Christophe : Ultra Trail du Vercors 2017

Me voilà au départ de l’Ultra Trail du Vercors avec Rémy, pour surement la dernière course de l’année 2017 pour moi. Je me suis plutôt bien préparé cet été, des séances nombreuses et assez longues, sans tomber dans les excès de la préparation TDS 2016 qui m’avait finalement mis à plat avant la course. J’arrive donc plutôt en forme à la course. La météo annonce cependant de la pluie et du froid le jour de la course, c’est dommage, mais on ne va pas déclarer forfait pour quelques gouttes de pluie.

Samedi, 3H30, c’est la bonne surprise au réveil, il fait beau, voire limite chaud avec du vent du Sud. On quitte donc la veste pour prendre le départ en t-shirt. Avec Rémy, on se place plutôt devant, on salue quelques connaissances dont Denis Beaudoing ou Mickael. Le départ est raisonnable, bien sur certains s’envolent déjà mais je garde une allure correcte avec Mickael qui se calle sur mon rythme. Surtout, ma nouvelle frontale fait des merveilles, je suis très à l’aise avec ce faisceau ultra puissant (Ferei réglé sur 1000 lumens).

Bien caché au départ

Bien caché au départ

Très vite, on quitte les rues de Villard de Lans pour attaquer la montée vers le Col Vert. Je maintiens mon allure même si plusieurs coureurs font l’effort de doubler sur un gros rythme. Avec Mickael, on sait que l’allure est suffisante pour un ultra de 85kms.

En moins d’une heure, nous voilà déjà au sommet et on bascule sur les balcons du Vercors avec vue imprenable sur un Grenoble illuminé mais endormi, c’est chouette. Le début de la descente est technique avec toutes ces pierres, mais je parviens ensuite à dérouler sur le long sentier tout en lâchant Mickael. Le hic, c’est que je commence un peu à « m’endormir ». Les forces me quittent petit à petit, je perds en vigilance, j’ai un peu envie de vomir. Pourtant, je ne suis pas loin de la maison et ça me motive. Mais rien n’y fait, je pique un peu du nez.

Et c'est parti !

Et c'est parti !

Dans la montée du Pas de la Balme, j’ai un sursaut d’orgueil avec le levée du jour et la beauté des paysages, mais au col, l’endormissement me gagne encore. C’est dommage, je me sens bien, mais les jambes ont désormais du mal à me porter. La descente vers Corrençon n’est pas très dure, mais c’est compliquée, un vrai calvaire, je ne suis pas dans mon assiette, je songe même à jeter l’éponge. Au ravito (23,7kms en 3H18’, 1210+ et 1140-, 85ième), ça fait du bien de discuter avec l’ami Olivier, et Mickael en profite pour me doubler.

Je décide de continuer, mais j’avoue, je suis un peu dans le brouillard sur la portion suivante. Je n’ai aucun souvenir de la montée suivante. Le seul point positif, c’est que malgré une petite envie de vomir, j’arrive à boire et à m’alimenter correctement et ce sera le cas jusqu’à l’arrivée. Je profite d’ailleurs de l’UTV pour tester le gel GU avec sa flasque réutilisable. C’est une bonne surprise : le goût est bon et pas écœurant, la flasque ultra pratique à porter et pour boire selon les besoins 1, 2 ou 3 gorgées.

Avec le sourire

Avec le sourire

J’arrive un peu à dérouler dans la descente qui suit car elle n’est pas très difficile. Un passage sur route me permet de retrouver un peu de rythme, puis je me force à maintenir le rythme pour doubler certains coureurs en arrivant avec la pluie et le vent du Nord sur Méaudre (15kms en 1H56’, 560+ et 680-, 80ième).

Ludovic Pellé et un bénévole me reconnaissent au ravito, ils m’encouragent et me donnent des nouvelles de Rémy qui a l’air de bien tourner (pour prendre la 3ième place, il le fallait !). La partie suivante est facile à ce qu’il parait, mais je marche pas mal tout de même sur un sympathique sentier montant en forêt. Surtout, la pluie commence à s’installer et à tomber dru. Ouf, le tremplin est là, et je plonge dans la descente en espérant retrouver ma famille à Autrans (7,1kms en 1H01’, 300+ et 250-, 76ième).

Ca va moyen quand même

Ca va moyen quand même

Désormais, il pleut fort mais je n’ai pas froid. Avec ce déluge et cette envie de dormir, ma famille justement m’encourage à abandonner… j’hésite, mais bon, je décide tout de même de repartir pour la section suivante car j’ai déjà fait un peu plus de la moitié. Sur ce long faux plat montant, je gamberge encore pas mal tout en marchant. Le premier relais par 4 me double, c’est l’ami Sébastien qui file à toute allure.

Dans la descente qui suit, c’est enfin le déclic après 6H45’ de course. Ouf, je me sens mieux, les jambes reprennent des forces. Je reprends enfin du poil de la bête, surtout, je commence à me projeter à l’arrivée. J’attaque le mur vers la Molière en me faisant doubler par Vincent Vittoz certes (en relais par 4), mais moi aussi je monte d’un bon rythme et double pas mal de concurrents. Ca y est, je sens que j’ai la patate, j’ai les idées claires et commence à me faire plaisir. Certes, je commence à avoir froid et je mets ma veste pour la première fois. Mais je continue à forcer l’allure dans la montée et une fois le sommet franchi.

En route pour Villard de Lans

En route pour Villard de Lans

Dans la descente, je récupère Mickael qui est tout heureux que je le rejoigne suite à sa baisse de régime. Je mène le train dans la descente via le plateau du Sornin, tout en gérant les passages piégeux et glissants. La vue sur Grenoble et le Moucherotte est incroyable avec cette pluie et ces nuages. La fin de la descente est plus roulante, je déroule bien pour rejoindre Engins toujours sous le déluge.

La montée par le Pas du Curé est très ludique, on l’avait prise à la descente en 2015. Je me sens bien, j’en profite, mais Mickael lâche irrémédiablement. J’arrive au ravito dans des conditions climatiques exécrables (20,3kms en 3H19’, 1200+ et 1080-, 54ième donc bonne remontée). C’est la tempête sous la minuscule tente. On m’annonce que le sommet du Moucherotte est seulement shunté de 30+ environ.

Je ne m’éternise pas au ravito, pas mal de coureurs sont dépités, et j’attaque la montée par les pistes de ski avec pluie, vent, froid. Je commence à souffrir de ces conditions justement, jusqu’à ce qu’on emprunte un petit sentier méconnu. Que dis-je, c’est un véritable mur qui nous attend pour monter au plus court vers le sommet. Le point positif, c’est qu’on est un peu à l’abri du vent et donc du froid, mais bon, ça n’avance pas bien vite. Je regarde régulièrement ma montre et elle m’indique à chaque fois 2kms/h… pfff ça fout un coup au moral, mais bon, 2kms, 650+ et 50 minutes plus tard, je débouche donc juste sous le sommet après une montée régulière et appliquée dans ce bourbier.

Ca discute

Ca discute

La descente du Moucherotte est vraiment nulle, large, caillouteuse, sans intérêt. J’ai du mal à tenir le 9-10 kms/h. Enfin, le croisement vers le ravito de Vertige des Cimes est là. Je peux enfin attaquer la dernière montée… mais au bout de 100m, j’entends un gros bruit derrière moi et je me retourne : un 4x4 vient d’arriver au croisement et débalise le chemin que je viens de prendre ?!? J’hésite, puis je redescends le voir : il m’indique que c’est l’hécatombe au Pic Saint Michel avec plusieurs hypothermies et que la course est neutralisée, je dois rejoindre la salle hors-sac de Lans en Vercors…

Dommage pour la vue au sommet ;), mais parfois, il ne faut pas jouer avec la sécurité et je préfère donc suivre les indications et descendre à cette fameuse salle. Oui mais voilà, le chemin n’est pas balisé… et avec 2 autres coureurs en relais, on jardine pas mal et on cherche un peu notre chemin et on perd pas mal de temps pour trouver cette salle (8,8kms en 1H38’, 740+ et 480-, ??).

On nous annonce que la course est neutralisée, et peut-être arrêtée. Nous sommes donc 4-5 coureurs à attendre les nouvelles… qui tombent au bout de 10 minutes : la course repart avec un parcours de repli… qu’il faut baliser en urgence.

Nous voilà donc partis les 5 coureurs avec 2 bénévoles, quelques rubalises à la main et une bombe de peinture, pour baliser le parcours de repli tout en marchant !!!! Bien sûr, on perd encore du temps,  on hésite un peu sur certains chemins. Mais au bout de quelques kilomètres, on retombe enfin sur la fin de parcours réelle.

C'est beau le Vercors

C'est beau le Vercors

Cette fois, je sens l’arrivée proche et je commence à forcer l’allure. Comme souvent, la fin est longue, mais les jambes répondent toujours bien et j’arrive à relancer régulièrement. C’est bon, les rues de Villard de Lans sont là, je franchis la ligne en 18ième position en 12H32 (10,6kms en 1H20’, 230+ et 630-), 18ième ?!? Il y a eu tant d’abandons que ça… Mais non, ayant emprunté le parcours de repli, je suis allé bien plus vite que les concurrents sur le sentier normal et je serai crédité plus tard d’une pénalité logique d’une heure ce qui me permet finalement de prendre la 36ième place. C’est une place cohérente, car je fus le premier coureur à prendre le parcours de repli et je termine le premier coureur à l’avoir emprunté. Par contre, le temps final de 13H32’ est difficile à comparer avec celui des coureurs devant.

Au final, je suis plutôt satisfait de ma course. Après une première partie compliquée où le sommeil et le manque d’énergie qui en a découlé m’ont bien handicapé, j’ai retrouvé les ressources mentales et physiques (comme souvent) pour bien finir la seconde moitié. Outre une météo catastrophique, les jambes ont bien répondu et le parcours était très agréable et varié.

Un grand bravo (et merci) aux organisateurs et aux bénévoles de l’UTV !

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
C
Bonsoir, récit très intéressant. je suis arrivé dans les "premiers" au ravito du km66 (vers 10h20 de course, classement 100ème environ) où l'on nous a interdit carrément de repartir..et au bout de 20 minutes d'hésitation, alors congelé, on nous dit qu'on peut repartir si on le souhaite..Super l'orga.. Mais pour moi, impossible, sorti de la course physiquement et mentalement, en train de grelotter.<br /> C'est en tout cas agréable de lire ce qu'il s'est passé plus loin, en tête de course !! Bonne continuation, bonne année et <br /> bravo biensur ! Florent
Répondre
Le blog de 3D Trail -  Hébergé par Overblog