Rémy : Endurance Trail 2014

Contexte : 9 semaines après l’UT4M, j’espère avoir suffisamment récupéré pour réaliser une belle course et si possible, une belle performance. La prépa a été très en dents de scie, faisant naître beaucoup d’incertitudes sur mon état de forme, mais les dernières séances  ont été plutôt encourageantes.

Les Frances 4 semaines plus tôt, ont été un échec prévisible et je nourris de beaux espoirs pour ce rendez-vous. D’autant que le festival des Templiers sert de support à un très sympathique rendez-vous de tout le team « 3D Trail » du côté de Millau. Un beau weekend en perspective

 

Objectif : Objectif 1 : objectif majeur. Même si ce n’est pas la grande course des Templiers, l’Endurance Trail propose une belle épreuve et un plateau d’un niveau assez correct. L’occasion pour moi de me tester sur un parcours varié alternant passages raides, techniques et secteurs roulants. Un parcours qui je pense, devrait bien me convenir.

Si les jambes sont au rendez-vous, j’espère pouvoir intégrer le Top10.

 

Déroulement :

Vendredi matin : Le départ n’est pas encore donné, que déjà j’éprouve quelques difficultés… il est 1h30 du matin et c’est déjà l’heure que je me lève pour cette course (j’avais mis mon réveil à 1h50, mais je me suis trouvé réveillé à 1h30 donc autant se lever…).

Y’a pas à dire, c’est dans ces moments-là que je me demande pourquoi je fais ce type de sport ????? ;-)

Petit déj tranquille et je me prépare tranquillement et sereinement. Je me rends ensuite au départ et débute un court échauffement. Il fait froid et je m’interroge sur ma tenue vestimentaire pour ce début de course… J’opte pour la prudence et décide de partir avec une micro–polaire et des gants. Je sais que Damien sera présent au lever du jour, 40e kilomètre.

Je fais un brin d’échauffement et me place dans le peloton de départ. Et avec de la chance, j’arrive à me placer dans les premiers rangs. Finalement, je me rends compte qu’il ne fait pas si froid que ça. Je décide d’enlever ma micropolaire, et reste en teeshirt + coupevent très léger.

Après une présentation rapide des principaux favoris, le départ est donné.

Je trouve rapidement une allure qui me convient et laisse filer une cinquantaine de coureurs devant moi. Je suis à 14km/h et cela me paraît largement suffisant…

Après 2.5km, on débute la montée sur le village de Carbassas. Je me rappelle des France où j’avais senti dès la première bosse une grosse fatigue musculaire et redoute un peu cette première ascension. Je sais que celle-ci me donnera une grosse indication sur la suite de ma course.

Après quelques dizaines de mètres dans cette ascension, je suis soulagé. Les jambes répondent très bien et je monte facilement vers le village de Carbassas en remontant par la même occasion au sein des coureurs. Je ne cherche cependant pas à trop remonter, la course s’annonce longue et je temporise dans la suite de cette ascension. Je suis un moment à côté de Sangé Sherpa. Je suis d’ailleurs surpris de le voir ici, car suite à sa victoire au Belfortrail le weekend dernier, je n’étais pas sûr qu’il serait au départ… Mais bon, il a l'air tout de même en forme (il finira 3e).

Une fois au sommet de cette première bosse, je relance sereinement sur le haut du plateau. Je déroule sans prendre de risque et bientôt le chemin devient une étroite trace. Le sentier est bien agréable, mais de nuit, il faut être bien vigilant. Je reste donc bien prudent mais ne perds pas de place.

Le sentier descend ensuite plus franchement et il faut rester concentré. Je commence à m’apercevoir que j’ai tout de même un peu de mal à rentrer dans ma course. Le réveil très matinal (1h30) et ma courte nuit (seulement 2h30 de sommeil) se font toujours sentir. Je languis le moment où le soleil va pointer le bout de son nez. Malgré cela, la descente se passe plutôt bien et je recolle à 2 coureurs.

D’ailleurs, je les dépasse dès le pied de la descente sur une portion roulante. On arrive rapidement aux villages de Paulhe puis Aiguessac. Le tracé est toujours bien roulant et je maintiens sans peine une vitesse entre 14 et 14.5 km/h. Même si les sensations générales ne sont pas encore au top (sommeil toujours), je suis de plus en plus en confiance pour la suite. J’ai l’impression de bien gérer mon effort…

Après avoir gagné 2 ou 3 places supplémentaires sur la traversée des villages, le parcours devient plus vallonné et je me contente de maintenir le contact avec les 2 coureurs qui m’entourent. J’en profite ainsi pour me ravitailler calmement.

Voici bientôt le ravitaillement de Rivière sur Tarn (18.5 km) que je passe en 26e position. Je fais un rapide plein d’une flasque et je repars avec une poignée d’aliments.

Un peu plus loin, vers le Château de Peyrelade, je discute avec un coureur qui m’annonce avoir réalisé un Top15 l’an passé et espère gagner 30min cette année. Cela me conforte sur mon allure, d’autant que je me sens toujours très à l’aise.

Je le distance  ensuite petit à petit et me retrouve seul pour une bonne portion entre Boyne et Monstuejouls, excepté la fin de cette section où je reviens facilement sur quelques coureurs grâce à une descente que je trouve facile et roulante.

 

 

Rémy : Endurance Trail 2014
Rémy : Endurance Trail 2014

A Monstuejouls, mes supporters sont là et Damien me remplace mes flasques, m’effectue mon plein de vivres et me transmet mes bâtons. Damien m’informe qu’il me trouve bien et dans le bon tempo. Nous sommes au 36e km, et je suis 24e.

Il fait encore à peine nuit et j’hésite beaucoup à laisser ma frontale à Damien. Ayant peur de partir rapidement sur un sentier en sous-bois, je préfère la garder pour cette prochaine section…

Je repars en compagnie d’un sympathique coureur Basque et nous échangeons régulièrement quelques mots. Il s’agit de Jérôme Mirassou (il finira 10e). On effectue la section suivante (jusqu’au Rozier) ensemble et c’est un moment bien sympathique. La lumière du soleil et le fait de discuter un peu m’ont enfin permit de me réveiller et j’envisage la suite avec plaisir, d’autant que le tracé s’embellit au fil des kilomètres.

Rémy : Endurance Trail 2014
Rémy : Endurance Trail 2014

Ensemble nous progression aisément au classement et parvenons en 20e et 21 position au ravitaillement du Rozier (46e km). Fanny, Caro, Damien, Gabrielle, Christophe… tout le monde est encore là pour m’encourager et me ravitailler. Damien m’informe que le prochain ravito est estimé à 1h30 (d’après les estimations que nous avions fait la veille) et j’échange 2 flasques vides contres 2 pleines. Je ne reste pas très longtemps, mais Jérôme est déjà reparti, et je poursuis en solo.

L’ascension qui vient est sympa et me rappelle de bons moments passés ici en famille et entre amis 2 ans auparavant. Le haut de l’ascension est plus technique et même si je commence à ne plus être aussi à l’aise qu’auparavant (un peu normal après 45km), c’est vraiment un plaisir tant ce passage est magnifique (sentier des corniches du Causse Méjean). La traversée à proximité du Vase de Sèvres et à couper le souffle.

En revanche, je commence à regarder ma montre et je me rends compte que notre estimation de la veille est quelque peu erronée. En effet, cela fait quasiment 1 heure que j’ai quitté le ravito du Rozier, et je n’ai pas entamé la redescente sur la Jonte. Sachant que je dois ensuite remonter sur le Causse Noir puis le traverser en partie pour rejoindre St André de Vézine, c’est clair que cette section sera bien plus importante qu’1h30…

Du coup, alors que je buvais jusque-là sans limite, je suis contraint de me rationner un peu… Et malheureusement cela coïncide avec une légère hypoglycémie.

Mais bon, pas d'inquiétude, les hypos arrivent régulièrement en ultra et j'arrive en général à bien anticiper et à les gérer convenablement. Je mets donc moins d'intensité dans mon effort (ce qui permet à un coureur de revenir sur moi) et je mange doucement une barre amande (Punch Power). J'essaie de boire un peu, tout en me limitant afin d'économiser ce qui me reste comme liquide.

Heureusement, je commence à aborder la redescente vers la Jonte, ce qui me permet de me laisser porter sans efforts, tout en avançant à une allure correcte. Cette descente me permet d'ailleurs de revenir sur le coureur qui m'avait dépassé et sur le plat qui mène au village du Truel, j'aperçois un coureur à une trentaine de secondes devant moi. Je passe 21e au Truel.

Le parcours nous amène bientôt sur les bords de la Jonte et nous pouvons admirer quelques splendides passages bien pittoresques (une maison dans la roche, de belles voûtes,...). Je franchis bientôt la rivière et un bénévole m'indique que la montée sera assez raide, puis nous aurons un long passage roulant.

Je prends mon mal en patience et aborde le début d'ascension avec prudence.

Finalement, l'ascension n'est pas si raide qu'annoncé et je trouve une bonne allure où je me sens à l'aise... pour le moment.

Je reviens sur un coureur qui semble bien dans le dur et j'essaye de l'encourager. Mais en l'encourageant, je me rends compte que je ne suis finalement pas si bien que ce que je croyais et je sens mes forces s'amoindrir petit à petit. Une 2e hypo est en cours…

Allez, c’est repartit, je lève franchement le pied, et essaye de manger un petit truc. Mais le problème c’est qu’ici, je n’ai pas de descente pour me laisser porter. Il y a du plat, et il faut courir… chose que j’ai beaucoup de mal à faire. Du coup, j’alterne course et marche.

Je ne sais pas trop combien de temps il me reste avant le ravitaillement, mais je prends le risque de finir l’eau qu’il me reste, car je sens que j’en ai vraiment besoin. Un coureur me dépasse et je ne cherche bien sûr pas à m’accrocher.

Peu à peu, je sens que je retrouve un peu de force, même si je me sais encore très très fragile. Je trottine donc prudemment. Cela me permet de revenir sur un coureur, tandis qu’un spectateur nous annonce le ravito à 2km environ. Ouf, cela me soulage grandement, mais ce n’est pas pour autant que j’accélère. Je reste prudent sur mon allure car je sens que je peux très vite rechuter.

A proximité de Saint André de Vézine, j’aperçois devant moi 2 coureurs, à une trentaine de secondes.

Christophe est également là pour m’encourager et m’accompagner sur 100m pour arriver au ravito. J’aperçois aussi Fanny, Gabrielle et Caro qui m’encouragent. Nico, venu reconnaître une petite portion du parcours pour dimanche, est aussi présent et m’encourage également.

Je m’arrête au niveau de Damien qui me redonne des flasques pleines. Je lui demande une 3e flasque, car je ne veux pas manquer d’eau pour la suite et je sais que je suis probablement déjà un peu trop déshydraté. Puis je vais au ravitaillement (pointage à la 19e place) et je prends le temps de bien manger.

 

Rémy : Endurance Trail 2014
Rémy : Endurance Trail 2014
Rémy : Endurance Trail 2014

Parmi tous les aliments proposés, c’est les morceaux de pommes qui me font le plus envie. Du coup, j’installe mon campement devant l’assiette de pomme et j’en déguste de nombreux morceaux… Une fois rassasié, je prends encore 5-6 quarts de pomme dans les mains et repars doucement.

 

Rémy : Endurance Trail 2014

Je me sens un peu lourd au niveau digestif, mais bon, je me dis que ça va passer. Le profil est plutôt roulant ou descendant jusqu’à La Roque, ça devrait le faire pour digérer et faire ensuite une grosse fin de course (ça, c’est la théorie… la réalité sera tout autre).

Je peine à finir mes morceaux de pommes… j’essaye de boire pour faire passer tout ça, mais c’est franchement pas mieux… voire pire. Mais bon, je reste confiant car il reste encore pas mal de chemin.

La descente en balcon à proximité du château de Montméjean est superbe, et me permet d’atténuer un peu mes sensations de ventre gonflé. Dans la montée qui suit, je ne suis pas si mal que ça, et je reprends même 2 places un peu avant les Rochers de Roquesaltes. Juste après un coureur suédois me dépasse avec une incroyable fraicheur. Et nous effectuons le yoyo dans la descente sur La Roque.

J’arrive 16e à la Roque et refait le plein auprès de Damien (je suis pointé 18e car 2 coureurs sont arrivés durant mon ravitaillement avec Damien). Il me fait remarquer que je n’ai rien mangé et presque rien bu depuis St André de Vézine. Mais bon, je trouve cela assez normal, car je m’étais gavé de pommes tout à l’heure… Je rentre ensuite dans le ravitaillement, mais rien de me fait envie… J’essaye tout de même un peu de coca et 2 morceaux de fromage, puis repars.

Malheureusement, les morceaux de fromage ne sont pas les bienvenues dans mon corps et cela me fait naitre de désagréables sensations… Pas top pour aborder la montée sur Pierrefiche…

Je prends donc une allure tranquille. La montée se passe plutôt mieux que prévue, et je gagne encore 2 places dans cette ascension… sans avoir la sensation de forcer, bien au contraire.

Mais en revanche au sommet de l’ascension, il m’est absolument impossible de relancer. Je me sens très faible, comme sans énergie. C’est incroyable, alors que je pensais pouvoir réaliser une grosse fin de parcours, je me retrouve quasiment à l’arrêt… impossible de trottiner sur cette partie légèrement descendante… En fait, dès que j’essaye de courir, je suis pris de maux de ventre très désagréables…

Je rejoins le hameau de Pierrefiche douloureusement, mais le moral est toujours là. En effet, je sais qu’à présent, j’ai une bonne portion de plat puis de descente pour rejoindre Massebiau. En levant le pied, tout devrait revenir en ordre et je parviendrai à finir convenablement, et peu importe le classement.

Mais malheureusement, je suis encore plus à la peine que prévu. Obligé de marcher à faible allure.

Je n’ai rien mangé, ni surtout bu, depuis St André de Vézine (mis à part 2 bricoles à La Roques qui sont très mal passés). J’abandonne définitivement un objectif de classement et décide de marcher tranquillement jusqu’à ce que ça revienne. Et vu la suite du profil, je dois avoir largement le temps de retrouver la forme car la prochaine grosse difficulté sera la montée de la Ferme de Cade dans plus de 12km.

Mais dans une petite bosse d’à peine 100m+, je vois apparaître un voile blanc devant les yeux, en me sentant terriblement faible. Aïe, ça sent la belle hypo…

Impossible d’avancer… je suis contraint de m’assoir et d’attendre. Après 5 minutes de pause, je fini les 20m+ qu’il me reste pour atteindre le sommet de cette « terrible » ascension.

J’effectue ensuite une nouvelle pause en espérant que cela me soit bénéfique. Mais comme je suis toujours bloqué au niveau digestif, je décide de me forcer à boire un peu et éventuellement aussi à manger. Malheureusement, après seulement une demi-gorgée d’eau, les nausées deviennent bien plus violentes et vous devinez la suite…

A partir de là, je sais qu’il n’est pas raisonnable de continuer, car je sens bien que je suis capable de marcher tranquillement jusqu’à Massebiau, mais qu’ensuite, il me sera impossible de monter à la Ferme de Cade (500m+) sans risquer un malaise. De plus, je sais que je vais être décu par un abandon, mais que de toute façon, je serai tout autant déçu de finir à l’agonie avec 6 à 7 heures de plus que mes estimations… Et pour finir, je pense à Damien qui m’attend à Massebiau et qui court dimanche, à ma femme et mes amis qui m’attendent à l’arrivée… bref, je me dis qu’il est inutile qu’ils attendent mon arrivée trop longtemps.

J’arrête le carnage et je décide de jeter l’éponge à Massebiau. Décision difficile à prendre, surtout qu’il s’agit de mon premier abandon, en 11 ans de pratique…

Mais comme il me reste encore 10km à faire, j’ai le temps de bien réfléchir à ma décision. Mais pas de doute possible tout au long de ce périple, je me sens vraiment trop faible pour pouvoir rallier Le Cade sans danger.

J’arrive enfin à Massebiau, retrouve Damien, lui explique ma décision et je rends mon dossard.

 

 

Points positifs : Malgré l’abandon, je trouve tout de même des éléments positifs à cette journée :

  • Musculairement, j’étais vraiment bien, ce qui prouve que j’avais tout de même bien récupéré de cet été (au moins musculairement)
  • J’ai découvert de superbes passages. J’en ai pris plein les yeux entre Le Rozier et Le Truel. Ça donne envie de revenir sur cette épreuve ou bien sur l’Intégrale des Causses.
  • Enfin, cette participation m’a permis de découvrir un superbe coin à chanterelles… du coup, obligé d’y retourner le samedi matin pour y récolter rapidement 5kg de champignon. Et en partant lundi matin, on y retourne et on repart avec 13kg de plus… Et dire qu’il en restait encore plein dans la forêt (mais faute de temps, il a fallu partir…)

 

Points négatifs :

  • Bien sûr un gros souci digestif. Assez étonnant car sur la première moitié de course, je m’étais alimenté comme d’habitude, et j’avais plutôt bien géré mon effort. De plus, mes premières petites hypo ne m’effrayaient pas et je pensais les avoir relativement bien gérées et ainsi pouvoir faire un bon final… mais ça s’est passé autrement.
  • Peu de motivation sur l’épreuve. Et c’est sur le plan mental en revanche que je sens que je n’ai pas récupéré de l’été… Il m’a été difficile de me motiver avant la course et durant celle-ci, je n’ai jamais été vraiment dedans…
la récolte du samedi matin (4.8 kg de chanterelles jaunes)
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Manu 06/11/2014 16:15

Bien dommage cet abandon, mais ça fait partie de ce sport, et quand la santé vacille, mieux vaut stopper pour bien repartir (vu la récolte de champignons, ça n'a pas tardé....LOL).
Bravo tout de même pour cette bonne portion de course qui pré-sentait un bon parfum.

Rémy 09/11/2014 09:00

Salut Manu.
Merci pour ton message. A bientôt.

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