Rémy : Trail du Haut Giffre 2016

Voici à peine 3 semaines que la Maxirace s’est déroulée, et il faut remettre un nouveau gros morceau avec ce Trail du Haut Giffre à Samoëns (83km pour 6400m+). L’idée est donc, en vue de l’UT4M, de réaliser ce trail en mode « ultra » afin de voir comment je gère mon effort avec un manque de fraicheur.

D’autant que le weekend précédent ce trail de Samoëns, j’ai participé au trail de la Falaise de Sassenage. Un trail que j’avais prévu de faire en « balade » mais qui au final s’est avéré tout de même bien dynamique. En effet, j’avais prévu de faire le parcours de 19km et 900m+, tranquillement avec Sophie (en reprise) autour de 2h, mais comme elle ne sait pas aller doucement, on a finalement tenu une allure bien plus soutenu en 1h42. Et forcément, les jours qui ont suivi, j’ai vraiment ressenti une bonne fatigue.

Et même si l’objectif initial était d’aborder ce trail de Samoëns avec une petite fatigue, je n’étais vraiment pas rassuré, vu mon état, à l’idée d’affronter les 6400m+…

Rémy : Trail du Haut Giffre 2016

 

Mais bon, le bon côté sur ce déplacement à Samoëns, c’est qu’il y a plein de connaissances, puisque c’est une épreuve que j’ai conseillée à pas mal de monde. Avec cette date optimale et le très gros ratio D+/km, c’est une épreuve que je trouve idéale pour préparer les ultra de fin d’été.

 

Le trajet sur Samoëns est déjà compliqué avec de grosses pluies et même de la grêle. Ça promet pour la course du lendemain… On arrive au retrait des dossards et l’on nous annonce des conditions hivernales… Vêtements chauds et longs conseillés, gants, bonnets, polaire… Euh… l’été c’était pas dans 2 jours ???

Arrivé ensuite à notre hébergement au centre de vacances AEC (super lieu pour un séjour familiale), nous prenons le repas avec Christophe et sa famille.

Le lendemain, réveil à 4h et petit déjeuner avec Christophe et Pascal. L’ambiance est bon enfant. Puis nous nous rendons à pieds au village pour le départ. Nous y retrouvons un bon nombre de connaissances (Matthieu, Michel, Guillaume, Frank, Korb, Christophe T, Daniel, Louis, Sandy, ….). Bref, quasiment la moitié du peloton ;-)

Le speaker annonce quelques prétendants à la victoire et je me rends compte que la tête de course sera un peu plus dense que ce à quoi je m’attendais (bon, en même temps, je n’avais pas regardé les inscrits …). L’orage est annoncé à partir de 13h et les organisateurs nous annonce que le parcours pourrait être modifié, voire stoppé.

 
Rémy : Trail du Haut Giffre 2016

Allez, 6h, le départ est donné. Et comme prévu avec mon manque de fraicheur, je préfère rester un peu en retrait afin de faire un début de course tranquille pour éviter d’exploser à la mi-course.

Je suis en compagnie de Sandy, mais nous nous faisons un peu enfermés dans le peloton et au final, je suis un peu plus en retrait que prévu… Bon, ce n’est pas grave, la journée est longue, pas la peine de s’affoler. Au loin, je vois Christophe et Matthieu qui avancent un peu plus vite.

A la sortie du village, certains passages étroits ralentissent pas mal le peloton et imposent même parfois de s’arrêter complètement. Du coup, je décide de commencer à remonter un peu et souhaite bon courage à Sandy (il sera malheureusement contraint à l’abandon suite à une entorse).

Je remonte peu à peu, même si le chemin n’est pas très large et peu commode pour les dépassements. Puis je reviens à hauteur de Christophe et Matthieu. On discute un peu quelques instants et je poursuis ma remontée, tout en restant dans une zone de confort.

On entame bientôt une bonne montée en sous-bois, bien régulière. J’adopte mon allure d’entraînement, car c’est l’allure que j’aurai sur l’UT4M. Je ne cherche pas à remonter coûte que coûte au classement, mais plutôt à progresser sans puiser. Je dépasse pas mal de coureurs tout de même puis j’arrive au premier pointage au refuge de Folly.

Je pointe 32e (mais j’ignore ce classement) en 1h12’30. J’avais estimé un passage en 1h15, donc inutile de trop se presser pour remonter au classement. Je reste quelques instants au ravitaillement pour manger un peu et repars derrière un groupe d’une dizaine de coureurs qui vient de me dépasser (pas de pause au ravito).

On attaque à présent une longue partie de neige. Je suis surpris de la quantité encore présente. Je peine un peu à progresser et n’arrive pas vraiment à reprendre les coureurs qui viennent de me passer. Devant, je suis aussi surpris de voir autant de coureurs. Certes, je ne suis pas parti à bloc, mais je suis pas mal monté et je ne pensais pas qu’il y aurait encore autant de monde devant.

Au loin j’aperçois Michel. Il doit être 2-3’ devant.

Je passe au sommet, puis débute une bonne partie de luge… En effet, la descente propose quelques passages très pentus et il est plus judicieux de passer sur les fesses que sur les jambes. Je gagne quelques places dans ce passage de glissades, mais certains me distancent tout de même pas mal également.

Voici le refuge de Vogealle. Je ne m’y arrête pas, ayant encore les flasques quasiment pleines.  Je regarde ma montre : 2h27. J’avais prévu 2h30, la neige n’a pas trop perturbé ma progression finalement.

Encore un peu de neige puis rapidement on sort de ces quasiment 10km très enneigés. C’est à présent une bonne descente sur Le Pelly, dans le cirque sublime de Sixt Fer-à-Cheval…

Cette première bonne descente n’est pas très rassurante. En effet, une ampoule déclarée la semaine précédente lors du trail de la Falaise de Sassenage me perturbe un peu, d’autant que c’est un endroit peu habituel (sur le haut d’un orteil). Je n’arrive pas à descendre avec fluidité et ça commence à m’inquiéter car il y a tout de même 6400m- aujourd’hui…

Je descends donc comme je peux, en tentant de prendre des appuis qui limitent les frottements sur cette ampoule. J’ai espoir que ça se tasse un peu, mais si cela empire, je me dis que je serai probablement contraint de stopper ma course.

Un peu plus bas, je reviens que 3-4 coureurs. Bon, c’est tout de même rassurant d’autant que la douleur n’empire pas vraiment. C’est bien gênant, mais c’est supportable.

J’arrive bientôt au bas de la descente et j’aperçois au loin Michel. Je lui reviens progressivement dessus et nous discutons un peu. Michel n’est pas au mieux et n’a pas la volonté de se « faire mal » aujourd’hui. Il me dit qu’il songe à stopper. J’essaye de le remotiver, puis continue à mon rythme. J’aperçois Claude sur le côté qui m’encourage.

 
Rémy : Trail du Haut Giffre 2016

Le ravitaillement de Pelly arrive et je fais le plein de mes flasques. Je prends un peu de choses au ravitaillement (jambon blanc, banane, saucisson) et je repars dans cette bonne montée. Au passage, je dépasse la première féminine, Manikala Raï, qui a elle aussi participé à la Maxirace il y a 3 semaines.

La montée est encore une fois bien régulière et je retrouve mon allure de « croisière ». Je double quelques personnes et je m’aperçois rapidement que j’ai pas mal de fraicheur par rapport à ceux que je dépasse.

Le terrain est bien boueux mais je m’en sors bien avec mes bâtons et j’arrive à progresser avec efficacité.

Un peu plus haut, je reviens sur Guillaume qui a l’air de bien gérer son effort. Il m’encourage et je poursuis ma remontée. Vers le sommet, je reviens sur 3 coureurs et je tente de recoller dans le début de la descente.

Cette descente est longue et l’ampoule à l’orteil est encore un peu pénalisante… mais bon, c’est supportable et je ne m’inquiète plus pour la fin de course. Au pire, je descendrai un peu moins vite…

Je fais un bout de cette descente avec Nicolas, un coureur du coin qui connait très bien le tracé. On discute un peu et l’on reprend d’autres coureurs.

Arrivé au ravitaillement de Salvagny (35e km), ma montre indique 4h54 alors que j’avais prévu 5h05. Bonne nouvelle, j’ai récupéré un peu de temps. Donc inutile de trop s’enflammer, et prenons le temps nécessaire au ravitaillement. Je récupère le sac d’assistance que l’organisation nous avait proposé de déposer. Je prends le temps de bien l’utiliser : je change de Tee Shirt, je recharge mon sac en aliments, je recharge mes flasques et je mange un peu sur place.

Pendant ce temps-là, quelques coureurs m’ont dépassé grâce à une pause plus courte (6’ tout de même pour ma part…). Je repars vers une bonne ascension de 1100m+. Je me sens toujours bien et je suis très satisfait d’avoir pu vraiment autant mangé et boire depuis le début de course.

L’ascension se fait encore une fois sur un bon rythme où je me sens à l’aise. Je reviens peu à peu sur les coureurs qui m’ont dépassé au ravitaillement, puis sur d’autres. Vers le somment, je retrouve Nicolas et il me met en garde pour la fin de course qui devrait être extrêmement glissante.

Passage au sommet, au refuge de Grenairon. Je demande au bénévole s’il connait environ mon classement. Je m’attends à ce qu’il m’annonce entre 15e et 20e, et je suis bien surpris lorsqu’il me dit que je suis 8e. D’autant que je vois un coureur pas très loin devant.

Dans la descente qui plonge sur la cascade du Rouget (1000m-), je ne préfère pas trop envoyer, car il restera tout de même une grosse trentaine de kilomètres et surtout une montée de 1400m+ juste après le ravitaillement. Je descends donc en prenant le temps de bien m’alimenter afin de faire un arrêt rapide au prochain ravitaillement. Je reprends tout de même le coureur de devant puis, Nicolas, que j’avais dépassé avant le sommet me rejoins et me dépasse.

 
Rémy : Trail du Haut Giffre 2016

Sur la portion de petites montagnes russes qui précède le ravitaillement, je me sens bien à l’aise et parviens à courir quasiment toutes les petites bosses sans avoir l’impression de forcer. Je suis d’ailleurs le premier surpris… Je reviens rapidement sur Nicolas et me détache et arrive au ravitaillement de la cascade du Rouget en 7e position.

Juste avant le ravitaillement, Fanny, Gabrielle et les enfants sont présents pour nous encourager. Une petite pause phot/vidéo avec les enfants et je vais me faire biper à l’entrée du ravitaillement. J’avais prévu 7h30 et je passe en 7h07, tout en me sentant plus frais qu’espéré. Très encourageant pour la suite.

Mais les bénévoles m’annoncent que la course est neutralisée pour le moment. Un orage arrive et le sommet prévu va être évité. Mais le parcours de repli n’est pas balisé et il faut donc laisser le temps aux bénévoles de tracer le nouveau parcours…

Voilà donc une pause d’une durée indéterminée. J’en profite donc pour bien me restaurer et refaire bien le plein de mes flasques. Pendant ce temps-là, les arrivées se suivent.

Après 50 min de pause pour moi, et tandis que l’orage nous on nous annonce que le nouveau parcours est balisé. En fait, on va descendre un peu puis remonter pour rejoindre le lac de Gers et ainsi retrouver ensuite le parcours initial.

Le nouveau départ est donné et c’est un petit peloton de 20-25 coureurs qui repars. Les temps d’arrêt de chacun ont été enregistré et les prochains arrivants n’auront pas de pause.

On descend tranquillement, en peloton… ça ne ressemble pas vraiment à une allure de course. Alors vers la fin de la pente, je me place un peu aux avants postes et monte sensiblement l’allure. Le peloton s’étire et la pente s’inverse. On passe en mode « marche ». On est un petit groupe de 5-6 coureurs et je décide de tenter de durcir un peu l’allure. Seuls Jérémy Lavy et Stéphane Deperraz (les 2 premiers avant la coupure de course) me suivent. Mais je me suis un peu emballé et après la moitié de l’ascension, je n’arrive plus à maintenir le tempo. Ils s’échappent ensemble en bavardant…

Je fais un bout avec Arnaud qui était juste derrière mais là aussi, je peine à le suivre et c’est donc en 4e position que j’atteins le ravito du Lac de Gers. Je bois bien et Nicolas arrive à son tour et repars juste avant moi.

La pluie s’est arrêtée mais je ne sais pas vraiment comment m’habiller. J’ai froid sans la veste et trop chaud avec… Du coup, je pers un peu de temps en la mettant et l’enlevant…

On est sur une portion roulante et je pense pouvoir recoller à Nicolas, mais ce n’est pas le cas. Pointage à la Tête des roux et voici une bonne montée dans un chemin endommagé par les travaux forestiers. J’espère pouvoir faire une ascension soutenue, mais je sens que je commence à faiblir. Je suis assez surpris car cela ressemble à une hypo… Pourtant, j’ai vraiment bien mangé depuis le début de la journée, et surtout j’ai eu une pause de 50minute où je me suis bien restauré… Etrange... à moins que ce ne soit une hypo réactionnelle (même si j’avais fait attention sur les aliments consommés sur le ravitaillement).

Bref, je diminue un peu mon effort. Mais cela ne passe pas vraiment… Je me sens bien faible et je marche sur des passages plats. Et forcément, 2 coureurs me reviennent dessus et me dépassent. (merci d’ailleurs pour les encouragements). Je prends le temps de manger et de boire, et je garde malgré tout confiance car musculairement, je me sens bien.

Voici la descente et je l’aborde avec beaucoup de prudence car je sens que je n’ai pas la concentration nécessaire pour me laisser porter par la pente. Mais en cherchant à me ralentir un peu, je réveille mon ampoule sur l’orteil, et c’est assez gênant. Heureusement, je sens que peu à peu je retrouve davantage de lucidité et tandis qu’un nouveau coureur revient à ma hauteur, je hausse un peu mon allure sur la fin de cette descente.

Voici la dernière ascension, qui nous mène au plateau des Saix. Je m’aide bien des bâtons et trouve une bonne allure efficace. Je sens qu’au niveau énergétique ça va beaucoup mieux. Je me retourne et vois que derrière, le coureur qui m’avait rattrapé monte moins vite. J’espère donc pouvoir reprendre une place ou deux d’ici l’arrivée.

Un peu plus loin, je vois au loin l’un des 2 coureurs qui m’avaient dépassé durant mon moment de naufrage (Daniel Biollaz), mais je n’arrive pas franchement à revenir.

Peu après, j’aperçois aussi Nicolas, qui semble aller bien moins vite que Daniel. Et effectivement, à proximité du dernier ravitaillement, je rejoins Nicolas. J’essaye de faire l’effort pour rejoindre aussi Daniel avant le ravitaillement, mais malgré une dernière bosse bien soutenue, je n’arrive pas à revenir et pointe au ravitaillement avec 1’ de retard en 6e position (sans compter le temps à décompter lors de la neutralisation de la course).

Je bois un peu mais ne m’attarde pas à ce dernier ravitaillement et repars sur la route descendante. Je me sens à l’aise et pense pouvoir revenir rapidement sur Daniel, mais je ne l’aperçois plus…

Après une petite bosse, voici que débute une partie très boueuse et particulièrement glissante. Bien décidé à gagner du temps en descente, je ne ralenti pas vraiment … et boum ! Une belle glissade et une chute sans gravité. Je me relève et repars en étant un peu plus prudent… Du coup, je ne pense pas revoir Daniel à présent. Mais un peu plus loin, je suis surpris de revenir sur 2 coureurs qui semblent avoir bien du mal à progresser sur cette bouillasse (Arnaud et Olivier Morin).

Me voilà donc 4e (fictivement) et je sors bientôt de la partie boueuse. Je me sens toujours à l’aise musculairement et j’en profite pour bien tenter de gagner du temps. A la fin de la descente, on m’annonce que j’ai une minute de retard et que l’arrivée est proche.

Je poursuis mon effort et alors que j’arrive dans le dernier kilomètre, à proximité du plan d’eau, je suis surpris de rejoindre pas un coureur, mais 3. En fait, Daniel a rejoint Jérémy et Stéphane qui ont fait course commune depuis la reprise. Je me place donc avec eux et nous rejoignons à 4 l’arrivée.

Avec la prise en compte des écarts à la Cascade du Rouget, je suis finalement classé 5e.

 

Rémy : Trail du Haut Giffre 2016

Petit bilan :

Un résultat plus que satisfaisant car avant le départ je me demandais comment j’allais faire pour encaisser ce parcours… Certes, le parcours a été un peu simplifié mais la neige et la boue ont compensé la difficulté enlevée.

Ce qui est très rassurant pour la suite, c’est que musculairement, je me suis senti très à l’aise et je pense que j’aurai sans souci pu encaisser 30 ou 40 kilomètres supplémentaires.

Le niveau, sans être très relevé, était tout de même assez dense et je suis très satisfait de prendre une bonne 5e place, avec une remontée tout au long de la course (sauf lors d’un passage à vide relativement bien géré).

Par rapport à la Maxirace, j’ai solutionné mon problème de semelles, en plaçant mes semelles orthopédiques.

Autre gros point de satisfaction, je n’ai à nouveau pas eu de crampes, ni même de prémices. Je crois bien que les Actives Patchs 4U vont être définitivement adoptés !

Enfin, la récupération depuis la Maxirace a finalement été très correcte, malgré les 20km soutenus du trail de Sassenage le weekend précédent Samoëns. Nul doute que la spiruline a joué un rôle durant ces 3 semaines (j’avais volontairement augmenté un peu la dose quotidienne). Là encore, c’est validé pour ma prépa spécifique qui débutera après 2 semaines de repos (bien méritées et bien nécessaires).

Une prépa qui s’annonce volumineuse…

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