois sur la fin de quelques bosses.
 
J'arrive dans Chamonix et je ne vois pas d'autre coureur devant moi.
Je traverse la ville et aperçoit bientôt Fanny et les enfants, ainsi que Matthieu qui était déjà présent aux Houches.
 
 
Je passe la ligne en 53e position.
Rémy : TDS 2018 : une course en 3 temps...
Le sentiment de ma course est assez mitigé car je sais qu'il y avait moyen de faire mieux en terme de temps, et de classement. (J'estime entre 1h et 1h30 de temps perdu)
 
Cela dit, vu le déroulement de ma course et mes sensations à la mi-course, il y avait aussi moyen de faire vraiment pire....
 
 
En analysant mes chrono et l'ensemble des temps de passage du Top100, je peux vraiment découper ma course en  3 parties :
 
1- Entre Courmayeur et Bourg St Maurice : je réalise le 50e chrono du TOP100 (6h00 / meilleur temps 4h53)
Pas de très bonnes sensations, surtout en descente, mais finalement assez efficace.
 
2- Entre Bourg St Maurice et le Col du Joly : je réalise le 93e chrono du TOP100 (6h36 / meilleur temps 4h39)
Pas de jus et surtout pas d'envie ni de plaisir. En mode rando.
 
3- Entre le Col du Joly et Chamonix : je réalise le 31e chrono du TOP100 (5h05 / meilleur temps 3h44)
 
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