Rémy : Ecotrail de Paris 2014

Contexte : La forme est un peu mitigée en cette fin mars... J'ai tout de même pu réaliser un bon volume d'entrainement pour préparer cet Eco-Trail, mais un ensemble de choses ont fait que je ne me suis jamais véritablement senti dans de bonnes conditions au cours de ce mois de mars (douleurs au thorax, beaucoup de tâches variées à gérer, mes 2 filles malades passant des nuits difficiles....).

Du coup je ne suis pas des plus serein pour aborder ces 80km au profil bien différent de mes habitudes...

 

 

Objectif : Objectif 2 : objectif important.

3ème manche du challenge TTN 2014 et 3e course pour moi. Etant actuellement en tête du TTN grâce à un concours de circonstances, je vais tenter de grappiller encore quelques points pour le classement final. Je ne me fais pas d'illusion, je vais obligatoirement chuter au classement TTN, même en cas de très bonne course.

En regardant les classement des années précédentes, je pense pouvoir intégrer les 20 premiers. En réalisant une bonne course, j'estime pouvoir me rapprocher de la 15e place.

 

 

Déroulement :

La course se déroulant le samedi, je consacre mon vendredi après-midi au trajet Grenoble-Paris et au retrait de mon dossard.

 

Jusqu'à Paris tout se passe pour le mieux, mais pour le retrait du dossard, ce fut un peu plus usant. Les dossards devant être retirés au Parc des expositions avant 19h (porte de Vincennes) et arrivant à la gare de Marne-la-Vallée à 17h40, il ne fallait pas que je traîne... et les transports en commun parisien avec un gros sac de voyage sur les épaules, ce n'est pas l'idéal la veille d'une course.

 

Le lendemain, direction St Quentin en Yvelines pour le départ. Celui-ci étant donné à 12h, le réveil est moins matinal que sur la plupart des courses.

 

A Saint Quentin, je termine mes préparatifs, dépose mon sac et me place dans le sas relativement tôt afin d'assurer un bon placement pour le départ. Progressivement, je reconnais quelques favoris à mes côtés : Manu Gault, Fabien Chartoire, Romu DePaepe, Sange Sherpa, Frédéric Lejeune, Benoît DePréville,... Et après le traditionnel briefing d'avant course, le départ est donné.

 

Rapidement un gros groupe de favoris se forme, puis juste derrière un second groupe que j'intègre. Je suis aux côtés de Frédéric Lejeune et Benoît DePreville. Je trouve l'allure confortable et suis surpris que le groupe de tête ne se détache pas plus que ça... Mais lorsque je vois que je suis quasiment à 15km/h, je comprends mieux et je me dis que je risque de le payer par la suite...

 

Mais comme je me trouve vraiment à l'aise avec cette allure, je ne baisse que très légèrement, tout en sachant pertinemment qu'il me faudra être bien attentif à l'évolution de ma forme pour anticiper du mieux possible toute défaillance.

 

Le groupe s'étire et je remonte très progressivement. Je reviens à hauteur de Benoît DePréville et nous échangeons quelques mots, puis je m'échappe progressivement.

Les kilomètres défilent assez vite. A ma montre, je passe au 10e en 41'30 environ. Les sensations sont toujours très bonnes, même si je commence à sentir une petite douleur sous le pied droit. Rien de bien méchant, mais c'est toujours perturbant.

 

Le profil est toujours très roulant et j'essaie de ne pas m'emballer, même si je sais pertinemment que mon allure est bien trop élevée et que je ne tiendrai pas longtemps ainsi.

 

Rémy : Ecotrail de Paris 2014
Rémy : Ecotrail de Paris 2014

A l'heure de course, ma montre affiche 14,6km. Bon, là c'est clair que je vais trop vite et j'essaie de ralentir sensiblement. Malgré tout, je continue à gagner quelques places. On m'annonce bientot 22e. Cela me satisfait grandement car étant plutôt habitué à gagner des places dans les fin de parcours, je me dis que mon objectif de Top20 est bien engagé.

 

Mais l'inévitable arrive très logiquement : je commence à me sentir bien moins en forme... Je prends à présent une allure plus confortable. Bon, je ne suis pas étonné de connaitre une défaillance vu mon début de course rapide, mais je pensais tout de même faiblir un peu plus loin dans le parcours. Tant pis, il faut à présent ajuster au maximum...

 

J'arrive à proximité du ravitaillement de Buc (premier ravito, 21e km). Je gagne encore une place suite à une erreur de parcours d'un coureur. Me voilà donc 21e sur ce premier ravito.

Ne me sentant pas au mieux, et sachant que le prochain point est assez lointain, je prends bien le temps de remplir 2 de mes flasques, et de manger et boire suffisamment sur place avant de repartir. Du coup, j'aperçois quelques coureurs qui arrivent au point de ravito lorsque je m'apprête à repartir, et je me doute qu'ils ne vont pas tarder à revenir sur moi.

 

Les premières difficultés arrivent et je me prépare mentalement à bien accuser le coup ;-)

 

Rapidement, un groupe de 5-6 coureurs me déposent, Frédéric Lejeune en tête. Je vois bien que je suis bien plus entamé, et je ne cherche pas du tout à accrocher le tempo. Je poursuis comme je peux à une allure très moyenne, mais je sais que mon coup de barre devrait vire disparaître... enfin je l'espère.

 

Un peu plus loin, alors que je commence à retrouver un peu de jus et de moral, je m'aperçois qu'il n'y a plus de rubalise... Bim !!! Le moral prend un nouveau coup !

 

Bon, même si le sentier était agréable avec en particulier la rencontre avec une biche, j'aurai préférer m'en passer... Demi-tour jusqu'à que je retrouve un peu de rubalise. Bon heureusement, je n'ai pas perdu beaucoup de temps (3 à 4 min environ), mais en nombre de place c'est pas terrible. Me voilà au delà de la 35e place (37e je crois). Autant dire qu'à présent, le Top 20 n'est pas gagné du tout. Mais bon, inutile de s'affoler. Je me dis que j'ai eu mon coup de barre et que beaucoup devraient en connaître d'ici l'arrivée. A moi de bien gérer la suite...

Rémy : Ecotrail de Paris 2014

 

Je prends une allure raisonnable qui me permets d'avancer convenablement toute en ayant le sentiment de reprendre un peu des forces malgré tout, et je parviens à reprendre quelques places.

 

La chaleur commence à se faire sentir et je sais que je vais devoir bien gérer mon stock d'eau si je veux arriver relativement sereinement au prochain point d'eau.

Je me rationne stratégiquement et arrive au point d'eau bien à sec. Auparavant j'avais réussi à reprendre encore quelques places, même si un coureur revient à ma hauteur juste à l'entrée du ravitaillement. Sur ce point d'eau, je rejoins Sange Sherpa qui semble souffrir de cette chaleur et qui ne repartira pas. Je prends vraiment le temps de faire le plein d'eau et de me rafraîchir en m'aspergeant d'eau fraîche.

 

Ce coup-ci, je recharge mes 3 flasques, même si je sais que le prochain point d'eau n'est que dans 11km. En effet, je sais qu'au moins une des 3 flasques va être rapidement consommée pour combler mes carences en eau.

 

Je quitte donc le ravitaillement tranquillement en buvant de petites gorgées fréquentes, et en mangeant un peu. L'allure est cool afin de ne pas créer trop de chocs dommageables pour mon système digestif. Logiquement, le coureur qui m'avait repris à l'entrée du ravito me distance petit à petit, mais cela m'est égal, puisque je sais que j'ai besoin de ce petit temps de récup pour réaliser un bon final. Après quelques minutes en dedans, je reprends progressivement une allure correcte, en me sentant bien mieux qu'auparavant.

 

J'essaye d'être régulier et prudent, tout en me remettant perpétuellement en question car même si je me sens mieux, je me sais encore bien fragile. Je passe l'observatoire de Meudon, un joli point de vue permet d'admirer Paris et de voir que la Tour Eiffel n'est pas encore là... Ensuite, un long tour sur le parc du haut paraissant bien long nous amène dans un bois aux chemins interminables. Toutefois, même si j'ai l'impression de retrouver une allure efficace, je n'aperçois aucun autre concurrent sur cette portion. Bon, la bonne nouvelle, c'est que je dois tout de même augmenter mon avance sur les coureurs de derrière.

Observatoire de Meudon - photo d'Hervé Legac issue du site Trail-EnduranceMag

Observatoire de Meudon - photo d'Hervé Legac issue du site Trail-EnduranceMag

Ce n'est qu'à l'approche du ravitaillement de Chaville (58e km) que j'aperçois au loin 2 coureurs, dont celui qui m'avait dépassé au ravito précédent. Ce dernier semble avoir encore une bonne allure car l'écart se maintien un bon moment. En revanche, l'autre coureur parait plus fatigué et je reviens assez rapidement à sa hauteur à la faveur d'un faux plat que je parviens à courir, contrairement à lui.

 

Dans la descente qui suit, nous restons ensemble pour arriver au ravitaillement. Je fais une nouvelle fois un gros plein d'eau (3 flasques afin de toujours assurer le coup). Je mange un peu de salé rapidement et repars. L'autre coureur est resté moins longtemps que moi au ravito, mais je reviens rapidement à sa hauteur et une bonne bosse courte, mais raide me permets de le distancer définitivement.

 

Un peu plus loin, dans un passage bien roulant (comme il y en a tant...), je reprends l'autre coureur. Je me sens vraiment et la différence d'allure me gonfle le moral. On m'annonce bientôt 18e, et j'ai le sentiment que le Top20 est à présent quasiment acquit, car je ne pense pas subir de grosses défaillances d'ici la fin de course, mais bon, il vaut mieux rester prudent ...

 

J'arrive ensuite au ravitaillement de St Cloud, et j'ignore précisément mon classement. Je sais qu'à présent, il reste environ 10km de bitume plat. J'essaye de me renseigner un peu sur les écarts afin de savoir si ça vaut le coup de forcer l'allure jusqu'au Trocadéro ou pas. On m'annonce 2 coureurs à 5-6 grosses minutes... ça va être chaud. Me sentant encore très bien au niveau musculaire et énergétique, je me dis que ça vaut le coup d'essayer, au cas où l'un des coureurs connaissent une fin de course très difficile...

 

Je fais donc un ravitaillement assez rapide et repars sur une allure soutenue. Le premier kilomètre qui suit ce dernier ravitaillement est descendant et me permet de dérouler rapidement.

 

Ensuite, une fois sur le plat, on voit que l'on entre dans Paris... les chemins et forêts ont laissé place au bitume et périphériques... Bref, on est loin de l'esprit "éco-trail". D'ailleurs au moment où je me fais la remarque, sur quelques centaines de mètres s'enchaînent un passage le long d'un cours d'eau faisant office d'égoût, puis devant 2 tentes de SDF, un rat me traverse quasiment entre les jambes et juste après un semi-remorque me souffle une grosse bouffée d'échappement... Vraiment, cette épreuve est atypique.

 

Quelques prémices de crampes font leurs apparitions et je sais que cela va être douloureux de maintenir cette allure jusqu'au bout.  Dans une longue ligne droite le long de la Seine, je n'aperçois aucun coureur au loin devant... donc je sais que j'ai encore au moins 2-3 minutes de retard. Ne voulant pas me faire souffrir inutilement, je me mets à marcher afin de reposer les muscles.

 

Ma fin de course se déroule ainsi de la sorte : je trottine à allure confortable (11-12 km/h) et dès que cela devient douloureux, je marche une trentaine de secondes.

Rémy : Ecotrail de Paris 2014

La Tour Eiffel se rapproche et un bénévole m'annonce l'arrivée à 2 km... Bon, en fait, il en reste plus de 4, car le final du 80km est différent du 50km (qui s'achève en même temps que notre course et dont je double pas mal de participants). A la séparation des fins de parcours, on m'annonce "encore 2 gros km !" et le parcours remonte un peu au dessus du Trocadéro à l'aide de quelques marches bien sympathiques. Ensuite descente sur le Trocadéro et enfin, l'arrivée que je passe finalement avec un peu de fraîcheur, en raison de ma fin de course très hachée. 

 

Juste derrière moi, Ryan Baumann franchi la ligne. Je me dis alors qu'il ne fallait pas que je traîne de trop sur cette fin de course... mais Ryan annonce qu'il s'est trompé dans le final en prenant la fin du 50km. Cela me rassure un peu car il me semblait avoir relativement « maitrisé » ma fin de course…

 

Je découvre enfin mon classement : 14e. Un résultat très satisfaisant, même si sur le déroulement, je ne peux pas être totalement satisfait.

Rémy : Ecotrail de Paris 2014
Rémy : Ecotrail de Paris 2014

Points positifs :

  • le résultat : je visais un top20 et espérais une quinzième place en cas de très bonne course, je finis finalement 14e avec une course moyenne...
  • Au niveau du challenge TTN, même si bien évidemment je sors du podium (ce qui me paraissait inévitable), je marque tout de même de précieux point en vue du classement final.
  • J’ai découvert un autre type de parcours, un autre type d’effort… cela ne veut pas dire que je reviendrai, mais j’ai apprécié découvrir autre chose.

 

Points négatifs :

  • Une gestion un peu trop aléatoire. J’ai voulu prendre un rythme soutenu pour voir… et bien j’ai vu que ça ne durait pas longtemps… Heureusement que je me suis un peu plus écouté lors du début du coup de barre, sinon, ça aurait pu faire un résultat très médiocre…
  • Quelques passages (dont les 10 derniers km) vraiment pas intéressants… Même si les kilomètres défilent assez vite, la fin de course paraît interminable…

Points positifs :

  • le résultat : je visais un top20 et espérais une quinzième place en cas de très bonne course, je finis finalement 14e avec une course moyenne...
  • Au niveau du challenge TTN, même si bien évidemment je sors du podium (ce qui me paraissait inévitable), je marque tout de même de précieux point en vue du classement final.
  • J’ai découvert un autre type de parcours, un autre type d’effort… cela ne veut pas dire que je reviendrai, mais j’ai apprécié découvrir autre chose.

 

Points négatifs :

  • Une gestion un peu trop aléatoire. J’ai voulu prendre un rythme soutenu pour voir… et bien j’ai vu que ça ne durait pas longtemps… Heureusement que je me suis un peu plus écouté lors du début du coup de barre, sinon, ça aurait pu faire un résultat très médiocre…
  • Quelques passages (dont les 10 derniers km) vraiment pas intéressants… Même si les kilomètres défilent assez vite, la fin de course paraît interminable…
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Manu 13/04/2014 18:59

Une 14è place avec une course moyenne, je prends bien volontier.
A quand le marathon pour acquérir une expérience avec un départ rapide et une gestion de course règlée sur ce départ ?
Tu as la caisse pour gérer le long avec une allure "métronome" ( pour preuve ce résultat ), ne faudrait-il pas y mettre un semi ou marathon ?
Bravo Rémy pour ce top 15.

Rémy 13/04/2014 23:05

Merci Manu.
En fait, ça fait au moins 4 ans que je me dis qu'il faudrait que je me fasse un marathon pour voir un peu où j'en suis... mais le calendrier trail est tellement alléchant que je n'arrive jamais à en placer un...
Mais bon, il faudra bien que j'y arrive un jour. Dans le même esprit, j'aimerai bien aussi m'essayer sur un 100km route pour voir...
A bientôt.

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