Christophe : mon UTV 2015

C’est parti pour l’UTV, l’Ultra Trail du Vercors, une petite balade dans le Vercors pas loin de la maison. C’est déjà la 5ième édition et mon planning me permet enfin de m’inscrire et de découvrir cette course qui relie 7 villages du coin. J’embarque Thierry dans l’aventure pour mon objectif de l'année. La préparation estivale se passe bien et je me présente confiant au départ. D’après le topo, le parcours est plus facile que l’année précédente avec 82kms et 4300+ annoncés. J’estime donc mon temps de course à 12H30.

 

Méaudre, 4ième étape du jour

Méaudre, 4ième étape du jour

 

Comme d’habitude, le réveil est ultra matinal, 2H45 pour être précis, mais les 5H de sommeil ont été reposantes. Après un covoiturage avec des coureurs du Trièves jusqu'à Lans en Vercors, je salue quelques connaissances et nous voilà déjà sur la ligne de départ avec Thierry. On est à 1000m d'altitude, il fait frais, 5° environ et la veste obligatoire est de rigueur sur le dos et pas dans le sac. Outre l’objectif temps, le but est bien sûr de "croquer" Thierry adepte des départs rapides.

Corrençon, 5ième étape du jour

Corrençon, 5ième étape du jour

Pour une fois, le départ est raisonnable et je prends moi aussi une allure de sénateur (donc tranquille). Je suis plutôt aux avant-postes (50ième ?), je suis à l’aise au milieu du peloton et j’en profite pour discuter avec l’ami Jo. La montée vers le Moucherotte n’est pas si dure, on peut même relancer par endroit, mais j’hésite par peur de me griller si tôt dans la course. Au sommet, la vue sur Grenoble illuminé est magnifique, mais le vent est saisissant et je ne m’arrête pas. Et là, c’est (déjà) le drame : je vais connaitre le passage le plus compliqué de ma course. La première partie est pentue et caillouteuse, je n’arrive pas à dérouler. Puis on s’engouffre dans le vallon des Forges : oui, c’est chouette mais j’en bave. Peu  à l’aise dans cette caillasse, je chute même 3 fois en 10’ ! J’en ai marre, j’ai envie de tout balancer, des wagons de coureurs téméraires me doublent…

En parlant de chouette, la Chartreuse n'est pas très loin

En parlant de chouette, la Chartreuse n'est pas très loin

Heureusement, le jour se lève enfin, le sentier forestier est plus facile et je peux mieux dérouler. Après une petite montée sans soucis au-dessus du tremplin, je respire un peu en me dirigeant vers le premier ravito à St Nizier (60ième, section de 17kms, 1200+ et 1040- en 2H22’). La température est plus supportable, je range bourre donc ma veste et ma frontale dans mon petit sac à dos 5L et refais (comme je peux) le plein d’eau dans l’espace restant. Je tente saucisson et chocolat, mais j’ai du mal à mâcher...

Jean-Luc va faire le lièvre dans la descente sur Engins
Jean-Luc va faire le lièvre dans la descente sur Engins
Jean-Luc va faire le lièvre dans la descente sur Engins
Jean-Luc va faire le lièvre dans la descente sur Engins

Jean-Luc va faire le lièvre dans la descente sur Engins

Entre-temps, 2 "vieilles" connaissances ont déboulé au ravito, 2 vétérans très aguerris : Jean-Luc et Pascal. Je repars donc avec derrière eux dans la courte descente vers Engins. Ils envoient du bois les vieux copains, moi je reste prudent, ça glisse, notamment dans le fameux passage du Pas du Curé. A Engins, on commence la 2ième et dernière grosse ascension de la journée (800+), direction le plateau du Sornin et la Molière. Un petit groupe d’une huitaine de coureurs s’est formé, mais très vite, je les lâche un à un. Je suis vraiment à l’aise dans la montée.

Enfin un peu de soleil

Enfin un peu de soleil

Ça passe vite, je débouche dans le joli lapiaz du Sornin, puis je relance assez facilement en direction de la Molière. Je me sens bien, les jambes répondent parfaitement, le moral est au top. Seul hic : à trop bourrer la veste dans le sac à dos, il y avait moins de place pour l’eau et je suis à sec 30’ avant le ravito environ. Le Pas de l’Ours est une formalité, je déroule dans la (facile cette fois) descente vers Autrans : seul Pascal et les 2 premiers duos me doublent (47ième, section de 21kms, 970+ et 1100- en 2H31’).

C'est beau dans le coin
C'est beau dans le coin
C'est beau dans le coin
C'est beau dans le coin
C'est beau dans le coin

C'est beau dans le coin

Cette fois, je remplis la poche à eau au maximum de ses capacités. Je tente un tuc et un autre morceau de chocolat, idem dur dur de mâcher. Après de (trop) nombreux verres de coca, je repars avec Pascal. Le début de la portion vers Méaudre est assez facile sur un gros sentier forestier. Je me sens bien dans le début de la côte suivante et lâche un peu Pascal. Mais voilà, mon ventre se durcit mystérieusement et quelques nausées apparaissent… zut ! Trop de coca au dernier ravito ? Surement… Je serre les dents, m’applique à respirer calmement. C’est dommage, car c’est un joli passage "freeride et sauvage" qui nous attend sur l’arête, avec vue sur le massif des Coulmes et les gorges de Rencurel. Le début de la descente est dur, je lève le pied. Petit à petit, mon ventre se détend, la respiration y est pour beaucoup. Après une grosse descente dans le pentu de la station de ski, je rejoins en pleine forme Méaudre juste derrière Pascal (43ième, section de 11kms, 540+ et 600- en 1H32’).

Il est fashion ce Pascal...

Il est fashion ce Pascal...

On est chauds patates, on ne traine pas, pas mal de relais nous double comme des fusées juste après le ravito… La montée suivante est courte mais bien pentue. Je lâche définitivement Pascal et après avoir basculé dans la descente, je rejoins Tristan, un sympathique coureur ardéchois (tous les ardéchois sont sympas de toute façon). Après la descente sans aucune difficulté, on traverse un mini-barrage et on rattaque une douce montée sur bitume. Je me sens bien, mais je préfère marcher, je marche toujours à l'économie. Cette portion est un peu longuette avec alternance de petites montées et de petits passages plats en forêts. Heureusement on discute bien avec Tristan et le temps passe plus vite. Je ne me souviens même plus de la descente sur Corrençon ?!? (38ième, section de 15,5kms, 760+ et 650- en 2H05’).

Il parait que le ski de fond est le sport roi dans le coin...
Il parait que le ski de fond est le sport roi dans le coin...

Il parait que le ski de fond est le sport roi dans le coin...

Comme je n’arrive toujours pas à manger au ravito (mais le reste du temps ça va), je fais un arrêt éclair, juste le temps de faire un mini-plein d’eau pour la courte section suivante. Je pense avoir 30’ d’avance sur mon timing en 12H30’ donc je repars illico. Et puis, faut aller chercher Thierry, il ne doit pas être trop loin l'animal ;). Tristan doit faire l’effort pour recoller dans la montée suivante. Là aussi, c’est plutôt court et facile, et Tristan semble plus frais sur la fin de l’ascension. Par contre, dans la descente, je trouve le chemin au milieu des arbres très agréable (pour une fois) et je me lâche un peu (à mon niveau bien sûr). Sur la fin, la fusée Séverine Bovéro nous double dépose quand même… On rejoint alors Villard pour une somptueuse soupe de pâtes (30ième, section de 6,3kms, 360+ et 440- en 54’). Là, on traine un peu. On redoute la dernière difficulté (600+ en 5kms en fait) et puis, la soupe est tellement bonne…

Allez Tristan

Allez Tristan

Allez, on repart quand même tous les 2, tranquillement sur la route, puis sur le chemin. Au détour d’un virage, un bénévole nous annonce les derniers 200+ bien raides. Effectivement, je craque un peu, les jambes sont toujours là, mais le cœur ne suit pas, alors que Tristan est à nouveau plus à l’aise et se détache. Mais bon, ça reste une petite montée et quelques minutes plus tard, je débouche sur le fameux sentier Gobert. Je relance bien, je rejoins Tristan. On va se relayer dans cette dernière portion. Ce sentier en balcon est magnifique, pas trop difficile malgré les pierres et autres racines, mais on préfère alterner course et marche pour éviter toute chute et autre piège à ce stade de la course. Ca y est, on attaque franchement la descente finale, on déroule bien, le chemin est une autoroute maintenant, on compte les derniers kilomètres. L’objectif 12H30’ va être explosé. Bingo, on passe la ligne ensemble dans le super temps de 11H10’ (28ième, 13,2kms, 590+ et 590- en 1H46’).

Le célèbre refuge de la Molière

Le célèbre refuge de la Molière

Thierry est bien là, arrivé 9’ plus tôt et frais comme un gardon. Bravo !

Je suis bien sûr très content de ma course, très régulière, sans pépins et avec de bonnes jambes tout le long. Après une première descente très compliquée et un petit passage dur entre Autrans et Méaudre, j’ai bien enchainé ensuite et partagé un bon moment de trail avec Tristan.

Le fan-club de Thierry... remember 2014...

Le fan-club de Thierry... remember 2014...

Points positifs :

  • Un balisage nickel et un superbe parcours, peu difficile toutefois, de magnifiques paysages, une organisation et des bénévoles au top
  • Une météo fraiche qui m’a permis de maintenir un bon niveau de forme toute la course avec une prise de risque qui a payé (sac à dos 5L avec le matos obligatoire et 1L d’eau uniquement)
  • De super jambes pendant tout le parcours, mais je l’ai un peu payé les 3 jours suivants ;)
Rien à redire sur la course, c'était vraiment beau !

Rien à redire sur la course, c'était vraiment beau !

Points négatifs :

  • La première descente, un vrai boulet
  • Des difficultés à m’alimenter sur les ravitos (mais aucun soucis en course, pour infos, j’ai pris 5 gels et 2 barres en courant)
  • Trop à l’aise ? Peut-être mais la limite n’est jamais trop loin et en cherchant à aller plus vite, j’aurais peut-être explosé
Des vrais montagnes russes ce Vercors

Des vrais montagnes russes ce Vercors

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