Rémy : Gruissan Phoebus Trail 2014

Contexte : 2eme étape du TTN 2014. Ayant participé à la première manche (Saintélyon), je sais que j'ai moyen de me hisser dans les premières places du classement provisoire. Cependant, je ne me rends pas à Gruissan avec le plein de confiance. Seulement 1 sortie longue réalisée 10 jours avant la course, et ce fut un vrai calvaire : pas de jus, peu de motiv et une sensation de fatigue qui s'est installé depuis quelques temps. Il faut dire qu'à défaut de sortie longue, j'ai souhaité bosser le foncier sur la répétition. Ainsi, depuis le 27 décembre, j‘ai réalisé chaque jour une sortie à pieds, une séance de vélo d’appart, ou bien les deux. J’ai juste coupé les 2 jours précédant l’épreuve, tout en ayant tout de même bien allégé l’intensité ces 10 derniers jours pour retrouver un minimum de fraîcheur.

 

Objectif : Bien que placé en tout début de saison, le niveau de cette seconde manche du TTN s’annonce tout de même bien relevé. Avec Bringer, Chartoire, Gault, Cazajous, Vierdet, Le Saux, Hayetine, Court, St Girons, Jorro…. Autant dire qu’il y aura un gros groupe de tête inaccessible. Du coup, je me dis que si je parviens à intégrer le top20, ce sera déjà très satisfaisant pour le classement au TTN, surtout vu ma forme et ma prépa actuelle.

 

Déroulement :

Cette épreuve fut inscrite dans mon planning pour 3 raisons :

  • Suite à l’annonce de la Saintélyon au classement TTN et souhaitant retourner aux France, je me suis dit que ça valait le coup d’essayer de faire 2 autres manches du TTN.
  • Sur mon premier jet de planning, je n’avais pas de course de prévu entre les cross et la Maxi-Race.
  • J’ai de la famille sur Perpignan (une grosse demi-heure de route). Cette course est donc une occasion pour passer faire un coucou.

C’est donc en famille que je rends à Perpignan et après un beau samedi à profiter de la plage du Canet déserte (ça change du mois d’août), je termine mes préparatifs… Dimanche, direction Gruissan et première bonne nouvelle, la température est bien moins glaciale qu’en 2012, lors de ma première participation (-5° et un vent à 100km/h). Mais bon, pour le moment, il pleut un peu…

Rémy : Gruissan Phoebus Trail 2014

Peu avant le départ, je retrouve Korb à proximité de la zone de start. On papote un peu puis on part s’échauffer quelques instants. Ensuite retour à la zone pour se placer un peu. Et dans le sas, il y a déjà pas mal de monde. J’essaye gentiment de m’avancer un peu et je me place aux alentours du 4e ou 5e rang. Ensuite, ça devient plus compliqué pour passer et comme je souhaite faire un départ prudent, je me dis que je suis finalement très bien ainsi.

9h10, après une petite présentation de pas mal de favoris, le départ est lancé. Je suis un peu enfermé et gêné par les coureurs qui me précèdent, et j’attends sagement que ça se décante un peu. Le peloton s’étire doucement et j’arrive peu à peu à me placer un peu plus sur l’avant. Après 800m, juste avant la première bosse dite du « réservoir », je passe la première féminine, Sylvaine Cussot.

Cette bosse est bien raide et assez courte (c’est celle que l’on voit dans beaucoup de photos de la course) et je passe rapidement en mode marche. Ne sachant pas trop où j’en suis musculairement, je préfère être prudent. Une fois en haut, je relance mais suis vite freiné par l’étroitesse du sentier. Je pense être entre la 40e et la 50e place.

A la faveur d’une petite erreur de parcours du coureur qui mené notre groupe de 6-7 coureurs, je parviens à passer en tête du groupe et rejoins ensuite le groupe plus en amont.

Ensuite le sentier devient plus large et j’allonge un peu pour gagner de nouvelles places. Je me sens bien mieux que prévu et relativement facile. J’ai presque envie d’accélérer encore sensiblement, mais un coup d’œil sur ma montre me freine vite dans mon engouement puisque j’évolue à près de 15km/h. Mieux vaut être prudent…

Rémy : Gruissan Phoebus Trail 2014

Un spectateur m’annonce bientôt 28e, ce qui me convient bien. Nous ne sommes qu’en début de course.

Je suis dans la foulée de 2 coureurs. L’allure est bonne, mais par moment, j’ai le sentiment d’être sensiblement ralenti. Je fais un peu l’effort pour passer à l’avant de notre groupe de 3 et pense distancer progressivement mes 2 compagnons. Mais en fait, nous ferons longtemps le yoyo tous les 3…

A la faveur d’une courte descente légèrement technique, je me détache un peu mais dans le large chemin roulant qui suit, mes 2 collègues recollent. Pourtant, j’évolue à un bon 15 km/h et je n’ai pas l’impression de trainer. Un peu plus loin, rebelotte : je m’échappe à la faveur de quelques cailloux sur le sentier, mais plus loin, je suis vite repris…

Et forcément, sur un passage roulant plus long que les autres, l’un des 2 coureurs me dépasse. Je vois que sa foulée est bien plus efficace que la mienne… il va plus vite et semble moins forcer que moi. Je me dis que je ne le reverrai plus… (après la course, je verrai qu’il s’agissait de Frédéric Lejeune, 10e de l’Ecotrail 2013, 6e de l’Ecotrail 2012, et des records pas vilains : 224km sur 24h, 2h37 sur marathon, 1h14 sur semi et 33’33 sur 10km). Mais les petits passages moins roulants me permettent malgré tout de garder Frédéric en visu. Derrière, le coureur qui nous accompagnait concède peu à peu du terrain.

Petit à petit, nous reprenons quelques coureurs semblant avoir tenté un départ un peu trop rapide.

Nous grignotons ainsi quelques places et après le 25e km,  à la faveur l’un long passage moins roulant, je recolle puis distance Frédéric. Mais, il reviendra sur moi juste au niveau du 1er ravitaillement (31e km). Nous y arrivons en 20e et 21e position.

Je suis très concentré sur mon ravitaillement et je ne fais pas trop attention s’il y a d’autres coureurs présents. Je sais que je dois faire vite pour recharger mes flasques. J’en recharge une en eau et l’autre en poudre énergétique, mais cela me prend tout de même environ 2 minutes (une flasque était un peu trop serrée…). Je repars en mangeant une barre énergétique et je n’ai plus trop de repère de ma position au classement…

Dans la longue montée qui suit (tout est relatif, ça reste le massif de La Clape), je gagne une nouvelle place. Plus loin, les paysages sont magnifiques et je prends beaucoup de plaisirs dans ce décor particulier.

Je reviens ensuite sur un coureur (Nahuel Paserat). Je reste un peu derrière et nous discutons un peu, puis je passe devant. Ensemble, nous reprenons Damien Vierdet victime d’une contracture. Puis je prends un peu d’avance sur Nahuel.

Dans la descente qui suit, j’aperçois un coureur au loin. En revenant sur lui, je me rends compte qu’il s’agit de Manu Gault. Nous arrivons ensemble au 2e et dernier ravitaillement (42e km). Je bois 2 verres de coca et au moment de repartir, j’essaye d’encourager Manu à continuer mais il semble décidé à abandonner.

Je repars pour une petite ascension et je sens que j’ai encore des jambes. Je suis assez étonné d’être encore dans cet état musculairement. Je demande à une bénévole si j’ai beaucoup de retard sur le coureur qui me précède et elle me dit que « pas tant que ça ». J’essaye donc de maintenir un rythme soutenu pour tenter de gagner une nouvelle place.

Dans la descente, alors que je vois tout de même assez loin, je suis étonné de ne voir aucun coureur. Il semble donc que je ne sois pas si près que ça du coureur de devant… J’arrive ensuite sur une petite route et débute un long passage plat sur bitume. Je sers les dents et tente de maintenir une bonne allure. Je suis à 14km/h, mais même si je me sens capable d’accélérer, des prémices de crampes me brident.

Au loin, j’aperçois le coureur, mais à vue de nez, il y a bien 2 minutes à combler… ça semble mal engagé mais je vais essayer.

Rémy : Gruissan Phoebus Trail 2014

Fin de la portion bitumé et un bénévole m’annonce la dernière ascension du jour. J’essaie de monter en courant, mais les petites crampes m’imposent la marche. Toutefois j’arrive à trottiner quand la pente est plus faible.

Je vois au loin le coureur qui me devance, mais je vois bien que je ne récupère que très peu de terrain.

Rémy : Gruissan Phoebus Trail 2014

Dans la descente, j’essaye d’accélérer un peu mais je reste prudent car je ne sais pas la distance qu’il reste exactement. Pour moi, c’est entre 1 et 4 km, donc pas vraiment la même gestion à fournir.

En bas de la descente, une bénévole m’annonce 1km jusqu’à l’arrivée. Du coup, je lâche ce que je peux mais suis un peu limité par des prémices de crampes.

Je vois que je grignote du terrain sur le coureur de devant, mais ça me semble juste pour pouvoir revenir à sa hauteur.

A 200m de l’arrivée, alors que je n’avais plus trop de notion de classement (je pensais être 19 ou 20e, un spectateur me félicite et m’annonce 13e… Je n’y crois pas trop.

Je franchis ensuite la ligne, environ 30’’ derrière le coureur que je poursuivais. Je vais le saluer et je reconnais le qu’il s’agit du coureur que j’avais accompagné longtemps sur la première moitié de course (Frédéric Lejeune). Je vais ensuite vérifier mon classement et à ma grande satisfaction, je suis bel et bien 13e. Un bon classement en vue du TTN.

 

 

Points positifs :

  • Le classement est très satisfaisant puisque je venais pour essayer de marquer quelques points pour le TTN. J’espérais un Top20, l’objectif est donc plus que rempli.
  • Au niveau de ma course, vu ma prépa peu adaptée, je m’attendais à bien plus souffrir. Je pensais être gêné par des crampes, des coups de barres, … mais finalement, grâce à une prudence relative, tout s’est bien passé.
  • Un parcours superbe. Magnifique. Des bénévoles au top. Je ne regrette absolument pas mon déplacement, même si je trouve que la date est un peu délicate (un 50km mi-févier, c’est compliqué à préparer réellement).
  • Suite à ce bon résultat et à l'abandon en particulier de Manu Gault, je prends la tête (très provisoirement) du classement TTN.

 

Points négatifs :

  • Pas grand-chose. Juste une fin de course qui aurait pu être meilleure, car j’ai fini relativement frais, à ma grande surprise. Mais bon, il valait mieux être prudent pour cette reprise trail. La saison sera longue et exigeante.
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