Rémy : Ultra Volcanique 73km 2017 - 6e

Chaque année le trail de Vulcain est coché dans mon calendrier. Et cette année 2017 ne déroge pas à la règle. Il s’agit déjà de ma 14e participation… sur 16 éditions. Et selon les années, ma forme hivernale et mes courses préparées, je m’aligne sur un format différent.

Cette année, pour la première fois, je choisis de m’aligner sur le grand format de 73km. C’est un format que je trouve long pour cette période de l’année. Mais il faut dire que 7 semaines plus tard, le MIUT et ses 115km arrivera et il faudra être prêt.

Ce format de 73km semble donc plutôt adapté à la suite prévue, et c’est pourquoi j’ai également proposé à Christophe et Thierry de prendre le départ à mes côtés. Un bon weekend de prépa pour notre objectif commun.

 

Côté forme, j’avoue que c’est assez difficile de savoir où j’en suis. Après la Saintélyon de début décembre, j’ai récupéré un peu puis entamé un cycle de vitesse avec la prépa cross du club (pour moi, ce cycle est important car c’est le seul moment de l’année où je peux réellement travailler les qualités de coureurs. Le reste de l’année, c’est plus de l’entretien en raison du volume global d’entraînement).

Je n’ai réalisé finalement que 3 sorties d’à peine 3h, à allure cool, à S-3 et S-2.  Le reste des sorties depuis la Saintélyon n’ont pas excèdé 1h30…

 

Et donc forcément pour cette épreuve de 73km, je m’attends à connaître des moments compliqués en fin de parcours… d’où une volonté de partir très prudemment, et d’aviser au fil des kilomètres.

 

Dimanche 5 mars – 4h15

Bien que le parcours soit plutôt roulant, je décide au dernier moment d’opter pour les bâtons. Je me dis qu’en cas de coup de mou ou de crampes, ça sera appréciable. Et comme le but de ma participation est aussi de préparer le MIUT, autant partir dans une configuration similaire.

Après le petit déjeuner partagé avec Thierry et Christophe, je refais donc mon sac (le sac préparé la veille ne possédant pas de porte-bâtons). EN me voyant, Thierry bouge également ses plans et opte lui aussi pour les bâtons.

Direction Volvic et après un bref moment dans le gymnase chauffé, nous nous plaçons sur la ligne de départ. Le 0°c sur Volvic laisse présager de belles gelées lors de nos passages aux sommets ventés. Mais bon, c’est le jeu.

 

6h00

Le départ est donné, et l’on s’élance pour cet ultra volcanique. Etant placé un peu en retrait au départ, je remonte petit à petit. Sachant que le début de parcours est une longue montée roulante et abritée, je retire ma veste car je ne souhaite pas transpirer inutilement et prendre froid avec l’humidité.

Comme prévue, je reste sur une intensité raisonnable et ne cherche pas à suivre qui que ce soit. Je reste très à l’écoute de mes jambes et finalement, je me surprends à être plutôt à l’aise.

On quitte bientôt la route pour prendre un chemin relativement large. Je remonte un peu dans le peloton. Je n’ai pas trop d’idée de ma place, les premiers n’étant pas vraiment visibles. J’imagine autour de la trentième position.

Le parcours monte toujours de façon assez douce, et nous arrivons sur les pentes du Puy de la Nugère. Les chemins sont à présent parsemés de neige.

La pente devient bientôt plus forte et je décide de sortir mes bâtons. Pourtant, je sais que la bosse ne sera pas longue, mais tant qu’à les porter, autant s’en servir.

On traverse bientôt la route de la Nugère. Je suis accompagné de quelques coureurs et selon le profil du terrain, on se passe et se repasse successivement. Par rapport aux autres coureurs, j’ai tout de même tendance à davantage marcher.

On attaque l’ascension du Puy de Jûmes. C’est court, mais c’est plutôt pentu et les bâtons sont tout de même utiles. En revanche, ce n’est pas forcément évident de filmer avec les bâtons 😉. Car pour cette épreuve, j'ai décider de partir avec une caméra et ainsi de filmer certains passages. L'idée étant de partir en configuration "MIUT" (et oui, je vais aussi à Madère pour faire du tourisme ;-) )

Le passage au sommet de Jûmes est bien venté et plutôt glacé. On ne s’attarde pas et on enchaine par le Puy de la Coquille. Une transition assez brève depuis Jûmes.

On attaque alors une transition bien roulante où j’arrive à bien dérouler sans trop me fatiguer. Je gagne quelques places et un petit groupe de 5-6 se reconstitue plus ou moins, même si ce groupe s’étire bien lors de l’ascension du Puy des Gouttes.

Dans l’ascension de ce Puy, je ne cherche pas à faire l’effort pour coller aux coureurs et je cède un peu de terrain lorsque je décide de manger un peu dans une petite pente que je passe plus confortablement en marchant. Ce n’est probablement pas le meilleur endroit pour me ravitailler, mais j’ai senti qu’il valait mieux ne pas attendre davantage…

Le passage au sommet du Puy des Gouttes est superbe, mais encore une fois bien ventée. On voit très nettement le Puy de Dôme et l’on devine le cratère de Lemptégy où se situe ravitaillement à venir.

La descente de ce puy est assez raide, et je commence à sentir que les jambes ont un peu travaillé pour venir jusqu’ici. J’essaye de rester bien relâché malgré tout.

Une fois la descente terminée, je retrouve une allure efficace sur le large chemin roulant, et j’en profite pour manger une nouvelle barre. Après le parfum fruits rouges, je change pour le parfum abricot (j’essaye toujours de varier au maximum les goûts pour limiter les écœurements).

Après quelques kilomètres, j’arrive sur le ravitaillement de Lemptégy. J’essaye de ne pas trop m’y attarder. Je remplis l’une de mes flasques (la deuxième est intacte), prends 2 bouts de banane et je repars aussitôt. Cela me permet de repartir avec 2 coureurs qui étaient arrivés légèrement avant moi au ravito.

 

A présent, c’est une partie que je ne connais pas, car toutes mes participations étaient sur les formats plus courts et n’empruntaient pas ce secteur entre Lemptégy et le Puy de Dôme. Et cette section s’avère bien plus roulante que ce à quoi je m’attendais.

Je reviens peu à peu sur quelques coureurs et je me sens plus à l’aise que sur le début de course. Pour la première fois de la course, j’ai connaissance de mon classement approximatif. Une bénévole m’annonce environ 18e , ce qui me conforte dans mon objectif de top10. Le chemin est encore long jusqu’à Volvic, et je me sens capable de faire une suite de course relativement régulière, ce qui devrait logiquement me permettre une remontée au classement. D’autant que j’aperçois 3 coureurs à moins de 2 minutes devant moi. 

Sur un long passage bien roulant entre la gare du Panoramique des Dômes et le Col de Ceyssat, je suis en compagnie de 2 autres coureurs et le rythme est assez soutenu. Je m’attends à devoir lâcher ce petit groupe, mais finalement, c’est l’inverse qui se produit et je mène notre trio. Nous revenons sur 2 coureurs c’est finalement autour de la 15e place que j’arrive au col de Ceyssat, lieu de ravitaillement et début de l’ascension du Puy de Dôme.

Je contrôle mes flasques : il me reste encore un peu d’eau. Je décide de monter ainsi et de faire le plein au retour. Je ne prends que 2 bouts de banane et attaque l’ascension. En quittant le ravito, je m’assure que le ravitaillement sera bien disponible à la redescente mais celui-ci me répond que le tracé ne repasse pas par là.

Mince ! Du coup, demi-tour pour refaire le plein d’eau. Et ayant à faire l’aller-retour au sommet du Puy de Dôme et le retour jusqu’à Lemptégy, je préfère assurer en remplissant mes 2 flasques. Du coup, le temps de mettre la boisson, il s’écoule un peu plus de temps que les autres coureurs qui profitent de leur assistance. Mais les bénévoles sont très sympas et m’aident car avec mes mains gelées, pas évident… (merci encore !).

J’attaque la montée au sommet mythique. Et même si je viens très régulièrement dans ce département, c’est finalement une ascension que je connais peu. Je ne l’ai faite que lors d’une séance l’été dernier en prépa UT4M (bon j’avoue, ce jour-là, je l’ai faite 5 ou 6 fois de suite je crois, histoire de faire un peu de D+ ).

J’ai perdu 1 ou 2 places durant ce ravito, mais quelques coureurs ne sont pas loin devant. Je prends rapidement une allure bien régulière et je m’applique sur une bonne efficacité de la poussée sur les bâtons. Je sais que c’est une partie où je peux gagner du temps par rapport à ceux qui n’ont pas pris de bâtons.

Je reprends assez rapidement 2 coureurs et poursuis ma progression et je commence à croiser ceux qui descendent. Je m’attends donc à voir « débouler » Thomas Lorblanchet, et c’est avec surprise que je ne reconnais le premier coureur que je croise, et je me dis alors que Thomas Lorblanchet m’a vraiment mis déjà un très gros écart… Puis, un peu plus loin, je croise finalement Thomas (2e) puis le 3e , Arnaud Lejeune (4e) et Rémi Coquart (5e). Je rencontre ensuite un peu plus loin, le 6e alors que j’arrive au niveau des escaliers, synonyme de la partie sommitale. Je me dis alors qu’avec une grosse fin de course de ma part, il est envisageable de remonter au mieux à la 6e place car même si je dois être environ 13e à ce moment-là, les écarts ne sont pas si énormes.

Le ce sommet, le vent est assez puissant, et surtout particulièrement glacé. J’essaie de replié mes bâtons car la fin d’ascension est plus roulante mais impossible. Mes doigts sont gelés et je n’arrive pas à rentrer le cliquet de verrouillage des mes bâtons. Tant pis, je les garde à la main. Mais bon, c’est moins pratique pour manger un truc d’autant que j’ai aussi du mal à ouvrir ma barre Ergysport avec mes gants glacés. Après quelques essais, j’y parviens et j’arrive à ce moment au point de contrôle du sommet. J’entame ensuite la redescente, à contresens des autres coureurs.

Malgré la petite épaisseur de neige, le terrain n’est pas glissant et je peux me laisser porter sans soucis par la pente. Je ne prends aucun risque et j’essaie de me préserver musculairement car il reste un peu de chemin encore pour rallier Volvic.

Sur la descente je croise Thierry, puis un peu plus bas Christophe. On s’encourage mutuellement et brièvement.

Une fois en bas, je passe un coureur, et j’imagine que je dois être 12e. mais un bénévole m’annonce alors 11e.  Bon, on verra bien…

Le retour sur le ravito du volcan de Lemptégy est vraiment bien roulant et fort heureusement, les jambes répondent encore pas trop mal. Sans chercher à aller vite, j’assure un tempo correct et confortable.

Je reviens alors sur un coureur qui m’avait dépassé sur la première partie de course et qui m’avait fait une forte impression. Là pour le coup, l’impression visuel s’inverse.

Me voilà 10e et donc satisfait car je rentre à présent dans le Top10 que je m’étais fixé en objectif. Mais bon, on ne va pas lever le bien et assurer cette place. Autant poursuivre cette dynamique et tenter de grignoter encore quelques places, d’autant que j’ai l’impression par moment apercevoir un groupe de 3 coureurs sur l’avant.

Et effectivement, je rejoins peu à peu un groupe de 3. D’ailleurs, ce groupe explose un peu à mon arrivée avec eux. L’un d’eaux lâche rapidement tandis que les 2 autres haussent un peu leur rythme et je me contente de suivre un petit moment. Puis, peu à peu, le rythme se calme sensiblement et je mène le groupe et l’un des 2 coureurs perd de la distance.

Nous arrivons bientôt à au ravito de Lemptégy, synonyme de jonction avec la course de 47km. D’ailleurs, juste avant de rentrer au ravitaillement, je croise mon ami Vincent courant le 47km, qui ressort du cratère. Nous nous encourageons en nous tapant dans la main, et je me présente sur le ravitaillement.

Je refais le plein d’une seule flasque (l’autre étant encore pleine) et j’y ajoute un sachet de poudre. Comme aux autres ravitos, je prends 2 bouts de banane et je repars.

Le coureur qui était à mon côtés en entrant au ravitaillement n’est pas encore ressorti et je repars donc seul pour ce tour de cratère très caractéristique de ce trail splendide. A la sortie de cratère, je reprends la large piste très roulante, et direction le Puy de Louchadière.

Je sais que sur ce passage, il y a moyen de perdre beaucoup de temps si l’on n’est pas bien, car il faut vraiment se forcer à courir et si possible à bonne allure. Sur le plat, j’ai l’impression de bien me débrouillé et donc de faire un peu le trou avec mes poursuivants. Mais lors des passages en faux-plat, c’est plus compliqué et je suis même contraint de marcher à un moment.

Un coureur me passe, mais je vois qu’il s’agit d’un coureur du 47km. Mais cela me fait un repère et j’essaye de rester relativement au contact.

Nous arrivons sur les pentes du Puy de Louchadière et je sais que ce sera court, mais raide par moment. Je ressors les bâtons et j’enquille mon allure de marche soutenue. A ma grande surprise, je reviens sur le coureur du 47km. Il me laisse passer en m’encourageant et s’accroche à mon sillage. Je monte sur un bon rythme mais je fais tout de même en sorte de garder du jus car il reste encore une vingtaine de kilomètres. En profil bien descendant, mais 20 km tout de même.

A proximité du sommet, je reviens sur un coureur et lorsque je le dépasse, je m’aperçois que c’est un coureur de l’ultra. Me voilà donc 6e. Incroyable 3h auparavant… Ce coureur a l’air bien fatigué et je pense que je vais effectuer la descente assez tranquillement. Mais finalement, pas vraiment.

J’entame la descente en single et après quelques virages, je m’aperçois que c’est en groupe que j’évolue. Le coureur de l’ultra ainsi que 2 coureurs du 47km sont juste derrière moi. Et finalement, cela me fait plaisir car je sais que ça va m’obliger à faire la fin de course un peu plus soutenue que si j’étais isolé. Et même si les coureurs du 47km ne font pas la même course que moi, je me dis que je vais essayer rester en tête de ce groupe.

Je descends bien relâché et m’attache à bien relancer sur les passages de plat ou de légère montée. Si bien que petit à petit de me retrouve finalement tout seul… mais avec une avance faible.

Je passe la route au col de la Nugère et attaque l’ascension courte du Puy de la Nugère (100m+). Je cours un maximum sur le début de l’ascension, puis sors les bâtons et imprime une marche puissante. Une fois en haut, je regarde derrière et vois que j’ai sensiblement accentué mon avance, je poursuis donc mon effort en relançant dans la descente qui suit.

Je me laisse bien porté par la pente et j’arrive bientôt au dernier ravitaillement de la gare de Volvic.

A ce ravito, je recharge mes 2 flasques, dont 1 avec de la poudre. J’ai un peu plus bu sur cette section car les crampes tentent de faire leur apparition. Je repars après une pause d’1’15, et les coureurs qui me suivaient ne sont pas encore arrivés. Cela me rassure et je me dis que ça semble bon pour tenir cette 6e place. Et puis, sait-on jamais… peut-être que la progression au classement n’est pas encore finie ?

Il reste 3 bosses à franchir. Autant je me sens encore bien costaud sur les descentes, autant les montées sont à présent un peu plus douloureuses. Mais bon, ce doit être pareil pour tout le monde, alors je ne lâche pas.

J’arrive bientôt à proximité du château de Tournoël, synonyme d’arrivée imminente. Il reste un léger faux-plat montant que je m’efforce de courir au maximum. Devant, j’aperçois un coureur et vu son équipement et sa foulée, j’ai l’impression que c’est un coureur du 73km. Je fais l’effort pour le rejoindre et je bascule quelques secondes derrière lui dans la dernière descente.

A la sortie du petit bois, arrivé sur la route, je dépasse ce fameux coureur mais m’aperçois que c’est un coureur du 47km. Je termine ensuite le dernier kilomètre en me laissant porter par la pente et je retrouve à l’arrivée ma famille qui m’attend avec beaucoup d’enthousiasme.

 

Je termine cette épreuve de 73km et 2850m+ en 7h21. Très satisfait de mon chrono et de ma place, mais également de mes sensations de course, car avec le faible volume, je pensais que j’allais davantage souffrir sur la fin de course. De plus, lorsque je regarde le classement, le coureur qui me précède est tout de même à 20min, donc il m’était difficilement possible d’espérer un meilleur résultat aujourd’hui.

Je suis également très satisfait de ma gestion de course puisque globalement, je suis toujours resté dans un effort à la limite du confortable. Je sais que si j’avais forcé davantage sur certains passages, ça aurait été possible d’aller plus vite, mais je l’aurais payé par la suite.

Enfin, cette première épreuve avec les produits Ergysport fut un test très réussi, puisqu’à aucun moment je n’ai eu d’écœurement, alors que je n’ai quasiment bu que de la boisson énergétique. (parfum pêche). Côté solide, en alternant entre les 2 parfums des barres (abricot et fruits rouges) et en piochant des bouts de banane aux ravitos, là aussi, ce fut convaincant.

 

Place à présent au prochain rendez-vous avec le MIUT (Madère) qui sera encore d’un autre calibre, que ce soit au niveau du parcours (115km / 7100m+) ou du niveau des coureurs (étape UTWT).

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