Damien : CCC 2014 ( le cr )

  • 3D Trail

« Chamonix est Magique ! » Ces mots claquent dans ma tête depuis quelques jours.

Ils résument aussi l’atmosphère régnant tous les ans à la même époque autour du Mont Blanc. On peut décrier le caractère « Bling-Bling », « Buisness et même Show-Biz » de cet événement mondial. Malgré tout, on y revient. Et à chaque fois, quelles sensations de passer la ligne d’arrivée !

Cette année, pour moi, c’est la CCC. Je reviens à mes premiers amours sur une course de 101KM et plus de 6100D+. Je viens aussi pour encourager ma Caro , Fanny et Jacques qui font l’OCC, la petite dernière qui a tout d’une grande avec ses 1200 participants.

Même si je n’ai pas pu effectuer un entraînement à la hauteur de mes espérances, bizarrement, je suis assez serein quelques jours avant le départ. Heureux de participer une nouvelle fois à cette grande aventure.

Damien : CCC 2014 ( le cr )
Damien : CCC 2014 ( le cr )

Une fois n’est pas coutume, avec Rémy, on assiste nos dames sur l’OCC. C’est avec beaucoup de plaisir que nous passons une superbe journée en famille et entre amis en admirant nos coureurs. Les filles réussiront la course parfaite ainsi que Jacques qui sera heureux de passer la ligne à Chamonix ! Cerise sur le gâteau, c’est l’ami Nicolas Martin qui remportera la course ! Bravo champion !

images de l'OCC
images de l'OCC
images de l'OCC
images de l'OCC
images de l'OCC

images de l'OCC

Il est l’heure pour moi d’entrer dans ma course. Je vais me coucher tôt et dors comme un bébé…

Au petit matin, la fraîcheur est présente mais la journée s’annonce bien. Rémy me transporte gentiment jusqu’à la « Pschitt mobile » où Audrey, Guillaume et le fameux « Pschitt » nous attendent pour passer le tunnel.

Ah oui, « Pschitt », c’est Nicolas Perrier. Depuis le début de l’été, on ne se quitte plus sur les courses tous les deux. J’en suis fan de Nico, lui le grand champion de ski de fond qui met aujourd’hui la priorité sur le trail. Je suis certain qu’il va faire une grosse course à la hauteur de son talent !

L’arrivée sur Courmayeur est plutôt agréable et l’on évite la foule en attendant au chaud dans un hall l’heure du départ. Très vite, c’est l’heure de se placer. Nicolas fait partie des favoris et il file en me souhaitant bonne course. Je commence à me concentrer et profite de ces instants très forts d’avant course. Il y a encore plus d’internationaux que d’habitude et l’ambiance est grandiose.

Mon pschitt ! Ce n'est pas le gâteau sport d'avant course :-)

Mon pschitt ! Ce n'est pas le gâteau sport d'avant course :-)

COURMAYEUR / TETE DE LA TRONCHE

( 1H38, 10,5km, 1435D+, position 39)

Après les hymnes nationaux, le compte à rebours est lancé ! Musique à fond ! C’est parti pour mon objectif (15 heures ) d’un voyage où la moindre erreur de gestion peut conduire au naufrage mais où la sagesse est récompensée par du plaisir et un objectif grandiose; passer la ligne à Chamonix.

Bien placé au départ, je file rapidement dans les rues de Courmayeur. Mais, au bout de 500 mètres, mon bidon s’échappe du sac ! Il tombe à terre et je le récupère grâce à un réflex improbable…La meute de 2000 coureurs derrière moi auraient pu stopper net ma course ! Ouf, pas de chats noirs en vue. Je reprends ma foulée et trouve un rythme déjà rapide. Devant, c’est la bagarre et la pente qui s’élève vers la Tête de la Tronche va faire des dégâts à ces vitesses. Je le sais déjà et ne m’affole pas. Pschitt est à quelques encablures devant et jette un coup d’œil vers moi de temps en temps pour estimer sa vitesse de croisière.

On quitte le bitume pour des sentiers plus étroits. Je me mets à marcher pour dépenser le moins d’énergie possible dans cette longue ascension. J’ai pour objectif de passer la tête de la Tronche en 1H45. Après une petite heure de course, je reprends des coureurs qui ont le souffle court…la course va être longue ! Je grimpe à mon rythme sans me soucier des autres.

Cette ascension comporte aussi des petites parties techniques descendantes. Je lève le pied à ces moments et économise ma foulée pour la suite…

Après 1H20 de course, j’aperçois les premiers qui passent le sommet, j’ai déjà plus de 15’de retard ! C’est en 39ème position et en 1H38 que j’arrive en haut de la première difficulté. Un peu rapide à mon gout mais j’en ai vraiment gardé sous le pied…

crédit photos : endurance mag
crédit photos : endurance mag

crédit photos : endurance mag

TETE DE LA TRONCHE / ARNUVA

( 3H21, 27,4km, 1851D+, position 43)

Dans la descente vers Bertone, Je vais plutôt moins vite que mes compagnons de route et c’est seulement sur le chemin du refuge Bonnati que je trouve un bon rythme de croisière efficace.

Arrivé à Bonnati, je fais ma première pause en buvant une petite soupe. Il fait un peu chaud et je sens que je perds beaucoup d’eau. J’ai un peu peur des crampes à venir. Un plat salé ne peut que me faire du bien.

En repartant, il y a déjà de sacrés écarts et je me retrouve souvent seul à courir.

y fait chaud en Italie !

y fait chaud en Italie !

ARNUVA / LA FOULY

( 5H17, 41,9km, 2803D+, position 37)

La descente vers Arnuva est moins boueuse que d’habitude et les jambes répondent parfaitement. J’ai toujours de l’avance sur mon plan de marche et elle augment un peu même. Je fais le plein au ravitaillement et pars rapidement vers la seconde grosse difficulté du jour, le grand Col Ferret. Il fait chaud en ce début d’après midi et dans le col…c’est l’hécatombe ! Rapidement, je reprends des espagnoles avec des dossards de favoris puis c’est Adrien Séguret qui semble dans un mauvais jour ! Un Anglais s’exprime dans la langue de Shakespeare mais pas pour faire de la poésie ! Certains ont déjà perdu leurs espoirs de briller sur la CCC…

L’ascension est dure mais j’avance régulièrement et passe le col en 32ème position ! J’ai énormément bu dans l’ascension et je crains d’être un peu juste jusqu’à la Fouly ! Je suis moins bien maintenant dans la longue descente roulante. Des avions de chasse me doublent et je n’essaie pas de forcer car je ne suis pas loin des crampes…je commence à douter car le chemin est encore très long ! Malgré mon petit rythme, je double des coureurs à l’arrêt justement à cause des crampes. La fin de la descente est interminable et je suis à sec !

Et voici qu’apparaît la grosse crampe à l’ischio…Outch…….Je m’arrête 3’, essaie de me détendre et surtout reste calme. Je sais que ces problèmes peuvent disparaître aussi vite qu’ils sont arrivés. Je perds du temps mais je ne suis pas le seul et, après avoir retrouver une fontaine, je peux repartir sur un bon rythme. J’arrive à La Fouly où un comité d’accueil m’attend pour m’encourager !

En plus d’un supporter d’Endurance shop Besançon déguisé en vache avec un hygiaphone, Caro, les petits, Rémy, Fanny, Jacques, Mes parents, Raoul et Maryse donnent de la voix pour m’encourager. Que ça fait du bien après plus de 5 heures de course !

L'arrivée sur la Fouly ! Et hop une petite soupe !
L'arrivée sur la Fouly ! Et hop une petite soupe !
L'arrivée sur la Fouly ! Et hop une petite soupe !
L'arrivée sur la Fouly ! Et hop une petite soupe !

L'arrivée sur la Fouly ! Et hop une petite soupe !

LA FOULY / CHAMPEX

( 6H57 ; 55,9km, 3370D+, position : 37)

Je reprends un potage et remplis mes bidons. Rémy en bon coach me dit de ne pas m’emballer ; je suis vraiment en avance. Je dois temporiser jusqu’à Champex. Je repars donc remotivé et bien conscient qu’il ne faut pas griller toutes les cartouches sur cette partie très plate. C’est à ce moment qu’Anne Lise Rousset arrive à mon niveau. En tant que première féminine, elle semble très à l’aise sur ces portions. Elle prend peu d’avance jusqu’à Praz de Fort. Juste avant la montée vers Champex. Ma Famille est encore là sur le côté de la route pour donner de la voix !

Je temporise cette montée mais reviens au niveau d’Anne Lise. On fera une grande partie du chemin ensemble et on récupèrera Arnaud Perrignon. Il abandonnera par la suite.

A Champex, j’ai le droit à une assistance et Caro a tout préparé ! Je refais le plein et bois une soupe. Je commence à avoir quelques nausées. Caro le sent bien mais je lui dis que tout est ok.

vers Champex !
vers Champex !
vers Champex !

vers Champex !

CHAMPEX / BOVINE / TRIENT ( 9H21 ; 72km, 4287D+, position 34)

Sur les bords du lac, j’arrive à trottiner et Guillaume, l’assistant de Pschitt m’encourage. Il me dit que Nico n’est pas au mieux à 8’ devant. Rien n’est joué ! Avec la fin de journée et la fraicheur, Nico peut retrouver la forme. Derrière, la fusée Caroline Chaverot me dépose sur le plat. Elle va très vite et semble motivée pour aller chercher Anne Lise devant.

Comme je le présentais, mon ascension vers Bovine devient compliquée, je n’arrive plus à digérer. Je ralentis mais l’hypo n’est pas loin. Grace à ce rythme, la digestion peut se faire et je peux manger un peu. Je n’ai qu’une seule envie, boire une bonne bière !

Je n’ai que cette idée en tête et il est difficile de lutter contre !

Dans la descente qui suit, je retrouve des sensations correctes et cavale vers Trient ! Yes ! La douille est passée !

A Trient, j’en rigole avec Rémy et ma famille qui me voit plutôt en forme ! Je peux me changer au ravito, mange une souplette et repars sur un bon rythme dans Catogne, une montée que j’affectionne particulièrement.

Sortie de Champex avec mon équipe d'assistance :-)
Sortie de Champex avec mon équipe d'assistance :-)
Sortie de Champex avec mon équipe d'assistance :-)

Sortie de Champex avec mon équipe d'assistance :-)

TRIENT / CATOGNE / VALLORCINE

( 11H20 ; 82,5km ; 5143D+ ; position 38)

Mais là, je sens que les jambes sont un peu lourdes et mon rythme lent. J’avance mais plus lentement que prévu…Je manque de dénivelé et c’est maintenant que je le paye…Tranquillement mais surement j’arrive en haut de Catogne et retrouve Anne Lise. Elle vient de se faire doubler et craque un peu mentalement. Elle veut abandonner. Je l’encourage et on attaque la descente ensemble. Une fusée blanche nous double que l’on suit sans trop faire gaffe au chemin…

Au bout de 5’, plus de balises ! On est paumé ! Vite, demi-tour ! On perd 10’ dans l’histoire et la nuit arrive. Je finis la descente sans avoir allumer ma lampe. L’hygiaphone de notre Vache endurance shop redonne le moral avant le ravito.

A Vallorcine, je reste encore un petit moment et me couvre car dehors, c’est très orageux. Il reste simplement une difficulté mais pas des moindre…la Terrible Tête aux vents.

Vallorcine, et départ vers le Col des Montets
Vallorcine, et départ vers le Col des Montets
Vallorcine, et départ vers le Col des Montets

Vallorcine, et départ vers le Col des Montets

VALLORCINE / TETE AUX VENTS / LA FLEGERE

( 13H45 ; 93,8km ; 6046D+ ; position 37)

C’est en courant que j’attaque le faux plat montant du col des Montets avec Anne Lise qui a pris ma roue. On s’encourage, elle a repris la première place et s’accroche.

La pluie redouble, la nuit est bien installée et on attaque la tête au vent. Comme dans Catogne, je subis un peu les montées… Et puis maintenant, c’est le déluge et il commence à faire froid. Je m’arrête pour mettre ma veste , mon bonnet et mes gants ! Il fait vraiment très froid, la pluie tombe à l’horizontale et nous fouette le visage. Anne Lise passe et me souhaite bon courage. Elle file vers la victoire ! Bravo Championne !

Je me retrouve seul dans l’orage. Je suis même à la limite de l’hypothermie. Un espagnol est à l’arrêt et un peu en panique . On se réconforte et je lui dis de me suivre. Je perds un temps fou à chercher le chemin, à glisser sur les pavetons et je m’en colle une sévère d’ailleurs. Je suis gelé et j’essaie de ne pas ralentir jusqu’à la Flégère ! Une ambiance haute montagne !

A la Flégère, j’informe les bénévoles sur les conditions. Je me réchauffe quelques minutes et repars pour la descente finale vers Chamonix. C’est une interminable descente mais à chaque fois, on savoure ces moments. On sait que c’est gagné, relier Courmayeur à Chamonix dans la journée !

CHAMONIX : 14H36 ; 101km, 6109 ; position 37)

Je cours, je marche, je vole vers cette ligne qui fait rêver. L’entrée dans la Ville, les spectateurs dans les rues à 23H30 ! Mes enfants qui m’attendent pour finir avec moi ! Le bonheur, la joie de partager ça en famille. La dernière ligne droite, l’adrénaline. L’émotion.

Les larmes de joie, les frissons, les embrassades avec ma famille, mes amis, mes proches…moments toujours intenses et qui font l’histoire de cette aventure. Voilà pourquoi on revient à Chamonix.

Je termine ce magnifique voyage en 14H30 à la 37ème place. J’ai réussi mon objectif et même un peu mieux. Le niveau était relevé, avec ce chrono, l’an dernier, j’aurai fini 23ème….Surtout, j’ai terminé en ayant pris beaucoup de plaisir !

L'arrivée et ...enfin la petite bière !
L'arrivée et ...enfin la petite bière !
L'arrivée et ...enfin la petite bière !
L'arrivée et ...enfin la petite bière !

L'arrivée et ...enfin la petite bière !

Un grand merci à :

Caro pour sa présence, son soutien et sa compréhension lorsqu’il faut aller s’entraîner au quotidien

A Louison et Basile qui me donnent des ailes

A mes parents, Raoul, Maryse, Fanny et Jacques pour leurs encouragements et leur présence et leurs ondes positives

A Rémy pour tout ce que l’on partage ensemble dans notre passion et pour ses conseils qui valent de l’or.

A Brice d’Endurance Shop pour son soutien au quotidien et sa confiance renouvelée depuis des années même lorsque l'on est blessé !

A tous ceux qui m’ont envoyé leurs encouragements. Merci beaucoup !

Un grand Bravo à :

Mon Pschitt qui fait une fin de course magnifique en prenant une 13ème place méritée. Retenez ce nom dans les années à venir : Monsieur Nicolas Perrier !

Bravo à Audrey et Guillaume pour l’assistance !

crédit photos : en plus d'être un traileur de très haut niveau, Rémy Marcel est un photographe très doué ! La majorité des photos ont été faites par lui ! Merci Rémy !!!

Vivement la suite !

Damien : CCC 2014 ( le cr )

Rémy 09/09/2014 23:27

Bravo Damien.
Superbe course et surtout très belle gestion. Même si ce n'est pas le format de course où tu es le plus performant, tu réussis petit à petit à bonifier tes expériences. Tu as aborder cette épreuve de la meilleure des manières avec relâchement et sérénité. Sur la course tu as réussi à rester dans ta bulle sans te fier aux autres. Et au final, malgré une prépa pénalisée par quelques soucis "vaugoyesques", tu réalises une grosse perf.
Encore bravo et merci de nous avoir fait vibrer durant ces 14h30.
Récupère bien.
J'ai hâte de partager quelques sorties en prépa de Millau !!!

Manu 09/09/2014 19:28

Bravo Damien.
Ravi de voir que les pépins physiques sont derrière.

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