Rémy : Maxirace 2014

Contexte : Après une édition 2013 annulée par la neige, notre participation avec Damien n'avait pu se faire (relais à 2). Du coup, cette année, on retente mais séparément : Damien sera sur le format XL Race (tour complet sur 2 jours) et moi sur la version MaxiRace (tour complet non-stop). Mon début d'année étant plutôt orientée sur des parcours assez roulants (Gruissan, EcoTrail) et j'ai donc repris le dénivelé au coeur de ma prépa, tout en conservant une bonne part de foncier. Cette Maxirace sera donc un bon test pour voir où j'en suis en vue de mon objectif de cette année : l'UT4M.

 

Objectif : Objectif 2 : objectif important. La course servant de répétition aux prochains championnats du monde qui se dérouleront en 2015 sur cette épreuve, le niveau est particulièrement relevé, avec quelques uns des meilleurs français et certains internationaux des autres pays. Ainsi, je pense que la course sera très rapide, ce qui pourrait engendrer pas mal de dégâts sur l'avant de la course (comme c'est souvent le cas sur les grosses courses comme les Templiers ou l'UTMB). En tenant compte de ce paramètre, je pense pouvoir intégrer le Top30.

 

Déroulement :

Déplacement en famille pour cette épreuve. Le cadre paradisiaque du lac d'Annecy étant propice pour cumuler sport et plaisirs/détente en famille.

Damien fait aussi le déplacement en famille et Cédric est également là pour nous accompagner.

Ainsi, le vendredi matin, notre convoi rejoint le camping municipal, idéalement situé sur le tout début du Semnoz.

Après avoir installé notre campement, nous rejoignons la plage d'Albigny pour retirer nos dossards. L'organisation est impeccable et nous ne nous attardons pas sur le site. Juste le temps de discuter brièvement avec Jean-Michel sur la stand Salomon. Ce sera d'ailleurs l'occasion de saluer Julien Chorier et David Pasquio, venus eux aussi saluer Jean-Michel.

De retour au campement, nous effectuons le dernier repas d'avant course et allons rapidement nous coucher. La course débutant à 3h00, le réveil sera très matinal (1h30).

Malgré l'horaire inhabituel pour me coucher, je ne peine pas trop longtemps à fermer l'oeil. Mais ma nuit est souvent entrecoupée de petits réveils car je stress un peu de ne pas écouter mon portable et de manquer le départ... Aussi, j'ai la désagréable sensation d'avoir des petites remontées acides dans la gorge...  très certainement dû au coucher trop rapprocher du dîner.

1h30, le réveil sonne et je rejoins Cédric pour le petit déjeuner et les derniers préparatifs. Ensuite, direction la plage d'Albigny pour retrouver l'ensemble du peloton.

On arrive à se placer juste derrière le sas "élite", ce qui nous permettra un départ à notre allure.

3h01, le départ est donné. Je prends de suite une allure confortable, et très rapidement, la tête de course s'envole... Les 2-3km de plat le long du lac permettent de bien étirer le peloton, mais est aussi propice à un départ trop rapide. Je reste donc prudent et ne fait pas attention aux nombreux coureurs qui me dépassent.

Nous voici bientôt au début de la première ascension qui nous mènera au Semnoz. Beaucoup commencent à sortir les bâtons et à marcher. Pour ma part, je pensais marcher aussi rapidement, mais je me sens vraiment bien musculairement... et du coup, je cours facilement, même dans des portions assez raides comme les escaliers. A cet endroit, je croise d'ailleurs Damien qui se rend à son départ pour la version XL Race.

J'effectue le début de cette ascension assez facilement, en trottinant calmement. Je suis d'ailleurs surpris de n'avoir pas trop les jambes qui chauffent car en général, je ne suis vraiment pas à l'aise dans ce type de montée où il faut courir longtemps....

Après quelques kilomètres, je commence à sentir les jambes chauffer un peu et je commence à alterner marche et course. Un peu plus haut, voyant que je commence à pas mal marcher, je décide de sortir les bâtons du sac.

Il fait sombre (normal en sous-bois à 3h30 du matin) et je me rends vite compte que j'ai fait un mauvais choix de lampe frontale. En effet, souhaitant privilégier le poids et surtout le confort du dos sur l'ensemble de la journée, j'ai opté pour une petite Tika, me disant qu'avec seulement 2h de nuit, ça suffirait amplement... mais résultat, je n'y vois rien du tout, et c'est un peu la galère dès que je suis seul... En plus, cette ascension au Semnoz est entrecoupée de portions bien roulantes et même descendantes où je suis vraiment en difficulté pour évoluer sereinement, d'autant que mes appuis sont un peu glissants. D'ailleurs, je commence aussi à me dire que j'aurai probablement dû préférer les "SLab Softground" plutôt que les "Racing".

Malgré ces petits soucis techniques, je monte tout de même sur un rythme correct et continue de remonter progressivement au classement. Je suis assez serein pour la suite car je sais que tout devrait s'arranger dès le lever du jour. Et comme musculairement, je me sens incroyablement bien, pas de raison de s'inquiéter. La seul chose qui me cause un peu de soucis, ce sont ces petites remontées acides qui continuent d'être présentes et qui m'empêchent de me ravitailler pour le moment. Et même si j'ai l'impression que cela s'arrange progressivement et que je pourrais bientôt manger un peu, je reste très attentif à mon allure car si je suis incapable de manger plus longtemps que prévu, je subirai forcément une belle hypo...

Progressivement, je remonte au classement et me rapproche de certaines féminines... que je ne reconnais pas à cause de l'obscurité. Elles me servent un peu de point de repère au niveau de mon allure et cela me conforte dans mes impressions : je suis bien efficace pour monter si ce n'est pas trop technique, mais je perds tout le bénéfice de mes efforts dès que la pente s'inverse ou que le terrain devient un peu plus technique, en raison de ma frontale trop limitée.

Mais l'ascension du Semnoz étant tout de même peu technique, j'arrive à poursuivre ma remontée au classement.

 

Rémy : Maxirace 2014

Le sommet arrive bientôt, en même temps que le lever de soleil. On devine une belle mer de nuage.

Je bascule et file jusqu'au ravitaillement. Mes flasques sont encore bien remplies et je décide de faire le plein plus loin. J'essaye de manger un bout de pomme et quelques céréales... ça passe, mais je sens qu'il ne faut pas que je mange davantage pour le moment. Je repars donc tranquillement en rangeant ma frontale dans mon sac. Je n'ai aucune idée de mon classement...

 

La descente est peu technique, mais je suis assez prudent, comme souvent sur les premières descentes, afin de me préserver musculairement pour la suite. Et je suis d'autant plus prudent qu'en sous-bois, la luminosité est assez faible et que j'ai du mal à bien anticiper la lecture du terrain... et également, je sens encore que l'accroche de mes chaussures n'est pas vraiment suffisant pour me relâcher sereinement. D'ailleurs, je me prends une belle gamelle suite à une glissade sur une portion herbeuse à l'approche du 2ème ravitaillement. Malgré tout, mon classement se stabilise dans cette descente. A l'entrée du village, j'essaye de manger une barre (banane) et cela semble passer. Ouf, il était temps car l'hypo ne devait probablement pas être loin...

Le ravitaillement n'est que liquide et je refais le plein de mes 2 flasques. Je repars et tente à présent de trouver ma bonne allure de course en forçant un peu plus dans les portions ascendantes. Je continue de gagner quelques places et j'essaye à présent de me ravitailler en solide au moins toutes les heures.

Peu à peu, je reprends logiquement de moins en moins de coureurs et je sens inconsciemment que je faiblis un peu dans mon allure, mais aussi dans ma motivation. Mais tout s'arrange finalement lorsqu'un coureur (team Tecnica) revient à ma hauteur et me dépasse. J'essaye alors de me remobiliser et je m'accroche à son rythme. Et finalement, son allure me va très bien.

J'ai l'impression que nous allons faire un petit bout de chemin ensemble. J'essaye de faire un peu connaissance mais notre discussion est vite limitée puisqu'il me dit qu'il ne parle qu'italien... Et comme j'ai les bâtons, il m'est impossible de communiquer  avec lui ;-)

Je ne sais pas trop notre classement et je sais bien que les bénévoles ne s'amusent pas à compter les coureurs. Mais afin d'avoir une petite idée, je demande à une bénévole si elle connait le nombre de féminine qui sont passées. Elle m'annonce 4 femmes... j'espérais qu'il n'y en ai u'une ou deux... je ne suis peut-être pas sur une très bonne allure. Mais bon, la route est encore longue jusqu'à Annecy.

D'ailleurs peu de temps après, toujours en compagnie de l'italien, je reviens sur la 4e féminine. Et à peine plus loin, un coureur nous dépasse... ou plutôt nous dépose. Il s'agit de David Pasquio qui s'envole vers Doussard sur la version XL Race (même parcours que moi, mais sur 2 jours. Il est parti 1 heure après nous...).

Nous sortons ensuite de la forêt et gagnons le village de Lathuile. Dans le village, je trouve la signalisation assez moyenne et j'hésite un peu sur les croisements. Du coup, j'hésite un peu sur les croisements et je préfère attendre le coureur italien qui me suit à une trentaine de secondes. Nous trouvons finalement notre chemin et arrivons sur la longue ligne droite qui mène à Doussard.

On m'avait prévenu que ce passage était très long et difficile mentalement mais curieusement, je l'ai trouvé assez court. Je me sens super bien sur ce passage et après avoir fait un premier kilomètre de plat prudent, j'écoute mes sensations et accélère progressivement (12km/h au début puis 13,7 en fin). Je reviens ainsi sur plusieurs coureurs, dont la 3e féminine, Aline Grimaud.

Quelques centaines de mètres plus loin, j'arrive au ravito de Doussard. Là, je me rends vite compte de l'avantage d'avoir une assistance. En effet, je perds 3 ou 4 places rien que sur le ravito, et pourtant je n'ai pas trainer, mais avec la sueur dans les mains, j'ai eu du mal à recharger mes 2 flasques.

Je mange peu et repars au plus vite. Le plat qui suit le ravito me permet de manger un peu. C'est déjà la fin de cette portion roulante et je suis revenu à hauteur d'Aline. on commence à échanger un peu. J'essaye de savoir quelles sont les filles qui nous précèdent, mais Aline n'en sait rien.

On attaque la montée au col de la Forclaz. Rapidement, je marche sur un bon rythme, tandis qu'Aline cours toujours, tout comme les 2 coureurs que j'aperçois au loin. Mais bon, pas d'affolement, je me sens bien, mais incapable de courir très longtemps sur cette pente, donc je préfère réguler mon allure et laisse filer devant.

Le coureur italien de Tecnica revient ensuite à ma hauteur et je m'accroche derrière lui, son allure me convenant finalement pas mal du tout.

Dès que la pente s'adoucit (même de façon courte), je relance en trottinant un peu. Et bientôt, je commence à reprendre quelques places. Les coureurs que j'aperçois devant moi marchent également à présent, mais je vois bien que mon effort est plus efficace en me rapprochant progressivement.

 

Rémy : Maxirace 2014Rémy : Maxirace 2014

Nous revenons bientôt sur un autre coureur Tecnica (Patice Pajean). Nous recollons aussi sur Aline et arrivons au col ensemble.

Une petite descente sur un bout de route sans difficulté me permet de m'extirper de mes accompagnants. Mais dans le village qui suit, je préfère jouer la prudence en remplissant mes flasques... et forcément, je perds du temps et des places. Je repars en étant tout de même un peu prudent car l'ascension n'est pas terminée. Un peu plus loin, je parviens à regagner 2 ou 3 places puis je reviens à hauteur d'Aline. Je maintiens mon allure que je trouve efficace et économique et distance peu à peu Aline....

Mais petit à petit, ce que je savais inévitable commença à se produire : début d'hypo. En effet pas étonnant d'avoir un coup de mou après mon début de course où il m'était impossible de m'alimenter. Mais pas d'inquiétude, je lève un peu le pied et alterne boisson et morceau de barre énergétique. Aline m'a rejoint et le coureur italien m'a déposé. On rejoint une large piste carrossable. Une fois au sommet de cette piste, je profite de la courte descente pour distancer Aline.

 

Rémy : Maxirace 2014

Le parcours remonte un peu et au niveau du chalet de l'Aulps, je reviens sur Juliette Benedicto. Elle est vraiment pas au mieux et j'essaye de l'encourager à poursuivre calmement pour assurer une place sur le podium, mais elle semble ne plus avoir l'envie de poursuivre.

Le chemin devient bientôt bien plus pentue et plus rocailleux, et je retrouve la forme au bon moment. Je prends une cadence régulière mais tente tout de même de forcer davantage. Je me sens efficace mais suis assez surpris de reprendre 3 places dans cette portion pourtant assez courte. Je dépasse notamment avec surprise le coureur italien de Tecnica que je ne pensais plus revoir.

Une fois en haut, un petit passage de câble nous permet de changer de versant et je débute la descente vers Villard Dessus après avoir salué Hervé (journaliste Endurance Mag) que j'avais rencontré lors d'un Advanced Week Salomon. Nous sommes dans le brouillard et ne pouvons malheureusement pas admirer la vue qui doit être sublime j'imagine. Tant pis, il faudra revenir... ou plutôt tant mieux, car je pense qu'en cas de chaleur, je serais en train de souffrir de nausées...

La descente débute calmement, mais ensuite la pente s'accentue franchement. Le chemin est large et bien visible, mais parsemé  de pierres rondes qui ne m'inspire pas confiance du tout. En effet, je sais que mon adhérence est limitée et du coup, je ne prends aucun risque et assure une descente prudente. Je reviens sur un coureur mais ne le distance pas. 

Une fois la descente terminée, nous discutons un peu sur la suite du parcours et sur notre gestion du début de course. 

Après le point d'eau de Villard Dessus, nous abordons une section assez roulante. Je reste un peu avec le coureur que j'avais rejoins, puis le distance petit à petit sur les portions plates et descendantes.

Plus loin, je rejoins le dernier point de Menthon Saint Bernard.

Par prudence, même si je me sens bien, je prends le temps de bien me restaurer et de refaire le plein en eau. Je sais que ça risque d'être long d'ici l'arrivée, d'autant que le soleil semble vouloir faire son apparition. Juste pour info, j'essaye de savoir si la première féminine est loin... et une bénévole me dit que cela fait un bon moment qu'elle est passée... Bon, je crois que je ne la verrai pas...

Je repars après une pause correcte et me dirige vers le Mont Baron, dernière difficulté de ce parcours. Je me sens encore musculairement vraiment bien. En revanche, je sens que je suis probablement un peu juste au niveau énergétique.

J'avais bien analysé cette dernière ascension puisque ma femme et celle de Damien la feront le lendemain. On avait donc remarqué que la montée s'effectuait en 4 temps : un premier quart roulant et les 3 autres plus pentus et entrecoupés à chaque d'une courte portion de descente.

J'attaque donc cette première portion de l'ascension avec beaucoup de motivation, me sentant capable de réaliser une grosse fin de course. Toutefois, je sens bien que la chaleur qui s'installe risque de me pénaliser. J'aperçois au loin 2 coureurs à environ 2-3 minutes et me fixe comme objectif de les rattraper d'ici le sommet.

Sur la fin de ce premier quart, un petite fontaine me permet de me rafraîchir une dernière fois. J'attaque ensuite la portion plus raide et très rapidement, je sens que mes force s'amenuisent. Je m'alimente et poursuis tout de même, mais sur une allure plus confortable. L'ascension se passe assez péniblement, agrémentée de quelques petits coups de mou assez bien gérés. 

Je parviens au sommet et admire la magnifique vue sur le lac. Enfin, on le voit !

Les 800m qui suivent sur la crête sont splendides mais ne me conviennent pas trop à ce moment de la course. J'ai du mal à évoluer à une bonne allure et j'ai hâte que l'ultime descente arrive.

Et enfin la voilà ! Le haut de cette descente est un peu technique mais rapidement devient plus praticable, tout en restant assez pentu. Je suis encore assez prudent sur les cent premiers mètres de dénivelé négatifs afin de ne pas glisser et risquer une chute. Un peu plus bas, le chemin devient moins pentu et je peux me laisser glisser. Dans le bas de cette descente, je reviens sur un coureur. Une fois à sa hauteur, je reconnais Ugo, un jeune athlète qui vient de rejoindre mon club d'Echirolles. Il m'explique qu'il paie un départ trop rapide.

Rémy : Maxirace 2014Rémy : Maxirace 2014

 

Voici enfin la fin de cette descente. Je traverse la route et rejoins les bords du lac. On m'annonce 1 ou 2 km pour rallier l'arrivée et comme il me reste un peu des cannes, je fini sur une bonne allure.

Je passe la ligne en 31e position (10h45) avec un sentiment un peu partagé...

 

Rémy : Maxirace 2014
Rémy : Maxirace 2014
 

Points positifs :

  • Le gros point positif est que musculairement, je me suis senti costaud tout le long du parcours. En vue de l'UT4M, c'est vraiment très très encourageant
  • Au niveau gestion, j'ai su m'adapter du mieux possible face aux petites contraintes (remontées acides, manque d'adhérence des chaussures, lampe frontale trop faible...)
  • Un excellent weekend en famille, ainsi qu'avec la famille Vaugoyeau et Cédric. La météo était correct et les enfants se sont bien amusés, tout comme nos femmes sur le 15km !

 

Points négatifs :

  • Des mauvais choix de matos qui me coûtent quelques bonnes minutes, et donc quelques places
  • je visais un top30... 31e, c'est pas mal mais c'est pas dans les 30...

 

Voici quelques chiffres :

Sur la portion Annecy - Semnoz, je réalise le 46e temps des finishers du Top50

Sur la portion Semnoz - Entrevernes, je réalise le 43e temps des finishers du Top50

Sur la portion Entrevernes - Doussard, je réalise le 34e temps des finishers du Top50

Sur la portion Doussard - Col de la Forclaz, je réalise le 24e temps des finishers du Top50

Sur la portion Col de la Forclaz - Chalet de l'Aulps, je réalise le 16e temps des finishers du Top50

Sur la portion Chalet de l'Aulps à Villard, je réalise le 20e temps des finishers du Top50

Sur la portion Villard à Menthon, je réalise le 19e temps des finishers du Top50

Sur la portion Menthon - Mont Baron, je réalise le 34e temps des finishers du Top50

Sur la portion Mont Baron - Annecy, je réalise le 29e temps des finishers du Top50

 

Ma "cotation" ITRA : 716

 

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